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Au neuvième jour, la grève des camionneurs s’intensifie en Iran

Au neuvième jour, la grève des camionneurs s’intensifie en Iran
Manifestation des employés de la compagnie pétrolière iranienne offshore dans la région de Siri et sur la plateforme Nosrat ; le Vendredi 30 mai 2025

Le régime iranien est confronté à une crise de légitimité et de contrôle de plus en plus profonde, alors que la grève nationale des courageux chauffeurs routiers est à sa neuvième journée consécutive, paralysant des axes routiers clés et témoignant d’un rejet catégorique des politiques économiques désastreuses de la dictature.

Des rapports en provenance de tout l’Iran ont fait état d’autoroutes vides et de plateformes de transport inactives, les chauffeurs refusant obstinément de travailler, exigeant un soulagement face aux pressions économiques écrasantes et à la négligence systémique. Cette puissante action industrielle, qui se serait désormais étendue à plus de 140 villes, s’est déroulée parallèlement à d’autres manifestations citoyennes, dressant le portrait saisissant d’une population poussée à bout.

La détermination des camionneurs paralyse des axes économiques clés

Le 30 mai, l’impact de la grève des camionneurs était palpable dans tout le pays. Dans l’ouest de l’Iran, le trafic frontalier vital a été interrompu, des rapports confirmant « l’absence de navettes entre Shahabad et le poste-frontière de Parvizkhan ». De même, à l’est, les routes reliant Mashhad à Quchan étaient visiblement « vides ». La détermination des chauffeurs était inébranlable.

Dans la province du Lorestan, qui englobe les villes de Khorramabad et Doroud, les camionneurs ont poursuivi leur grève pour le neuvième jour, refusant catégoriquement de transférer des marchandises tant que leurs revendications pour une amélioration des conditions économiques n’étaient pas satisfaites.

Les revendications se sont répercutées d’une ville à l’autre. À Mashhad, plaque tournante majeure du nord-est du pays, les chauffeurs routiers ont marqué leur neuvième jour de protestation contre une multitude de problèmes non résolus : coûts d’assurance exorbitants, flambée des prix des pièces détachées et du carburant, et ajustements des tarifs de fret qui ne couvrent malheureusement pas leurs dépenses opérationnelles.

L’indifférence du régime face à ces préoccupations pressantes n’a fait que renforcer leur détermination. Dans l’ouest de Kermanshah, la situation était similaire : les chauffeurs routiers poursuivaient leur grève pour le neuvième jour, laissant les parkings déserts, refusant de transporter des marchandises.

Le centre de l’Iran n’a pas été épargné : des informations en provenance d’Ispahan indiquaient que le parking de Malek Ashtar, dans le district de Baharestan, était toujours vide, témoignant de la solidité de la grève. Plus au sud, à Bandar Abbas, ville portuaire importante, la principale salle d’annonces de fret aurait été complètement fermée, les chauffeurs étant rassemblés en signe de protestation. À Sirjan, malgré des rumeurs de chargement, des sources locales ont indiqué que même les véhicules légers étaient incapables de transporter des marchandises.

Les principales revendications des routiers portent sur les difficultés économiques auxquelles ils sont confrontés. Ils citent des pressions insupportables liées aux primes d’assurance élevées, à la hausse constante du prix des pièces détachées et du carburant (souvent gonflé sur le marché libre) et à des tarifs de fret qui rendent impossible un salaire décent – ​​autant de problèmes délibérément ignorés par les autorités.

L’ampleur de la grève a même été reconnue, bien qu’indirectement, par des personnalités au sein du régime. Le député de l’« Assemblée des agriculteurs », affiliée au régime, a admis que des « dizaines de milliers » de chauffeurs routiers avaient cessé le travail, invoquant l’indisponibilité de carburant et de pneus à des prix raisonnables comme principale raison de leur incapacité à poursuivre leurs activités.

Ajoutant aux inquiétudes du régime, des rapports du 30 mai ont indiqué que la grève s’étendait au-delà des routiers, les chauffeurs de bus ayant annoncé leur intention de cesser leurs activités par solidarité, invoquant leurs propres difficultés avec les assurances et la précarité de l’emploi.

