jeudi, février 2, 2023
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Les « élections présidentielles » du régime iranien

Les « élections présidentielles » du régime iranien

CNRI – Avec les soi-disant élections à venir en Iran, il est utile de rappeler aux décideurs politiques la réalité du système politique dans ce pays. Le régime iranien propage depuis plusieurs années l’idée qu’il y aurait un mouvement réformiste au sein de l’élite au pouvoir qui a besoin des encouragements de l’Occident sous forme d’inaction et de complaisance face aux méfaits du régime.

Une telle propagande passe sous silence un fait clé : c’est le Guide suprême iranien qui a tous les pouvoirs exécutifs et que tous les candidats doivent être approuvés par le pouvoir. Ainsi, peu importe qui est le président, aucun changement de fond peu intervenir dans ce pays. L’élection de mai sera, comme toutes les autres, une mascarade.

Le rôle du président

En Iran, le président est le second plus haut dirigeant après le Guide suprême, qui a le dernier mot sur toutes les affaires majeures de l’État. Les pouvoirs du président sont limités par les religieux dans la structure du pouvoir et par l’autorité du Guide suprême. C’est ce dernier – non pas le président – qui contrôle les forces armées iraniennes et qui prend les décisions sur la sécurité, la défense et les questions clées de la politique étrangère.

Le président a son mot à dire dans l’administration des affaires. Cependant, il peut être contourné par les religieux via le pouvoir judiciaire ou le corps des gardiens de la révolution islamique (Pasdaran).

Le président a un mandat de quatre ans et ne peut pas diriger pendant plus de deux mandats consécutifs.

La vérification des candidats

Les candidats sont examinés par un comité de surveillance de l’élection du « Conseil des gardiens de la constitution » et c’est ce conseil qui sélectionne les candidats qui sont jugés aptes à se présenter. Pendant l’élection de 2013, 680 personnes ont envoyé leur candidature et le comité a rapidement réduit ce nombre à huit candidats.

Il y a des prérequis généraux pour les candidatures : être un citoyen iranien d’origine ; avoir plus de 18 ans ; être musulman ; être qualifié pour être un gardien de l’État ; avoir la capacité de management et avoir un bilan d’affiliation religieuse et politique à la « république islamique ».

La loi exige que tous les candidats montrent « une allégeance profonde et pratique » au pouvoir théocratique absolu en tant que prérequis pour leur candidature. Cette allégeance est déterminée par le Conseil des gardiens dont les six religieux sont nommés par le Guide suprême et les six juristes sont nommés par le chef du pouvoir judiciaire qui est lui aussi nommé par le Guide suprême.

Comme l’a dit Mme Maryam Radjavi, la présidente du Conseil national de la Résistance iranienne : « De vraies élections démocratiques, où les gens peuvent vraiment choisir leurs dirigeants, n’existent pas en Iran aujourd’hui. La vraie opposition n’a pas de voix politique. Ce qui existe actuellement est une lutte restreinte pour le pouvoir via de fausses élections dont le résultat est défini, non pas par le vote populaire, mais par la balance interne du pouvoir du régime. »

Enregistrement et campagne

La période « d’élection » est courte en Iran – juste 20 jours. L’ « élection » est prévue pour le 19 mai et les candidats ne peuvent postuler qu’entre le 10 et le 14 avril. La liste finale des candidats est publiée dix jours plus tard, le 24 avril. La campagne commence le 27 avril et dure jusqu’à deux jours avant le vote, le 19 mai. Les résultats sont annoncés le lendemain et l’investiture se fait le 1er août.

En 2009, de vastes protestations ont éclaté, car il était évident que l’élite au pouvoir avait tourné l’élection présidentielle en sa faveur. Les forces de sécurité ont réprimé brutalement les manifestants. Depuis lors, le gouvernement a pris un certain nombre de mesures pour s’assurer que les élections ne servent pas de catalyseur pour les protestations populaires. Les mesures de sécurité ont été renforcées et les médias, aussi bien étrangers que domestiques, sont réprimés et des journalistes sont emprisonnés.

Le scrutin

En Iran, il n’y a pas de registre de vote. Les Iraniens peuvent voter où ils le souhaitent tant qu’ils présentent leur livret d’identification national ou Shenasnameh, qui est tamponné au bureau de vote.

Une fois les bureaux de vote fermés, le processus du comptage des voix peut commencer. Aucune association publique ou société civile n’est autorisée à superviser le comptage. Cependant, les agents des candidats peuvent être présents dans chaque bureau de vote pendant les heures de vote et pendant le comptage des voix.

Le Président est déterminé à la majorité absolue, en d’autres termes, la personne qui a 50 % + une voix est le gagnant. Cependant, dans le cas où il n’y aurait pas de majorité absolue, la loi prévoit un second tour entre les deux candidats en tête. Le second tour des « élections » doit avoir lieu la semaine qui suit le premier tour.

Une fois le gagnant déterminé, le Conseil des gardiens approuve le processus d’ « élection » et le Guide suprême signe la lettre de présidence. Le nouveau président prête serment devant le Majlis, parlement iranien.

 

 

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