
Des prisonniers politiques à travers l’Iran ont entamé mardi une grève de la faim coordonnée dans 56 prisons, marquant la 117e semaine consécutive de la campagne des « Mardis non aux exécutions », face à l’inquiétude croissante suscitée par l’accélération du nombre d’exécutions.
Dans un communiqué publié le même jour, la campagne a mis en garde contre une forte augmentation des condamnations à mort et des exécutions, déclarant : « Nous entamons la 117e semaine de la campagne alors que, pas plus tard qu’hier, les autorités au pouvoir ont exécuté deux prisonniers politiques supplémentaires. »
🚨 Iran News Alert
Images of 12 detainees recently identified by the Iranian opposition. According to these reports, they are under immense pressure.
Amid a broader escalation in executions and pressure on political prisoners, concerns continue to grow over their fate. https://t.co/oHVUThmFAY pic.twitter.com/4A2zRPvfQP
— SIMAY AZADI TV (@en_simayazadi) 21 avril 2026
La campagne décrit ces exécutions comme faisant partie d’une campagne plus vaste visant à réprimer la dissidence, affirmant que les autorités tentent de les justifier en associant les détenus à des acteurs étrangers : « Ils essaient désespérément d’accuser ces prisonniers d’espionnage et de liens avec Israël pour justifier des exécutions dans un contexte de guerre.»
Elle ajoute que ces accusations sont « sans fondement » et n’ont fait qu’« attiser la colère de la population ».
A l’aube de ce mardi 21 avril en Iran, la dictature religieuse a exécuté le jeune et brave insurgé Amirali Mirjafari à Téhéran, dans la droite ligne de ses effusions de sang quotidiennes.
Je condamne avec la plus grande fermeté la pendaison sauvage et inhumaine des jeunes… pic.twitter.com/uALGo4XGDV
— Maryam Radjavi (@Maryam_Rajavi_F) 21 avril 2026
Le communiqué révèle également de nouveaux détails sur une violente répression à l’intérieur de la prison de Ghezel Hesar, l’un des plus grands centres de détention du pays. Selon le rapport, dans la nuit du 29 mars, des dizaines de gardiens de prison ont mené un raid sur le quartier 4, ciblant des prisonniers politiques, dont beaucoup étaient membres de la campagne.
« Ils ont attaqué le quartier de manière brutale et inhumaine, battant les prisonniers et les transférant tous en isolement. »
La campagne a déclaré que six prisonniers ont ensuite été exécutés : « Ils ont été pendus alors que leur procès n’était pas terminé, sans une dernière rencontre avec leurs familles et dans le plus grand secret.»
Le communiqué a identifié les personnes exécutées, notamment Vahid Bani Amerian, Pouya Ghobadi, Akbar Daneshvar Kar, Babak Alipour, Mohammad Taghavi et Abolhassan Montazer.
La campagne a également signalé d’autres exécutions menées dans des conditions similaires. Le communiqué indique que quatre personnes détenues lors des manifestations de janvier 2026 ont également été exécutées « dans le plus grand secret et sans préavis », il s’agit d’Amirhossein Hatami, Mohammad Amin Biglari, Shahin Vahedparast et Ali Fahim.
Selon le communiqué, les autorités refusent de restituer les corps des personnes exécutées : « Les autorités n’ont pas remis les corps à leurs familles, leur infligeant ainsi une véritable torture psychologique.»
La campagne cite également des chiffres indiquant qu’au moins douze prisonniers politiques ont été exécutés pour le seul mois d’avril, dénonçant une escalade systématique.
Le communiqué établit un lien entre la recrudescence des exécutions et le contexte politique actuel, affirmant que les autorités profitent de la situation pour intensifier la répression.
« Alors que la guerre et ses conséquences dominent la situation, les autorités procèdent à des exécutions systématiques pour semer la terreur et empêcher tout soulèvement. »
Le communiqué ajoute que de nombreux détenus arrêtés lors des récentes manifestations restent à l’isolement : « Des dizaines de jeunes prisonniers sont détenus à l’isolement… et leur vie est gravement menacée. »
La campagne souligne que la demande d’arrêt des exécutions reflète un sentiment social plus large, la qualifiant de « demande publique du peuple iranien ».
Marquant la 117e semaine d’action coordonnée, la campagne a confirmé que des prisonniers de dizaines de centres de détention – dont Evin, Ghezel Hesar, le Grand Téhéran et Adelabad – participent à la grève de la faim.
Elle a appelé les organisations internationales à intervenir : « Nous appelons toutes les institutions de défense des droits humains et les instances internationales à prendre des mesures urgentes et concrètes pour sauver la vie des prisonniers politiques condamnés à mort.»
Parallèlement, elle a exhorté à poursuivre la protestation malgré les restrictions : « Nous demandons à tous les militants de ne pas se laisser intimider et de protester par tous les moyens possibles contre ces exécutions.»
Le communiqué se conclut par un message soulignant la détermination du mouvement : « L’avenir appartient à ceux qui ont payé le prix de la liberté. »

