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Une stratégie à plusieurs voies pour résoudre le problème en Iran

Une stratégie à plusieurs voies pour résoudre le problème en IranGlobal Politician – Par Ramesh Sepehrrad – Ces derniers mois, des érudits ainsi que des analystes ont tenté de fournir des plans de route pour mettre en place un changement en Iran. Alors que certaines idées s’ouvrent un chemin dans l’esprit des Américains, les résultats sont réels. Plus de la moitié des Américains sont maintenant préparés à l’éventualité d’une confrontation avec l’Iran, quelle qu’elle soit, afin de limiter sa course à l’arme nucléaire et de mettre fin au soutien qu’apporte cet Etat au terrorisme international.

D’une façon remarquable, au-delà de la raison populaire, certains analystes préconisent toujours d’encourager un changement de comportement en engageant les religieux intégristes dans une approche  entièrement faite de complaisance et dépourvue de toute sanction. Des pandits plus cohérents favorisent un changement de régime non militaire en apportant un soutien financier aux groupes iraniens en exil et à leurs programmes satellites. La moins attrayante de toutes ces approches est l’appel à des frappes militaires contre les intérêts politiques, économiques et nucléaires de Téhéran. Malheureusement, aucune ne résoudra entièrement le problème que Téhéran pose au monde libre.

Téhéran menace beaucoup trop le bien-être de ses propres citoyens, la stabilité régionale et les aspirations démocratiques des Irakiens. La rapidité avec laquelle s’accroît la menace de Téhéran explique la nécessité d’un consensus national pour agir. La plupart sont d’accord : le statu quo sur l’Iran n’est plus une solution, pourtant, avant que des solutions ne se profilent, nous devrions garder à l’esprit quelques leçons durement apprises.

D’abord, nous ne devons pas ignorer les leçons tirées des actions militaires menées en Irak ou des raccourcis irréfléchis. Tous deux sont aussi inconscients que nuisibles à tout changement significatif en Iran. Ensuite, une évaluation claire des forces de l’opposition iranienne est une précondition à une discussion d’où découlera une version iranienne de la révolution « Orange » de « Velours ». Ceci dit, il se peut que pour stimuler le changement en Iran, on se retrouve à choisir entre le bon (financer des programmes satellites), la brute (les frappes militaires) ou le truand (la complaisance).

Heureusement, le marécage politique décrit plus haut est une illusion qui prend racine dans le manque d’envergure de ses créateurs. La véritable solution pour un changement en Iran apparaît quand on regarde le peuple qui dans le pays porte est capable du changement que la communauté internationale recherche désespérément. Cette approche requiert une réponse politique ainsi qu’une action concrète pour nuancer des déclarations de bons sentiments comme « soutenir les femmes et le jeunes », « soutenir les forces favorables à la démocratie », et « lutter au côté du peuple iranien ». Il est temps de se montrer résolus, afin de nous éloigner des pires scénarios de conflits nucléaires. Pour ce faire, l’Occident doit adopter des mesures parallèles. L’une d’entre elles doit être attachée au développement d’une politique iranienne représentative et la seconde est l’effort fourni par l’ensemble de la communauté internationale, mis en place spécifiquement pour isoler et finalement éliminer les causes premières du problème de Téhéran.

Le gouvernement de Washington a eu un rôle fondamental en référant Téhéran au Conseil de Sécurité des Nations Unies. C’était un pas décisif dans la bonne direction. A ce jour, Téhéran continue à refuser de se soumettre à la communauté internationale avec ses ambitions nucléaires. De ce fait, l’envoi du cas iranien au Conseil de Sécurité par le bureau des gouverneurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) devrait être complété par des appels à des sanctions judicieuses. La mise en place de sanctions à Téhéran est une étape nécessaire bien que nous devrions en connaître les limites. Par elles-mêmes, les sanctions ne sont pas suffisamment efficaces. Il est plus important qu’une politique claire vis–vis de Téhéran se mette en place à Washington, Paris, Londres et Berlin avant un effort concerté. Par la suite, des sanctions pourront intervenir sur un plan international. Pour approuver les sanctions, les Etats-Unis et la Troïka Européenne doivent prendre des mesures immédiates pour forger une politique iranienne solide ouverte à un changement de régime en Iran. Pour commencer, Washington doit prendre des mesures comprenant les éléments suivants :

1. Durcir et codifier les sanctions américaines existantes, empêcher les filiales des sociétés américaines d’exercer des activités en Iran et couper les aides au développement aux pays qui investissent en Iran. Critiquer publiquement et en privé, les gouvernements engagés dans le commerce de pétrole, d’armes, de technologies et dans des relations diplomatiques avec l’Iran. Dans un effort englobant les deux partis, la députée Ros-Lehtinen fait pression pour obtenir l’adoption d’une politique iranienne solide. Elle a récemment déclaré à Reuters que : « Dans les deux partis, il y a une agitation croissante au Parlement pour adopter une politique plus musclée sur l’Iran et je pense que ce qui s’élabore ira même au-delà ».
Bill Frist, le chef de file du parti majoritaire au Sénat [le Parti Républicain], a aussi associé le succès des sanctions américaines à un effort international plus large. Il a déclaré dans un éditorial du Los Angelas Times : « Nous devrions persuader les autres pays de nous emboîter le pas. Un régime multinational de sanctions devrait commencer par un embargo sur les technologies que l’Iran peut utiliser pour son programme nucléaire ». Il y a ajouté «  le spectre complet des mesures que les Etats-Unis ont mis en place pour isoler l’Iran. « Plus de 350 membres du Congrès ont appelé à une sanction plus nuancée et plus forte. Il est temps de l’annoncer comme une partie intégrante de la politique officielle américaine concernant Téhéran et de pousser la Troïka européenne à agir de même.

