vendredi, décembre 9, 2022
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Christophe de Margerie déféré devant la justice

De Jacques Follorou

Le Monde  – Le directeur général du groupe pétrolier Total, Christophe de Margerie, était toujours, jeudi 22 mars, en garde à vue dans l’affaire des soupçons de corruption sur un contrat avec l’Iran en 1997. Convoqué, mercredi 21 mars au matin, il peut être retenu contre son gré jusqu’au vendredi 23 mars au matin.

Au regard des éléments de l’enquête, il peut être, à tout moment, présenté au juge d’instruction chargé du dossier, Philippe Courroye, aux fins de mise en examen ou remis en liberté sans poursuite.

Les quatre dirigeants de Total convoqués avec lui, le directeur financier Robert Castaigne, le directeur de la filière gaz et électricité, Philippe Boisseau, Patrick Rambaud, ex-responsable de la Direction Trading Shipping (DTS), et Michel Naylies, ex-dirigeant de la filiale iranienne du groupe, Total South Pars, ont été remis en liberté mercredi soir.

La justice est saisie, depuis le 18 décembre 2006, de faits "d’abus de biens sociaux" et de "corruption" commis entre 1998 et 2003, dans le cadre d’un contrat gazier conclu en 1997 avec la société pétrolière nationale iranienne NIOC pour exploiter une partie du champ offshore de South Pars.

La justice dispose du témoignage d’un dirigeant de la compagnie pétrolière norvégienne Statoil évoquant l’existence d’un système de corruption en Iran organisé autour d’une fondation présidée par l’un des fils de l’ancien président iranien Hachemi Rafsandjani. Une perquisition réalisée à Londres dans l’affaire Statoil instruite en Norvège avait permis de découvrir un contrat signé par Total laissant entendre que le groupe français était partie prenante du système.

De plus, les enquêteurs français tentent d’éclaircir les raisons pour lesquelles Total a versé à des personnalités iraniennes 40 millions de dollars via une société de consultant, Baston Limited, qui n’a pas pu, à ce jour, justifier les paiements.

M. de Margerie est entendu en qualité d’ancien directeur de Total pour le Moyen-Orient à l’époque des faits. Interrogé, mardi, par Le Monde, il avait indiqué que "le groupe estimait que le contrat avait été signé avec l’Iran dans le respect des lois applicables".

 
 

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