vendredi, décembre 2, 2022
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Washington se félicite de l’impact de ses mesures financières contre l’Iran

Agence France Presse – Les Etats-Unis, qui font pression sur les établissements financiers mondiaux pour qu’ils rompent leurs liens avec l’Iran, se félicitent des premières répercussions de leurs mesures envers le régime de Téhéran.

"Certaines institutions financières et autres organisations sont en train d’étudier sans émotion si c’est le bon moment pour s’engager avec un pays qui défie la volonté des Nations unies, de la communauté internationale, et qui est soumis à des sanctions", a déclaré mercredi un porte-parole du département d’Etat, Tom Casey.

"Les Iraniens se retrouvent au sein d’un club bien isolé et bien malchanceux, celui des pays visés par des sanctions sous le chapitre VII" de la charte de l’ONU, a-t-il ajouté alors que le président iranien Mahmoud Ahmadinejad fait face à des critiques de plus en plus dures, y compris dans le camp conservateur, contre sa politique jusqu’au-boutiste sur le dossier nucléaire.

Le Conseil de sécurité a adopté fin décembre une résolution contraignante (chapitre VII) qui inflige des sanctions aux programmes nucléaire et balistique iraniens, à cause du refus de Téhéran de suspendre son enrichissement d’uranium.

Mais à l’ONU, Washington se heurte à la réticence de la Chine et de la Russie, pour obtenir des sanctions plus dures à l’encontre de l’Iran.

Dans le but de déplacer l’action contre le régime iranien vers le secteur privé, où leur influence est prépondérante, les Etats-Unis ont lancé depuis quelques mois une campagne active pour tenter d’isoler financièrement Téhéran.
 
Le département américain au Trésor a ainsi annoncé mardi le gel des avoirs de la banque publique iranienne Sepah aux Etats-Unis, interdisant toute transaction entre des entités américaines et cet établissement, accusé de soutenir des achats militaires.

Le Trésor avait déjà coupé en septembre toute relation entre le système financier américain et un autre établissement iranien, la banque Saderat, accusée de soutenir des activités terroristes, notamment le Hezbollah.

L’impact commence à se faire sentir au sein de la communauté financière. La deuxième banque allemande, Commerzbank, a annoncé mercredi qu’elle allait mettre fin à ses activités en dollars avec l’Iran, maintenant toutefois ses échanges en euros.

Commerzbank rejoint ainsi les banques européennes Credit Suisse First Boston (CSFB) et Union des Banques Suisses (UBS), qui se sont engagées à s’abstenir de tout nouvel investissement en Iran.

"Alors que les preuves contre les pratiques financières répréhensibles de l’Iran s’accumulent, les institutions financières et les entreprises dans le monde entier ont commencé à réévaluer leurs relations commerciales avec l’Iran", s’est réjoui le sous-secrétaire au Trésor chargé de la lutte contre le terrorisme et du renseignement financier, Stuart Levey.

"De nombreuses institutions financières ont considérablement réduit, voire interrompu, leurs relations commerciales avec l’Iran", a ajouté M. Levey, estimant que ces décisions faisaient suite aux mesures prises par les Etats-Unis.

Cette initiative américaine est encouragée par les Européens, qui ne paraissent cependant pas prêts à adopter des mesures similaires, selon un haut responsable européen ayant requis l’anonymat.

"Nous allons faire le maximum pour que tout le monde respecte la résolution, et nous les premiers", a déclaré ce responsable. "Nous n’irons pas au-delà au niveau étatique. Mais le système financier, c’est une autre histoire".

"Le système financier mondial est suffisamment unifié que cela ait des conséquences", a-t-il ajouté.

 
 

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