2. Un dialogue ouvert direct avec les principaux groupes iraniens d’opposition. Isoler le régime de Téhéran en mettant un terme à toutes les négociations privées et en le faisant s’inquiéter de la préférence politique américaine pour des négociations avec l’opposition. Des mouvements spécifiques dans cette direction doivent inclure la fin de l’interdiction qui frappe le Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI) et les Moudjahidine du Peuple. Ces groupes ont éveillé une prise de conscience de la communauté internationale sur les abus des droits de l’homme commis par Téhéran depuis les années 80 et sur les interférences régionales se rapportant à la technologie des missiles depuis les années 90 ainsi que les activités nucléaires illégales de ces dernières années. Donc, il incombe à Washington d’ouvrir et d’entretenir un dialogue direct avec des groupes d’opposition aussi influents. Ne pas savoir ce que pense et fait l’opposition iranienne, le CNRI et l’OMPI, est non seulement mauvais d’un point de vue diplomatique mais idiot d’un point de vue politique. Par sa capacité à contrôler un réseau dynamique à l’intérieur et à l’extérieur de l’Iran, l’on peut facilement juger de l’efficacité et de la détermination du CNRI et de l’OMPI à changer le régime en place à Téhéran. Dans un rapport d’expertise publié par le Comité sur la Politique iranienne, un groupe de réflexion basé à Washington, une étude de huit mois sur la peur que ressent Téhéran vis-à-vis de l’opposition, a situé l’OMPI en tête de tous les autres groupes. Les membres du congrès et les parlementaires européens ont l’habitude de s’entretenir et de travailler avec les représentants du CNRI et du l’OMPI. Les membres de l’administration [Bush] pourraient certainement tirer partie de pareils engagements.

3. Mettre fin à l’influence croissante de Téhéran en Irak en encourageant les forces progressistes et anti-intégristes qui agissent en Irak, y compris les chi’ites, les sunnites, les Kurdes et tous les autres groupements religieux et ethniques connectés au groupe anti-intégristes qu’est l’OMPI. Au début de cette année, plus de 12.000 avocats et juristes irakiens ont annoncé et souligné la mise en place d’un soutien mondial au MeK et à leurs 40 années de combat contre deux dictatures en Iran. Pour la sauvegarde de la stabilité, de la paix et de la sécurité dans la région, Téhéran doit cesser d’agir en Irak. Comme la souligné récemment l’expert en politique irakienne, le Dr. Rachid Al-J abouri, dans son éditorial du Washington Post, «Les Iraniens aiment décrire les chi’ites irakiens comme voulant mettre en place un régime semblable à l’Iran. Cependant, les développements qui ont eu lieu ces deux dernières années, et surtout ces 10 derniers mois, doivent être perçus comme un effort organisé pour étendre l’influence de l’Iran en Irak en tirant partie du fossé entre la politique américaine et l’instabilité politique en Irak… Le régime iranien a décidé, grâce à son avancée en Irak, de paralyser et de neutraliser la communauté internationale. « Sur le plan stratégique et tactique, renforcer en Irak une coalition anti-intégriste serait la meilleure réplique à l’influence croissante de Téhéran dans la région.

Il reste peu de temps à Washington pour agir. Des mesures similaires doivent êtres prises par Paris, Londres et Berlin. Avoir une politique alignée sur la rhétorique actuelle, incitera certainement d’autres comme la Russie, la Chine et l’Inde à prendre de nouvelles mesures pour isoler l’Iran.

Les étapes mentionnées sont des mesures qui constituent la réponse politique pour nuancer les déclarations de soutien au peuple iranien. Le terrorisme de Téhéran a dépassé les frontières iraniennes et le problème que pose ce régime au monde est bien trop complexe pour être résolu simplement en finançant des programmes satellites en exil. De plus, le régime de Téhéran est par nature trop brutal pour qu’une révolution « orange » ou « de velours » ait lieu dans les rues. Cependant, une politique spécifique d’un pays comme celle décrite plus haut, en coordination avec des efforts de la communauté internationale, a des chances de faciliter les conditions prérequises pour qu’un changement positif ait lieu en Iran à l’initiative du peuple iranien.

Etant donné le temps et les relations solides entre l’Occident et le principal groupe iranien d’opposition, nous pourrions prédire que les Nations Unies pourraient ne pas se contenter des sanctions et imposer un référendum international surveillé au régime de Téhéran, comme l’a proposé le chef de file du CNRI, Maryam Radjavi. Bien sûr, la communauté mondiale peut assister à une révolution démocratique en Iran sans effusion de sang. Par le passé, la société civile iranienne a manifesté dans les rues contre le régime en place en appelant à protester et à la désobéissance civile. Une fois associés aux réseaux organisés et très efficaces que possèdent le NCRI et l’OMPI en Iran et à l’étranger, le mouvement démocratique finira par faire tomber le régime plus vite que ne l’imaginent les érudits et les analystes de notre nation.

En bref, oui, tout ceci résume bien une solution iranienne au problème de Téhéran. Honnêtement, si ce n’est pas une solution iranienne qui est adoptée, quelles chances il y a-t-il pour que les Iraniens l’adoptent ?

Ramesh Sepehrrad est la présidente du Comité National des Femmes pour une Iran Démocratique, fondé en 1990 à Washington D.C. Les écrits de Sepehrrad ont été publiés dans des revues scientifiques, notamment le Brown Journal of World Affairs. Ses articles ont également été publiés dans le Washington Post, le Washington Times, et sur le site Internet Women eNews.