lundi, novembre 28, 2022
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Une solution pacifique et démocratique au Moyen-Orient, passe inévitablement par un changement de régime en Iran : Maryam Radjavi

CNRI – « La voie d’un Moyen Orient démocratique et pacifique, dans lequel les femmes et les jeunes joueront le rôle qu’ils méritent passe obligatoirement par un changement de régime en Iran. Sans ce changement, l’instauration de la démocratie et de la stabilité dans cette région ne sera pas possible. Dans la nouvelle conjoncture, le changement de régime s’avère cent fois plus nécessaire si l’on veut éviter le détournement des  événements dans la région », a déclaré Maryam Radjavi à Paris, le 26 février.

La présidente élue de la Résistance iranienne s’exprimait au CNIT dans une conférence intitulée « l’Iran, les droits humains, les femmes, le camp d’Achraf et les options politiques ».  A ses côtés, des délégations parlementaires italienne et autrichienne ont annoncé qu’une majorité de leur parlement apportait leur soutien au peuple iranien et aux résidents d’Achraf.  Des délégations parlementaires et de militants des droits humains et des droits des femmes  de France, d’Espagne, du Maroc, d’Algérie, de Tunisie, d’Egypte, de Jordanie, de Palestine, du Liban, du Koweït, d’Afghanistan, de France, d’Espagne, de Roumanie, du Canada et d’Australie participaient également à la conférence. 

Parmi les orateurs figuraient notamment James Jones, conseiller à la sécurité nationale américaine du président Obama (2009-octobre 2010), Bill Richardson, secrétaire américain à l’Energie, ambassadeur des Etats-Unis  à l’ONU sous l’administration Clinton et envoyé spécial de Barack Obama en Corée du Nord, Howard Dine, président du parti démocrate américain (2005 à 2009), Tom Ridge, secrétaire américain à la Sécurité intérieure sous l’administration Bush, Mary Robinson, Haut commissaire aux Droits de l’homme de l’ONU (1997-2002) et présidente de l’Irlande (1990-1997),  Mme Irene Khan, secrétaire général d’Amnesty International (2001-2009), Françoise héritier, anthropologue française, le vice-président du sénat roumain Teodor Melescanu ou la député canadienne Raymonde Folco.

Voici l’intervention de Mme Radjavi :

Je suis heureuse de vous voir. Cette conférence se déroule à un moment rare de l’histoire du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord. De Tunis au Caire, de Benghazi à Téhéran, les peuples se sont soulevés. Tripoli avance vers la liberté au prix de centaines de morts. Bagdad relève la tête de dessous les décombres de la guerre, de la trahison et de la complaisance en criant sa colère. A Téhéran, la jeunesse intrépide enraye la machine répressive. Je salue tous les insurgés de la démocratie et de la liberté.

Permettez qu’en guise d’hommage à tous les manifestants des 14 et 20 février en Iran, et en particulier à ceux qui ont perdu la vie, à savoir Saneh Jaleh, Mohammad Mokhatri et Hamed Nour-Mohammadi, nous les applaudissions pendant toute une minute.

La vague de liberté au Moyen-Orient et au Maghreb

La vague de liberté balaie toute la région. Aucun pays n’a été ni ne sera épargné par cette lame de fond. Il faut à présent se demander pourquoi ces insurrections ont-elles éclaté ? Qu’est-ce qui les a retardées ? Quel chemin a suivi la politique occidentale vis-à- vis de ces pays et quels perspectives et devoirs se présentent à nous ?

En réalité, les peuples de ces pays n’ont cessé de souffrir de la dictature, de la misère et de la corruption. Leurs droits fondamentaux, leurs revendications légitimes et leurs idéaux démocratiques ont été bafoués de la pire manière. Des tyrans qui ont régné sous le titre de présidents de la république sans le moindre suffrage véritable. Ils ont pillé et détruits les richesses et les ressources de ces pays.

Pour apprécier plus précisément ce qui se passe dans la région, examinons brièvement le passé.

