lundi, décembre 5, 2022
AccueilCommuniqués CNRICommuniqués CNRI :Droits humainsIran : Le pouvoir judiciaire des mollahs dans l'impasse

Iran : Le pouvoir judiciaire des mollahs dans l’impasse

Douze millions de dossiers judiciaires en un an

CNRI – Mahmoud Hachemi Chahroudi, le chef du pouvoir judiciaire des mollahs, a déclaré le 27 février 2008 que « le nombre de dossiers judiciaires est accablant. La création de huit millions de dossiers judiciaires l’an passé est symptomatique d’une maladie légale et juridique aussi bien que d’un mal sérieux de la société ». Il parlait dans une réunion dans la province du Khouzistan (sud-ouest de l’Iran) traitant des problèmes de l’institution sous son contrôle.

Chahroudi a qualifié la création de huit millions de dossiers judiciaires en un an de  « problème fondamental », ajoutant que « dans un pays comme l’Inde, avec une population de près d’un milliard d’habitants, on traite seulement quatre millions de dossiers par an ».

Le 18 décembre 2007, Chahroudi a déclaré : « Il est malheureux qu’actuellement huit millions de dossier soient enregistrés chaque année dans le système judiciaire, ce qui résulte de plus de 1.500 types de délits inscrits dans les codes légaux iraniens. » Chahroudi a ajouté qu’en plus de ces huit millions d’affaires, « actuellement, environ quatre millions d’affaires sont aussi suivies par des conseils formés pour résoudre des conflits. »

Ainsi, officiellement le nombre de dossiers judiciaires en Iran atteint un chiffre proche de douze millions, soit 50 fois plus qu’en Inde, par rapport au nombre d’habitants.

En tenant compte du fait que chaque dossier implique au moins deux personnes, cela signifie qu’en moyenne, un adulte est concerné par une affaire judiciaire tous les deux ans. En supposant que chaque famille compte en moyenne quatre membres, chaque foyer est donc impliqué dans plus d’une affaire de justice.

Le quotidien officiel Chargh, citait Chahroudi le 24 avril 2004,  disant que « le chef du pouvoir judiciaire, a estimé que le nombre d’affaires dans le pays se situe dans une fourchette de quatre à cinq millions par an, ce qui est sans précédent dans le monde. » Autrement dit, en moins de trois ans et demi (de 2004 à 2008), le nombre de dossiers judiciaires sous le régime des mollahs a plus que doublé.

La création de ce nombre d’affaires et le développement exponentiel du système judiciaire des mollahs, indique en premier lieu, l’étendue des crimes, de la cruauté et des atteintes aux droits commis sous ce régime. Outre les pendaisons, la lapidation, la torture, les amputations et autres châtiments médiévaux, le régime a trouvé une autre façon de répandre la peur dans la société en prenant au piège les Iraniens dans son épouvantable système judiciaire.

Le plus intéressant reste la position de Chahroudi sur l’ampleur de cette catastrophe politique, sociale et humaine. Il en parle comme si le régime clérical et ses dirigeants criminels, lui y compris,  n’en étaient pas responsables.

Précédemment, à plusieurs occasions, Chahroudi a feint la critique. Par exemple, en 2002, il a « déploré » que chaque année 700 à 800.000 personnes aillent en prison. De plus, en juin 2004, il a grogné contre une hausse de 40% du nombre de dossiers.

Dans une mise en scène comique, chaque semaine, Chahroudi parlait aussi directement avec la population et "examinait" quelques dossiers personnellement !

Mais, la réalité veut que Chahroudi est le chef du pouvoir judiciaire depuis presque neuf ans. Adjoint de Khamenei, il est directement responsable de tous les crimes commis par le régime contre la vie, des droits et les biens de la population.

En décembre dernier, quand Chahroudi parlait à nouveau de la création de huit millions de dossiers judiciaires par an, il a aussi proposé une solution, qui revenait en fait à de nouvelles mesures de répression. L’agence de presse officielle Fars a publié une dépêche le 18 décembre 2007 disant que « Hachemi Chahroudi a noté certains  problèmes culturels et déclaré : “Encourager ceux qui respectent les valeurs et les enseignements de l’Islam, comme le voile islamique, dans les institutions et les administrations gouvernementales et éducatives, et éliminer de ces arènes ceux qui ne se considèrent pas attachés à ces valeurs, peut être une solution influente et centralisatrice pour renforcer l’engagement à ces valeurs ”. »

A n’en pas douter, tant que le régime des mollahs sera au pouvoir, ce comportement criminel prévaudra. La seule solution viable pour la justice iranienne viendra sans aucun doute quand ce régime ne sera plus au pouvoir. Il sera instauré un système juridique basé sur des principes des droits de l’homme démocratiques, modernes et reconnus sur un plan international et d’autres normes civilisées reconnues.

Commission juridique du Conseil national de la Résistance iranienne
Le 28 février 2008

FOLLOW NCRI

16,297FansLike
7,743FollowersFollow
377SubscribersSubscribe