Aux aurores, les Iraniens fêtent la nouvelle année
Grand ménage, plats de fêtes et sucreries, cadeaux et moments en famille, Norooz («le jour nouveau») est arrivé, c’est le nouvel an, le moment de réjouissance que les Iraniens affectionnent le plus.
A 6 heures 14 minutes et 27 secondes, heure de Paris, ce mardi 20 mars, au moment précis de l’équinoxe, les Iraniens entrent dans l’année 1391.
« Secouer la maison » pour accueillir le nouvel an
Une nouvelle année commence, le nouveau départ s’accompagne de son lot de traditions depuis des siècles et même des millénaires.
Chaque maison connaît un grand ménage de printemps, appelé «xunetekouni» («secouage de maison»), avant d’être décorée d’un «Haft sin» («les sept S»).

Le traditionnel Haft sin
Pour le «Haft sin», sept objets commençant par la lettre S sont agencés dans un espace consacré. Selon le goût de la maison, on peut y trouver: des Sabzeh, germes de blé ou de lentille, symboles de fertilité ; du Samanu, une douceur sucrée faite de germe de blé, pour l’abondance ; des Senjed, fruits séchés, symbolisant l’amour ; du Sîr, l’ail, symbole de la médecine ; une Sîb, pomme, pour la beauté et la bonne santé, du Somaq, un épice dont la couleur évoque le lever du soleil et symbole de bonne santé ; du Serkeh, vinaigre, pour l’âge et la patience ; une Sonbol, la fleur de jacinthe, évoquant l’arrivée du printemps, des Sekkeh, pièces de monnaie, symboles de prospérité et de santé. D’autres éléments peuvent être disposés: des bougies allumées (apportant le bonheur), un miroir, des œufs peints (symboles de fertilité), des poissons rouges (symboles de la vie), un livre sacré ou encore un livre de poésie, presque toujours le Shâh Nâme du poète Ferdowsi ou le Diwan d’Hafez.
Une fête aux origines zoroastriennes
Beaucoup de légendes sont liées à cette fête et la rendent mystérieuse. Norooz commence dans l’enthousiasme et le désordre, comme le voulaient les anciens qui considéraient que l’agitation mène au calme. Des coutumes ont vu le jour dans cette idée, comme le « xunetekouni » ( « secouage de maison ») qui apporte l’ordre et la propreté dans la maison désordonnée. Toutes les pièces sont méticuleusement nettoyées, des grandes armoires aux fonds de tiroirs.
Dans l’Iran ancien, la maison était parfois entièrement repeinte et les meubles usés remplacés par de nouveaux. Il fallait également casser une poterie, symbole des impuretés et des chagrins de l’année finissant. Les Iraniens croyaient que les esprits des morts revenaient dans les maisons et pouvaient repartir contents en voyant leur famille heureuse et la maison propre.
Se déguiser en « Hajifirooz » pour fêter Norooz
Certains Iraniens se noircissaient même le visage pour célébrer le retour des morts et se baladaient dans les marchés. La frontière entre les mondes des morts et des vivants était ainsi rompues, ainsi que l’ordre régnant pendant le restant de l’année. Cette tradition a donné naissance au personnage « Hajifirooz ». Aujourd’hui encore, les hommes se noircissent le visage et s’habillent en rouge pour annoncer l’arrivée du printemps en chantant et jouant du tambourin dans les rues.
Le nouvel an est là, Eyde shoma mobarak ! (« Bonne année à vous », en persan)