En 1979, la révolution iranienne s’est faite pour des idéaux profondément démocratiques. Pourquoi cette révolution au lieu de devenir une source d’inspiration pour la démocratie dans la région, s’est transformée en épicentre de l’exportation du terrorisme et de l’intégrisme ? Parce que Khomeiny en a usurpé la direction. Parce qu’avec le massacre des forces authentiques de la Révolution et des défenseurs de la démocratie, il a installé une dictature religieuse et de cette manière a pris en otage le processus démocratique régional. D’autant plus qu’en préparant et en persistant dans une guerre de huit ans avec l’Irak et avec l’exportation du terrorisme, il est devenu la principale menace du Moyen-Orient.

Mais comment a fonctionné cette menace ? Dans les années passées et encore aujourd’hui, le régime des mollahs s’est tenu en embuscade dans divers pays pour profiter des tensions et du vide lors des périodes de transition afin de générer des courants et même des pouvoirs fantoches.

L’erreur de la politique occidentale

Entretemps, les Etats-Unis et l’Europe en particulier, ont fondé leur politique sur la complaisance avec le régime iranien et le phénomène intégriste. Pourquoi ? D’une part, pour n’avoir pas saisi correctement la nature de l’intégrisme. D’autre part en raison d’intérêts et de considérations économiques et tactiques.

Quoi qu’il en soit, les gouvernements occidentaux ont apporté dans la pratique l’aide la plus importante à l’infiltration grande échelle de ce régime dans la région tout en soutenant les dictatures régionales en prétendant qu’il s’agissait d’empêcher le développement de l’intégrisme. Cette situation donne à ces dictateurs une fausse légitimité. Parce que l’on fait croire que leur renversement ou même des réformes sérieuses conduiraient à la domination des intégristes ou à de dictatures encore plus dangereuses.

En bref deux facteurs ont prolongé la vie de ces dictatures :
1- l’existence du régime iranien comme épicentre de l’intégrisme.
2- la politique totalement erronée des Etats-Unis et de l’Europe.
Sans ces deux facteurs, elles auraient dû être renversées depuis longtemps permettant  au processus démocratique de s’enclencher naturellement. C’est pour cela que leur chute a pris un caractère explosif.

En même temps, avec le développement de la vague de liberté, le régime des mollahs se maintient toujours en embuscade. Khamenei, le dirigeant à vie de cette tyrannie, essaie de réaliser ses souhaits  diaboliques sous le couvert d’ « éveil islamique » des sociétés. Mais sommes-nous donc face à cercle vicieux ? Pas du tout. Il existe une issue possible et nécessaire. Il s’agit du renversement du régime inhumain des mollahs et de l’instauration de la démocratie en Iran. Oui, la période de l’intégrisme et de l’obscurantisme touche à sa fin. Voici venue l’ère de la démocratie et de la liberté.

Nous savons qu’au lieu de la fermeté face au régime des mollahs, c’est-à-dire le foyer du pouvoir intégriste, l’Occident s’est agenouillé. En même temps, les principales valeurs et acquis de l’humanité, comme les droits de l’homme, la démocratie, la résistance, la justice et le droit, ont été dénaturées ou menées à l’abattoir. Les droits de l’homme ont été subordonnés à la realpolitik et sacrifiés sur l’autel du commerce et de la diplomatie.

On a supposé que la démocratie était en contradiction avec la culture et la religion des peuples du Moyen-Orient en faisant croire que ces nations étaient condamnées à la dictature pour l’éternité. La résistance pour la liberté a été bannie. Puis on a mis le plus important mouvement anti-intégriste et anti-terroriste de la région, les Moudjahidine du peuple d’Iran, sur  les listes du terrorisme. La justice et le droit ont été bafoués jusque dans le périmètre des pays occidentaux car les concessions aux mollahs ont été jugées plus importantes. Le terrorisme et les assassinats commis par les mollahs  – de Beyrouth à Khobar en passant par Bagdad – ont été ignorés. Il ne fallait surtout pas qu’une ombre vienne planer sur les sacro-saintes négociations. Et la notion de modéré a été si galvaudée, qu’on en vient à sanctifier une aile du fascisme religieux sous le masque de la modération.

