mardi, janvier 6, 2026
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Iran : L’approbation de la Convention de Palerme, un pas vers la transparence ou une manœuvre de tromperie ?

Iran : L'approbation de la Convention de Palerme, un pas vers la transparence ou une manœuvre de tromperie ?
Le député Mehdi Kouchakzadeh affronte le président du Parlement des mollahs, Mohammad Bagher Ghalibaf, lors d’une séance publique houleuse du Majlis en Iran

Après des années de luttes intestines et d’impasse institutionnelle, la dictature cléricale iranienne a officiellement ratifié la Convention de Palerme. Mais s’agit-il d’un véritable pas vers la transparence financière ou d’une manœuvre symbolique visant à tromper les puissances étrangères et à donner au lobby du régime à l’étranger les moyens de plaider en faveur de la « diplomatie » ?

Le 24 mai, le président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, a officiellement communiqué la ratification de la loi au président du régime, Massoud Pezeshkian, clôturant ainsi un cycle législatif débuté en 2018. Cette décision fait suite à l’approbation définitive du projet de loi par le Conseil de discernement des intérêts de l’Iran, le 13 mai, sous réserve des nouvelles instructions du Guide suprême Ali Khamenei en janvier.

Certaines factions et partisans du régime affirment que cela pourrait contribuer à retirer l’Iran de la liste noire du GAFI, facilitant ainsi les liens bancaires internationaux et réduisant l’isolement financier. Des responsables du ministère de l’Économie et de la Banque centrale affirment que le respect des normes internationales, notamment de la Convention contre la criminalité transnationale organisée, est essentiel pour attirer les investissements et améliorer les relations commerciales.

Les critiques affirment que cette mesure est une imposture, une tentative calculée de tromper les États-Unis lors des négociations nucléaires, tout en permettant aux lobbies et aux groupes de réflexion occidentaux proches du régime de promouvoir un discours de diplomatie factice.

Cependant, certains éléments extrémistes au sein du régime craignent que de telles concessions, aussi superficielles soient-elles, soient interprétées comme des signes de faiblesse. Ils craignent que cela ne démoralise davantage les forces mandataires iraniennes, déjà mises à rude épreuve, et n’encourage les opposants, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays, à intensifier la pression sur Téhéran.

Parallèlement, un débat houleux a éclaté quant à la mise en œuvre rapide de la loi de Palerme par Ghalibaf. Le député Mehdi Koochakzadeh a insisté sur le fait que le Parlement actuel voterait contre la loi de Palerme si l’occasion se présentait, qualifiant de mensonges les allégations d’un large soutien législatif.

Le député Mohammad-Taqi Naghdali s’est également interrogé sur les raisons pour lesquelles Ghalibaf a immédiatement appliqué le projet de loi de Palerme, alors qu’une loi à connotation religieuse, « hijab et chasteté », reste bloquée par le Conseil suprême de sécurité nationale. Ghalibaf a répondu que la loi de Palerme avait franchi toutes les étapes légales et que le retard de la loi sur le hijab était une instruction explicite du Conseil.

Malgré l’adoption de la loi de Palerme, le programme plus large du GAFI reste en suspens. Le régime iranien n’a toujours pas ratifié la convention CFT (Lutte contre le financement du terrorisme), largement considérée comme une ligne rouge en raison du soutien financier de Téhéran aux milices régionales. Sans son respect intégral, le régime restera confronté à un isolement croissant et à des contradictions internes. Une mise en œuvre même partielle pourrait signaler une faiblesse au niveau national et ne pas produire de changements significatifs à l’étranger.