mercredi, septembre 28, 2022
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Unissons-nous pour faire reculer les atteintes massives aux droits de l’homme en Iran (V. Daguerre)

CNRI – « Il nous incombe, démocrates de tous les pays, de faire cesser ces graves atteintes aux droits de l’homme et de trouver les moyens les plus adéquats pour faire appliquer les lois internationales, loin des deux poids deux mesures », a dit Violette Daguerre, présidente de la commission arabe des droits de l’homme, lors d’une conférence de presse le 9 août à Paris sur les exécutions en Iran. Organisée par le CSDHI, la conférence regroupait de nombreux défenseurs des droits de l’homme, comme Mgr Jacques Gaillot, Odile Schwertz-Favrat coprésidente de la FASTI, ou Behzad Naziri, ancien prisonnier politique qui a réussi à s’échapper des prisons du régime iranien et membre de la commission des Affaires étrangères du CNRI.

Voici le texte de l’intervention de Violette Daguerre, après la diffusion d’un film documentaire sur les exécutions en Iran : 

Moi aussi, comme vous, j’ai perdu la parole. En tout cas je salue votre courage, votre persévérance, vous la résistance iranienne, pour le combat que vous menez contre cette dictature, pour votre pays. Malgré les critiques internationales, comme les résolutions de l’assemblée générale de la commission des droits de l’homme de l’ONU, les protestations ici et là, le gouvernement de la République islamique d’Iran continue toujours de restreindre la liberté d’expression et d’association, de pratiquer la discrimination envers les femmes et les minorités en Iran, d’avoir recours aux arrestations arbitraires, à la torture, à la peine capitale comme on vient de le voir, même contre les mineurs.

L’Iran reste le pays, avec les États-Unis et la Chine, qui pratique à grande échelle ce châtiment cruel, inhumain, dégradant et qui viole le droit à la vie. Surtout lorsque ce châtiment risque d’être infligé à des innocents par un pouvoir qui s’arroge le droit de retirer la vie à une personne jugée passible de cette peine. Le régime de Téhéran recourt à la peine capitale comme un moyen légal pour se débarrasser des opposants politiques.

De récentes déclarations du président Ahmadinejad appellent à purger l’université de ses enseignants laïques et libéraux. Cet appel fait craindre une radicalisation accrue de la situation sous un régime qui a déjà repris en main la liberté d’expression en fermant les sites web, les blogs, en réprimant la presse indépendante et bien d’autres…

Le rapporteur spécial des Nations unies a déjà dénoncé les conditions de vie très défavorables des minorités ethniques en Iran: les Kurdes, les Arabes, les groupes nomades. 200 à 250.000 Arabes ont été déplacés sans être relogés et sans recevoir des compensations adéquates. Et en plus, ils ont subi les pires châtiments lorsqu’ils ont protesté contre le traitement qui leur a été infligé. Et nombreux parmi eux ont été exécutés. Ces deux dernières années la population déshéritée d’Ahwaz et d’autres grandes villes au Khouzistan a fait preuve de soulèvements et de protestations antigouvernementales.

Un grand nombre de jeunes avait été arrêté pour avoir protesté et nombre de détenus avaient été torturés et assassinés. Même des corps ont été jetés devant leur domicile. Contraindre le régime de Téhéran à se préoccuper davantage des problèmes sociaux du pays et à respecter les droits humains sous peine de sanctions internationales, ne font semble-t-il que durcir un régime acculé à une fuite en avant effrénée. Il nous incombe, démocrates de tous les pays, de faire cesser ces graves atteintes aux droits de l’homme et de trouver les moyens les plus adéquats pour faire appliquer les lois internationales, loin des deux poids deux mesures.

Ce que les théoriciens du régime mettent en avant pour légaliser malheureusement leur durcissement et pour se débarrasser de leurs responsabilités en la projetant sur les autres, ces autres qui leur veulent du "mal" ; ce qui justifie à leurs yeux leur pratique autoritaire d’un autre âge. Unissons-nous pour faire reculer les atteintes massives aux droits de l’homme, pour faire arrêter ces exécutions d’une autre époque. La société civile mondiale doit pouvoir trouver un remède aux agissements de ces malades qui nous gouvernent.

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