AccueilActualitésActualités: Terrorisme & intégrismeAnalyse : L’Iran entraîne-t-il les escadrons de la mort ?

Analyse : L’Iran entraîne-t-il les escadrons de la mort ?

United Press International, Washington, 21 mars – « Les mots de trop font couler des bateaux » disait un slogan populaire durant la Seconde Guerre mondiale, pour rappeler que des mots de trop pouvaient aider l’ennemi. Mais l’inverse est tout aussi vrai : Des paroles prononcées intentionnellement peuvent couler des bateaux ennemis. A l’heure où le président George Bush ne cesse de rappeler à l’Iran que toutes les options « restent ouvertes », un groupe opposé au régime révèle de nouvelles informations sur l’implication de la république islamique en Irak.

Selon un groupe de l’opposition iranienne, la force Qods de l’Iran est lourdement impliquée dans les escadrons de la mort et les milices. Dans leurs dernières informations, les Moudjahidine-e-Khalq, ou MeK/OMPI, accusent le régime iranien d’être secrètement impliqué dans « l’entraînement et l’organisation de larges réseaux terroristes irakiens en Iran avant de les renvoyer en Irak ».

Pour le groupe qui est opposé au régime clérical de Téhéran, l’objectif final de l’Iran est de déstabiliser l’Irak et de forcer les Américains à quitter le pays, afin de préparer le terrain à l’instauration d’une république islamique.

Alireza Jafarzadeh, un Iranien opposé au régime actuel à Téhéran, a divulgué mardi à New York des informations qu’il a reçues de sources à l’intérieur de l’Iran – principalement du MeK/OMPI – avec qui il entretient des relations étroites. 

Le MeK/OMPI, qui campagne activement pour sortir de la liste des organisations terroristes de Washington, a récemment rendu publique une liste de presque 32.000 Irakiens qui reçoivent un salaire de Téhéran. Elle comporte les noms de hautes autorités au sein du gouvernement irakien. 

La force Qods des gardiens de la révolution a affecté plusieurs de ses bases urbaines de Téhéran, Karadj, Qom, Ispahan ainsi que des provinces proches des frontalières irakiennes comme le Kermanchah, l’Ilam, le Kurdistan et le Khouzistan – où elle utilise des commandants vétérans – à l’entraînement de réseaux d’escadrons de la mort et de terroristes, selon l’opposant iranien.

Ces individus voyagent dans divers groupes, sous diverses couvertures et en traversant diverses frontières légales et illégales, et repartent en Irak après avoir complété leur formation. Selon les informations obtenues par le MeK/OMPI, depuis février 2006, des milices irakiennes affiliées à la Force Qods, comme le Conseil suprême de la révolution islamique en Irak – CSRI – le Corps de Badr, le Hezbollah, les Mujahedin de la révolution islamique et le Mouvement Seyyed-ol-Shohada sont allés par groupes en Iran et sont entraînés dans divers camps de la Force Qods. Il s’agit d’entraînements sur la guérilla urbaine, l’utilisation des armes légères et semi-lourdes, les mortiers,  les missiles, les techniques de tireurs d’élite, les explosifs et les missiles anti-aériens tirés par des lance-roquettes portables.

De plus, selon Jafarzadeh, les milices irakiennes sont entraînées sous le commandement du général des gardiens de la révolution Mohammad Chahla’i, un vétéran de la Force Qods, à la base Ramezan. Selon des informations qu’il a reçues du Mek/OMPI en Iran, les gardiens de la révolution possèdent plusieurs bases secrètes où ils entraînent des ressortissants irakiens.

On trouve notamment la base Imam Ali dans le nord de Téhéran rue Alborz-kouh, au nord du Palais Saadabad; au sud de cette base se trouve une autre base des gardiens de la révolution nommée Al-Zahra. Elle est affectée à l’entraînement des femmes. D’après le MeK/OMPI, la base Imam Ali compte de nombreux instructeurs de carrière avec un long passé d’activités terroristes. La base est sous le commandement d’un officier des gardiens de la révolution nommé Hossein Lotfi.

Les stagiaires sont divisés en petits groupes de huit. Chaque groupe a deux entraîneurs, un Iranien et un Libanais membre du Hezbollah. L’entraînement dure 20 jours. Le personnel a reçu pour ordre de ne parler à personne de l’entraînement d’Arabes.

Plusieurs groupes du CSRII de Sadr City près de Bagdad  ont fait le voyage en octobre 2006 pour recevoir un entraînement, selon Jafarzadeh. Cette base est le principal lieu d’entraînement du terrorisme des gardiens de la révolution. Par le passé, la base Imam Ali était utilisée pour entraîner des terroristes. Elle est maintenant réservée exclusivement à l’entraînement des milices irakiennes.

La base Hezbollah de Jalilabad, à Varamine est utilisée par la Forces Qods pour préparer des volontaires irakiens, et un commandant de la force Qords nommé Fouad sert d’officier de liaison. Deux des entraîneurs étrangers se nomment Khalili et Vajih. Ce sont des Irakiens qui vivent en Iran depuis des années et qui sont employés par la force Qods. Le 2 janvier, un groupe de 50 Irakiens de Sadr City est retourné en Irak après avoir terminé son entraînement.

D’après le MeK/OMPI, Abou Ahmad al-Ramissi, un ancien commandant du Corps de Badr, a noyauté le gouvernement irakien. Il porte aussi le nom iranien de Mohammad Ali Hessani. Travaillant pour les gardiens de la révolution depuis 1986, il a été envoyé en Irak en avril 2003, où il a pris le commandement de la force Badr dans la province de Al-Muthanna. Il est actuellement gouverneur de cette province.

La liste continue : la base Bahonar à Karadj est un autre site d’entraînement des milices irakiennes. Des miliciens irakiens y sont envoyés depuis Téhéran par groupes de 50. Leur entraînement dure 30 jours. Plusieurs groupes ont été entraînés dans ce camp depuis octobre 2006.

La base Bahonar est une des bases d’entraînement les plus importantes pour les combattants étrangers. Les opérations et les informations sur les stagiaires sont ultra confidentielles. Les formations sont organisées de manière à ce que les stagiaires sachent le moins d’informations possible les uns des autres. Dans cette base ont enseigne les principes de la guérilla urbaine, de la tromperie et du camouflage, des méthodes et tactiques pour recueillir des renseignements, l’entraînement à plusieurs armes, la préparation physique et l’utilisation des explosifs.

Le réseau du MeK/OMPI en Iran s’est avéré exact par le passé, en révélant les sites du programme d’arme nucléaire clandestin de l’Iran à Natanz et Arak in 2002.

Il est toujours utile de rappeler la logique inverse du fameux slogan de le Seconde Guerre mondiale. En d’autres termes, agir avec précaution. Il se peut que ceux qui cherchent une confrontation militaire entre les USA et l’Iran finissent par couler les deux navires.