C’est ainsi que la politique occidentale a bloqué la voie du changement en Iran. Par contre, elle a ouvert la voie à l’avancée du régime au Moyen-Orient. Regardez au Liban, en Palestine et surtout en Irak. La politique de la complaisance a permis au régime des mollahs d’y installer des gouvernements inféodés. Un gouvernement qui hier encore en Irak a dû affronter la colère populaire. Cette politique est la plus grande erreur commise par l’Occident depuis la seconde guerre mondiale. Elle ne peut plus continuer, car le régime qui était le sujet principal de la complaisance est au bord du gouffre.

A cet effet, la seconde erreur de l’Occident a été de croire que la situation en Iran allait revenir à celle d’avant le soulèvement de 2009. Vous voyez bien que le soulèvement en Iran s’est à nouveau embrasé et progresse. Les 14 et 20 février, les manifestants sont descendus dans la rue et leur courage a frappé le monde. Tous ont vu que leurs revendications et leurs slogans ne concernaient pas le changement de politique du régime. Ce qu’ils veulent, c’est changer le régime dans sa totalité.

Oui, la survie d’un pouvoir par des actes liberticides ne sera plus possible désormais. Comme l’a dit récemment Massoud Radjavi, le dirigeant de la Résistance iranienne  : « Le régime du guide suprême a tout fait ces 32 dernières années pour remplir l’abîme historique qui sépare le XXIe siècle du Moyen-âge et du pouvoir des mollahs avec des potences et des pelotons d’exécutions, avec la guerre et l’exportation de crises, avec l’exportation de l’intégrisme et du terrorisme. Cependant, malgré tout, ce régime ne trouvera pas de stabilité. » Oui, l’ère du régime des mollahs touche à sa fin. Voici venus le temps du peuple iranien et l’ère de la liberté.

Dans quel camp se tient l’Occident ?

Il n’existe pas de critère plus parlant que l’inscription de l’OMPI dans la liste des organisations terroristes pour évaluer la politique de l’Occident. C’est par cette étiquette que les peuples d’Iran et du Moyen-Orient découvrent la véritable politique des Etats-Unis et de l’Europe. C’est là où ils distinguent dans quel camp se tient l’Occident : du côté du régime du guide suprême des mollahs  ou du côté du peuple iranien ?

A près des années d’efforts sans répit de la résistance, l’Europe a été obligée de radier l’OMPI de sa liste noire et à présent c’est au tour des Etats-Unis. C’est en utilisant cette étiquette que les mollahs ont intensifié durant trois ans le blocus d’Achraf. Redoutant le rôle inspirateur d’Achraf pour la lutte des femmes et de la jeunesse iranienne, ces derniers mois, les mollahs en ont fait la cible de multiples attaques. Cela fait un an que le régime des mollahs a installé des haut-parleurs puissants tout autour d’Achraf  pour mener une sale guerre psychologique contre les résidents du camp. En l’absence de réaction efficace dans le monde, le nombre des haut-parleurs a atteint les 210. Les mollahs empêchent même l’entrée de beaucoup de médicaments à Achraf. Ils pratiquent une politique de mort lente pour nos malades. De même, ces jours-ci, ils cherchent à augmenter le nombre d’agents répressifs implantés à l’intérieur du camp.

Le Parlement européen, l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, les assemblées et les sénats de 30 pays, notamment la Chambre des Représentants américaine, ont insisté dans des déclarations et des résolutions sur le statut de personnes protégées par la 4e convention de Genève des Achrafiens et ont demandé aux Etats-Unis de reprendre en main la sécurité du camp et l’installation permanente d’une équipe d’observateurs de la MANUI (mission d’assistance de l’ONU en Irak). C’est pourquoi Achraf est un test pour les Etats-Unis. C’est un test pour l’ONU  et je les invite à tenir leurs engagements. Oui la période du silence et de la complaisance touche à sa fin. Voici venue l’ère de l’avancée de la liberté.

Le rôle des femmes

Cette année, nous approchons de la Journée internationale des femmes, alors que les femmes au Moyen-Orient sont au plus fort de la lutte et des sacrifices contre les dictatures pour la liberté et l’égalité. L’épanouissement de ces mouvements ravive les besoins tombés dans l’oubli de nos sociétés, à savoir l’égalité des femmes, les droits humains, la liberté  et la démocratie.

