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Calomnie contre l’opposition; le sale tour qui ne fonctionne plus

HUFF POST – Par Hossein Abedini* – Le Camp d’Achraf est le foyer de 3400 membres du groupe d’opposition des Moudjahidines du Peuple d’Iran (OMPI) depuis 1986. La vague d’exécutions du régime religieux d’Iran a obligé l’opposition Iranienne à s’exiler en Iraq en passant par Paris.

L’OMPI est la principale force d’une large coalition de groupes et de personalités, le Conseil National de la Résistance Iranienne (CNRI), crée en 1981 à Téhéran. Le CNRI rassemble ceux qui ont pour but d’établir un gouvernement démocratique et laïque en Iran, ils rejettent la doctrine de la règne absolue du clergé formulée par Khomeini – le principe de Velayat-e-fagih.

Vingt-six ans plus tard, en 2009, lorsque les forces armées des Etats Unis passèrent le relais de la responsabilité de la sécurité au gouvernement Irakien, le Premier Ministre Nouri al-Maliki annonça qu’il avait l’intention de fermer le camp et d’expulser ses résidents.

Bien que comme prétexte à la fermeture du camp ,le gouvernement Irakien revendique le risque que l’opposition menacerait la souveraineté du pays, al-Maliki en réalité mettait en place des accords bilatéraux entre l’Irak et le chef suprême de l’Iran, Ali Khomeini. L’Agence France Presse signala l’existence de cet arrangement le 28 février 2009. Pour renforcer ces accords, Nouri al-Maliki par deux fois ordonna des attaques hideuses contre le camp, tuant 47 résidentset blessant plus de 1000 (le 8 avril 2011). De plus, durant les 3 ans de siège du camp   , 13 personnes sont mortes inutilement faute d’accès aux soins médicaux et aux médicaments.

Après l’attaque du 8 avril 2011 contre le camp, les Etats Unis, l’ONU et l’UE demandèrent une enquête sur ce crime de masse. La Cour espagnole convoqua les officiels Irakiens responsables de l’attaque. Mais al-Maliki répondit en imposant une date limite de fermeture du camp d’ici la fin de 2011. Ainsi l’attention fut distraite comme al-Maliki avait prévu, et, tandis que les dirigeants du monde commençaient à travailler pour éviter une autre attaque mortelle, ils oublièrent tout ce qui concernait l’enquête sur le massacre d’avril.

Le jour de Noël 2011, les Nations Unies et l’Irak signèrent un Mémorandum d’Accord (MoU) pour déménager les résidents du Camp    d’Achraf au Camp Liberty, une ancienne base militaire des Etats Unis située près de Bagdad. L’agence des réfugiés des Nations Unies, UNHCR, aurait accès à ce lieu afin de considérer et étudier les demandes d’asile des réfugiés dont les conditions avaient été remplies par les résidents du Camp d’Achraf en septembre dernier.

Bien que le changement de lieu à l’intérieur même de l’Irak, avant que le HCR des Nations Unies n’ait pu rencontrer les résidents, n’aie aucun sens et soit irrationnel et économiquement irresponsable de la part de l’Irak, un groupe de 400 résidents ont accepté de déménagé plus tôt cette année dans un geste de bonne volonté. Aussi dans le but de tester les conditions de leur nouveau lieu de résidence qui, selon les déclarations du Représentant spécial du Secrétariat Général de l’ONU pour l’Irak, M. Martin Kobler, remplissaient les critères internationaux humanitaires.

Auparavant, le 28 décembre 2011, M. Kobler avait écrit aux résidents d’Achraf qu’en tant que « demandeurs d’asile, vous bénéficierez de la protection et du bien-être du droit internationale ».

Malgré tout, une fois arrivés au Camp Liberty la réalité s’est montrée différente. Il fut évident que les infrastructures du camp, son approvisionnement en eau, électricité et système d’évacuation des eaux usées étaient insuffisants pour un tel nombre de personnes. Les résidents sont privés de liberté de mouvements, du droit de rencontrer leurs avocats, familles ou amis et le droit de d’avoir un libre accès aux médicaments et traitements médicaux.

Malheureusement, le Camp Liberty est 70 fois plus petit qu’Achraf. Et, plus important, la présence impressionnante de la police et des forces armées ainsi que des caméras d’espionnage, ont transformé le Camp Liberty en une prison. Le défaut du minimum de droits humains a conduit de nombreux parlementaires et dignitaires très en vue aux Etats Unis et dans l’Union Européenne, et des ONG à définir le Camp Liberty comme un lieu pire qu’une prison. Ils ont mis en garde contre le prolongement d’une telle situation.

