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Le limogeage de Zarif et Hemmati par Khamenei marque une nouvelle phase en Iran

Le limogeage de Zarif et Hemmati par Khamenei marque une nouvelle phase en Iran
Le guide suprême du régime iranien Ali Khamenei (à droite) assis à côté de Masoud Pezeshkian (au centre) et du chef du pouvoir judiciaire G.H. Mohseni-Ejei (à gauche) lors d’une cérémonie en juillet 2024

Le 2 mars 2025, Mohammad-Javad Zarif a annoncé sa démission de son poste d’adjoint stratégique du président au sein du cabinet de Masoud Pezeshkian. Dans un message publié sur X, Zarif a révélé qu’il avait rencontré Gholam-Hossein Mohseni-Ejei, le chef du pouvoir judiciaire du régime, qui lui avait conseillé de démissionner pour éviter de nouvelles pressions sur le gouvernement. « J’ai immédiatement accepté. J’ai toujours cherché à être un soutien, pas un fardeau », a déclaré Zarif. Il a ajouté : « Je suis toujours fier de soutenir Pezeshkian. » Cette déclaration, associée aux circonstances entourant son départ, indique que sa démission n’était pas volontaire mais plutôt dictée par le sommet.

L’agence de presse officielle IRNA a rapidement rapporté l’événement comme une démission, affirmant que Zarif avait soumis sa lettre à Pezeshkian, qui n’avait pas encore répondu. D’autres médias proches du régime, tels que l’agence de presse Fars et le Kayhan Daily, ont présenté cette évolution comme une correction nécessaire à une nomination illégitime. De son côté, le député Hamid Rasaï a rejeté l’idée d’une démission en déclarant : « Quelqu’un qui a été nommé illégalement en premier lieu ne peut pas démissionner. Il doit être démis de ses fonctions après avoir été mis en examen. » Ce point de vue a été repris par Amir-Hossein Sabeti, un autre député des mollahs, qui a suggéré que davantage de fonctionnaires devraient être démis de leurs fonctions pour la même raison, appelant les membres du gouvernement ayant des enfants ayant la double nationalité à révoquer la nationalité étrangère de leurs enfants ou à démissionner.

La carte de démission
Ce n’est pas la première fois que Zarif utilise la carte de démission. En 2019, sous l’administration Rouhani, il a démissionné après avoir été exclu d’une réunion de haut niveau entre le dictateur syrien Bachar al-Assad et les dirigeants iraniens. Sa démission a été rejetée par le bureau du Guide suprême, exposant les limites de son autorité. Sa tentative de démission en août 2024, invoquant la pression exercée sur la double nationalité de ses enfants, a été un autre exemple où sa survie politique dépendait de forces indépendantes de sa volonté.

Pezeshkian est resté silencieux sur la question de savoir s’il accepterait ou non la démission de Zarif, exposant ainsi sa vulnérabilité politique. L’absence de réponse du président reflète son propre pouvoir limité, car son administration est connue comme ayant été choisie par le Guide suprême Ali Khamenei. Le 21 août 2024, lors de sa séance d’approbation parlementaire, Pezeshkian a explicitement demandé aux députés d’approuver les choix de son cabinet, car ils avaient été personnellement cautionnés par Khamenei. Cet aveu ouvert a réaffirmé que son gouvernement n’était rien de plus qu’une extension du règne du Guide suprême, et maintenant, alors que des personnalités clés sont destituées, son impuissance est encore plus exposée.

La destitution d’Hemmati et son lien avec le départ de Zarif
La démission de Zarif est survenue le jour même où le parlement du régime a voté la destitution d’Abdolnaser Hemmati, ministre de l’Économie. Les médias d’État ont insisté sur le fait que son limogeage était purement dû à une mauvaise gestion économique, mais de nombreux rapports indiquent que son limogeage a été orchestré en dehors du Parlement. Le journal d’État Ham-Mihan a déclaré : « Le glas de l’unité a sonné. » Pendant ce temps, Etemad a rapporté que la décision de destituer Hemmati n’était pas basée sur des délibérations parlementaires mais plutôt dictée par des centres de pouvoir au-delà du parlement.

La destitution de Zarif et Hemmati signale que les fissures internes au sein du régime se creusent. Le quotidien d’État Kayhan a célébré la destitution d’Hemmati comme une victoire pour la reprise économique, affirmant que le Parlement avait « rendu service au gouvernement », suggérant en outre que le gouvernement avait besoin de plus de « remaniements ».

Pourtant, les médias pro-gouvernementaux ont admis la gravité de la crise. L’IRNA a concédé que le limogeage de Hemmati « a révélé le fardeau de la dette qui pèse sur le gouvernement ». Le même rapport a reconnu que les conditions économiques ne s’amélioreraient pas de sitôt, admettant que le gouvernement avait simplement sacrifié un fonctionnaire sans s’attaquer aux problèmes sous-jacents.