
New York Daily News
Par Maryam Radjavi *
Les discussions entre les partisans et les adversaires de l’accord sur le nucléaire iranien ont eu au moins un mérite : maintenant les attentions sont de nouveau concentrées sur la question des droits de l’Homme en Iran. Ce qui se passe en Iran – les exécutions, les emprisonnements, les intimidations et la répression – est rien de moins qu’une guerre menée par un régime contre son propre peuple.
Nous devons reconnaître que le blocage des voies technologiques d’accès des mollahs à la bombe atomique ne suffit pas pour stabiliser la région du Moyen Orient sur le long terme. Nous devons réduire les capacités politiques et stratégiques du régime iranien, si nous voulons empêcher le renforcement de la menace de ce régime dans l’avenir. Pour ce faire, il faut maintenir les pressions sur la question des droits de l’Homme, car c’est en piétinant les droits du peuple iranien que ce régime a pu prolonger jusqu’à maintenant sa règne illégitime.
Mes compatriotes savent que le régime de Téhéran cherche à obtenir l’arme nucléaire pour compenser sa vulnérabilité à l’intérieur du pays, tout en élargissant son influence dans la région. La bombe atomique est une garantie de survie pour la théocratie au pouvoir en Iran, face aux mécontentements croissant à l’intérieur du pays.
Voilà pourquoi, pour les Iraniens c’était très important que la Résistance iranienne révèle le programme nucléaire clandestin de ce régime. Ces révélations ont été une action pour défendre les droits de l’Homme et des libertés en Iran et pour promouvoir la paix et la stabilité dans la région.
La question nucléaire ne peut pas être dissociée de la question des violations flagrantes des droits de l’Homme parle régime iranien et les complots que ce régime fomente constamment dans les pays de la région, notamment au Yémen, en Irak, en Syrie dans les territoires palestiniens. Ce sont les différents aspects de la stratégie funeste poursuivie par le régime de Téhéran.
Ce n’est pas un hasard que quand les négociations nucléaires avec l’Occident sont entrées dans une phase plus sérieuse, Téhéran a intensifié la répression à l’intérieur du pays. Selon les observateurs internationaux, le nombre des exécutions en Iran – la plupart par des pendaisons publiques en utilisant des grues – ont dépassé le nombre de 2000 sous la présidence d’Hassan Rohani.
Alors que le déficit budgétaire a atteint le record de 50% l’an dernier, le gouvernement de Rohani a affecté 30% du budget de l’Etat aux gardiens de la Révolution et à d’autres forces de sécurité de l’Etat chargées de répression à l’intérieur due pays et d’exporter le fondamentalisme vers les autres pays, tout en éliminant les dissidents iraniens vivant à l’étranger.
Sous Rohani, il y a eu trois agressions brutales contre les dissidents iraniens vivant au camp d’Achraf et au camp Liberty en Irak. Dans une de ces attaques, dirigées par la Force Qods du régime iranien, 52 dissidents ont été massacrés au camp d’Achraf, malgré le fait que leur protection a été garantie en vertu d’un accord international signé par les Etats-Unis.
A l’intérieur de l’Iran, le régime a augmenté la répression brutale des citoyens, notamment l’emprisonnement et la torture des enseignants, des étudiants, des travailleurs, des sunnites, des personnes converties au christianisme, des blogueurs, des journalistes et beaucoup d’autres. L’Amnesty International a noté en avril dernier que « les autorités iraniennes ont conservé une poigne de fer sur les établissements universitaires. » Les femmes sont régulièrement harcelées ou arrêtées pour avoir refusé de se conformer au code vestimentaire imposé par les mollahs.
Malgré l’existence et approfondissement d’une lutte de pouvoir sérieuse entre le président et le guide suprême de ce régime, Rohani et Khamenei, ces deux derniers sont exactement sur la même ligne lorsqu’il s’agit de trouver des justifications religieuses pour les violations des droits de l’Homme. Récemment, Rohani a défendu les exécutions en Iran, en disant : « Ces exécutions sont fondées, soit sur les lois divines, soit sur des lois adoptée par le Majlis (parlement) qui représente le peuple. Nous ne sommes que les exécutants de la volonté divine. »
Dans la conception des mollahs, apparemment, la volonté divine ordonne également l’exportation du terrorisme et le soutien aux mouvements anti-démocratiques dans la région. En juillet dernier, immédiatement après l’annonce de signature de l’accord sur le nucléaire, Khamenei a insisté que son régime va soutenir ses alliés dans la région, tandis que Rohani a souligné : « notre mouvement islamique se poursuivra partout dans le monde musulman ».
Parmi les alliés régionales du régime des mollahs, il y a notamment le régime d’Assad en Syrie, ainsi que les forces anti-démocratiques en Irak et au Yémen. Le soutien apporté par le régime iranien à ces entités a été le facteur le plus important de la déstabilisation de cette région et a effectivement contribué à l’émergence et au développement de Daech. Les agissements régionaux du régime de Téhéran sont le plus grand obstacle à la mobilisation de la région contre les dangers qui menacent la démocratie et la liberté.
Mon message à l’attention des Etats-Unis et de l’Occident est le suivant : la solution à long terme à la menace du régime iranien ne réside ni dans une intervention militaire étrangère, ni dans la collaboration avec ce régime qui opprime son peuple et déstabilise la région.
La solution sur le long terme est d’encourager et de soutenir le désir du peuple iranien pour un changement démocratique, en insistant sur le respect des droits de l’Homme.
* Maryam Radjavi est la présidente élue du Conseil national de la Résistance d’Iran, une coalition composée de groupes d’opposition iraniens voulant établir en Iran une République démocratique, laïque et non-nucléaire.