Au lieu de répondre aux inquiétudes légitimes des politiciens éminents et des activistes des droits humains, le Département d’Etat des Etats Unis a lancé une campagne de diffamation contre eux sous le couvert d’un “officiel anonyme ». La première question reste celle-ci : si le gouvernement Irakien ou les Nations-Unies ou ces officiels qui ont émis ces remarques n’ont rien à cacher sur Camp Liberty, pourquoi n’ont-ils pas autorisé les personnalités et officiels de haut rang qui souhaitaient visiter le Camp Liberty à leurs propres frais à agir en tant qu’observateurs impartiaux?

En effet, 21 personnalités de haut niveau proposèrent de se rendre au Camp Liberty à leurs frais de manière à présenter un rapport public sur les conditions à Liberty, mais leur proposition n’a pas reçu de réponse. En dépit de toutes les promesses et fausses assurances par l’Irak aux Nations-Unies, aux Etats-Unis et à l’Union-européenne d’appliquer les termes de leur engagement signé par le MoU, un second groupe de 400 résidents d’Achraf a déménagé vers le Camp Liberty la semaine dernière. Ils ont été convaincus par Mme Radjavi, la charismatique présidente élue du CNRI, qui avait reçu des assurances du représentant spéciale de la Secrétaire d’Etat Clinton et du Représentant spécial du Secrétariat Général des Nations Unies, qu’ils allaient s’attacher à accéder à un minimum des demandes des résidents.

Le déménagement fut rendu possible à la suite de 10 jours d’intenses négociations et appels entre Achraf, Paris, Washington et Bagdad, afin d’assurer la protection des résidents. Suite au déménagement du deuxième groupe, le manque d’eau devient plus aigu, et à l’approche de la saison chaude en Irak cela va devenir en fait alarmant. Le système d’eau au Camp Liberty devrait être raccordé au système des conduites d’eau de Bagdad afin d’éviter une crise d’eau dans le camp.

Jusqu’ici, les forces armées irakiennes ont fait obstacle au transfert de nombreux véhicules utilitaires dont des grues et des camions élévateurs alors que ces articles sont indispensables considérant l’état du Camp Liberty et le manque d’infrastructures et d’installations dans ce lieu.

Les agents irakiens empêchent également le transfert d’éléments basiques de mobilier tels que tables, chaises, appareils de chauffage, générateurs et antennes paraboliques. Comme les résidents d’Achraf ont clairement démontré leur bonne volonté, il serait grand temps pour le gouvernement des USA et les Nation-Unis de garantir un minimum d’assurance pour les résidents de Liberty, de manière à ce qu’ils puissent jouir de leurs droits.

L’officiel anonyme du Département d’Etat américain est resté silencieux durant ces faits, et a au contraire diffamé les résidents eux-mêmes, les accusant d’avoir causé les dégâts. Au lieu de diffamer, l’officiel du Département d’Etat ferait mieux de répondre à ces questions:
le camp dispose-t-il d’eau potable? Est-il exact que le système d’évacuation des eaux usées est défectueux?
Est-il exact qu’à leur arrivée au camp il n’y avait ni eau courante ni électricité? Est-il vrai que les résidents du Camp Liberty n’ont pas de liberté de mouvements et que le camp est entouré de murs en forme de T, le faisant une prison? Le State Département qui a approuvé le transfert du premier groupe au camp était-il au courant de ces conditions?

D’éminentes personnalités américaines sont intervenues et ont rappelé le respect des droits des résidents d’Achraf. Ils ont souligné que les USA ont la responsabilité morale et légale de protéger les résidents. Pourquoi l’officiel du Département d’Etat calomnie-t-il les éminents américains au lieu de leur répondre? Ont-ils tort lorsqu’ils réclament le respect des droits humains et les normes élémentaires humanitaires à l’égard des résidents des Camp d’Achraf et  Liberty? Ont-ils tort lorsqu’ils disent que les USA ont la responsabilité morale et légale de protéger les résidents d’Achraf? Ils affirment que les Etats Unis n’ont pas fait face à leurs engagements. Ont-ils tort lorsqu’ils condamnent les précédents massacres des résidents d’Achraf et ne les considèrent pas comme des « conflits » entre les forces irakiennes et l’OMPI ?

Le minimum d’assurances demandé par les résidents d’Achraf sont légitimes et légales et n’entrent pas en contradiction en quoi que ce soit avec la « souveraineté » irakienne. Ne pas le reconnaître présage des intentions malfaisantes pout anéantir l’opposition iranienne et de faire un massacre à Achraf. Jusqu’à présent, aucune des assurances minimum recherchées par les résidents d’Achraf n’a pu être satisfaite. Ainsi ceux qui vivent au Camp d’Achraf ont deux options : le massacre et la mort à Achraf, ou la mort lente en un lieu appelé Liberty, sous le nom et la protection des Nations Unies.

Au vue de ces éléments, plus aucun autre déménagement au Camp Liberty ne doit avoir lieu jusqu’à ce que les 800 résidents déjà sur place soient transférés vers un pays tiers.

Hossein Abedini, membre du Parlement en exil de la Résistance Iranienne, CNRI

15 Mars 2012

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