Un mécontentement généralisé gronde face aux échecs du régime

La grève des camionneurs, bien que la plus importante, n’était pas un incident isolé de colère populaire le 30 mai. À Lordegan, dans l’ouest de l’Iran, les habitants sont descendus dans la rue pour manifester contre l’arrêt brutal du projet d’approvisionnement en eau d’Atashgah, une initiative vitale destinée à leur fournir des ressources en eau essentielles. Cette manifestation souligne l’incapacité du régime à fournir des services de base et son mépris pour le bien-être des citoyens ordinaires.

Ruine économique forgée par la corruption et la mauvaise gestion

La vague de protestations qui balaie l’Iran est la conséquence directe de la mauvaise gestion économique catastrophique du régime clérical et de sa corruption profondément enracinée. Pendant des années, la richesse nationale a été pillée et détournée au profit des ambitions idéologiques et de l’aventurisme militaire du régime, tandis que le peuple iranien s’est enfoncé dans la pauvreté.

Le journal d’État Donya-ye-Eqtesad a admis, pas plus tard que le 30 mai 2025, le rôle crucial des camionneurs, déclarant : « La grève des camionneurs n’est pas seulement un arrêt d’un seul groupe commercial, mais un signal d’alarme pour l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement routière, l’artère principale de l’économie iranienne… Pour une économie où plus de 90 % des marchandises sont transportées par fret routier, la grève des camionneurs n’est pas seulement un conflit professionnel, mais le symptôme d’un dysfonctionnement institutionnel.» Cet aveu rare met en lumière une défaillance systémique que le régime lui-même ne parvient plus à dissimuler entièrement.

Un modèle de répression et de promesses creuses

Face à la détermination inébranlable des chauffeurs, le régime iranien a, comme prévu, intensifié sa campagne d’intimidation et de répression, tout en offrant des promesses creuses. Ces derniers jours, de nombreuses arrestations de chauffeurs grévistes ont été signalées dans des villes comme Ispahan, Hormozgan, Fars et Kermanshah.

Le 28 mai, Kamran Mirhaji, procureur de la province de Fars, a ouvertement menacé les grévistes, les avertissant que « des mesures sévères seraient prises contre ceux qui perturbent la circulation ». Les forces de sécurité du régime ont également pris pour cible ceux qui documentaient les manifestations. Au Khouzistan, le CGRI a arrêté des individus qui filmaient la grève des camionneurs.

Parallèlement à ces tactiques brutales, les autorités ont tenté de saper la grève par des manœuvres trompeuses, comme l’offre de « carburant à prix réduit » dans la province d’Hormozgan et de vagues promesses de révision des tarifs de fret – des stratagèmes fermement rejetés par les camionneurs déterminés. Cette approche est cohérente avec le récent déni de « corruption systémique » en Iran par le Guide suprême Ali Khamenei, une affirmation qui contraste fortement avec les luttes quotidiennes des Iraniens ordinaires.

Une nation inflexible sur la voie du changement

La grève nationale soutenue et courageuse des camionneurs iraniens, qui dure maintenant depuis plus d’une semaine, envoie un message sans équivoque : le peuple iranien n’est plus disposé à subir la dévastation économique et l’oppression systémique infligées par le régime clérical.

L’Union des associations de camionneurs a souligné que les mesures répressives du régime « ne créeront pas la moindre perturbation dans leur vie ». Cela ne fera que renforcer la détermination des chauffeurs dans leur grève. » Ce sentiment trouve un écho croissant dans divers segments de la société : retraités, enseignants, travailleurs du pétrole et autres militants publient des déclarations de soutien, reconnaissant que la grève des camionneurs incarne les revendications légitimes de millions de personnes.

La détermination observée sur les routes et dans les villes iraniennes témoigne d’une population qui lutte pour reconquérir sa souveraineté usurpée face à une dictature corrompue et incompétente. Les tentatives du régime pour éteindre ces flammes de protestation par la répression et le mensonge s’avèrent vaines face à l’esprit inflexible d’une nation qui se rapproche de plus en plus d’un avenir où sa dignité, ses droits et sa richesse nationale seront restaurés.