L’expérience de l’Iran sous le pouvoir intégriste montre que les femmes sont la cible principale de la répression. Par conséquent cela génère en elle une énergie sans fin pour lutter qui en fait une force du changement. C’est pour cela que nous disons que parmi les divers facteurs qui garantissent l’arrivée du printemps de la liberté en Iran, les femmes constituent un facteur déterminant capable d’ouvrir la voie et d’apporter le changement.

On peut facilement comprendre cette vérité en regardant l’histoire de la lutte des Iraniennes face à deux dictatures. En s’appuyant sur le combat déterminé des femmes ces trente dernières années, la société iranienne a tenu bon face au fascisme religieux. Au cours de cette période, des dizaines de milliers de femmes courageuses ont été torturées et exécutées dans la lutte contre le régime en place. Comme Homeira et une multitude d’autres qui sont mortes sous la torture. Tahereh dans le cœur de laquelle les pasdarans ont enfoncé un poignard et dont ils ont suspendu le corps en haut d’un rocher.

Chirine et Zahra qui ont été pendues ces derniers mois à Téhéran, et Neda, le symbole des manifestations de 2009 qui est morte dans les rues de Téhéran les yeux ouverts. Et cela fait des années maintenant, que dans une situation extrêmement difficile, un millier de femmes courageuses dirigent Achraf, le foyer de l’espoir d’une nation enchainée. L’expérience de la Résistance iranienne montre que la participation active des femmes à la direction est nécessaire pour lutter dans tous les domaines contre l’intégrisme et la dictature religieuse.

L’échec final de l’intégrisme est possible. Mais il se fera par ces femmes. Ce sont elles qui changent le visage du monde. J’appelle toutes mes sœurs dans le monde à se lever pour défendre les flammes de la liberté qui brillent à Achraf et qui se propagent jusqu’aux villes d’Iran.

La voie vers un Moyen-Orient démocratique

Permettez-moi de résumer mes propos en quelques points :

1- La voie d’un Moyen Orient démocratique et pacifique, dans lequel les femmes et les jeunes joueront le rôle qu’ils méritent passe obligatoirement par un changement de régime en Iran. Sans ce changement, l’instauration de la démocratie et de la stabilité dans cette région ne sera pas possible. Dans la nouvelle conjoncture, le changement de régime s’avère cent fois plus nécessaire si l’on veut éviter le détournement des  événements dans la région.

2- La solution à la crise en Iran n’est ni la complaisance, ni la guerre. Notre option pour l’Iran est en faveur de toute la région. C’est-à-dire le changement démocratique par le peuple iranien et sa Résistance.

3- Notre message à nos sœurs et nos frères en Tunisie, en Egypte et en Libye ainsi qu’aux peuples des pays voisins d’Afghanistan et d’Irak est celui-ci : prenez garde aux mollahs intégristes, aux assassins des jeunes et des femmes en Iran. Votre combat ne portera ses fruits grâce au sang versé et aux souffrances que si vous vous protégez de ce fléau.

4- Si les gouvernements occidentaux veulent jouer un rôle positif dans l’histoire du Moyen- Orient, le premier pas indispensable sera un changement de politique : passer de l’amitié avec le fascisme religieux à l’amitié avec le peuple iranien.

5- L’étape la plus importante pour l’Occident afin de dire adieu à cette politique préjudiciable pour le peuple iranien et toute la région est de reconnaître la Résistance du peuple iranien.

6- Les sanctions internationales contre le régime des mollahs, même s’il s’agit d’une mesure positive,  ne sont absolument pas suffisantes. Nous proposons quelques étapes nécessaires : Interdire les achats de pétrole à ce régime, renvoyer le dossier des violations des droits de l’homme en Iran devant le Conseil de sécurité de l’ONU, rompre les relations des services de renseignement occidentaux avec le ministère du Renseignement des mollahs et fermer les sociétés écrans des pasdarans en Europe, au Canada et aux Etats Unis.

7- L’alternative que représente la Résistance iranienne défie le régime des mollahs avec un programme démocratique : une république fondée sur la séparation de la religion et de l’Etat, une démocratie pluraliste, une société basée sur l’égalité entre les femmes et les hommes et le respect des droits humains avec l’abolition de la peine de mort et le rejet des lois de charia des mollahs. Un développement économique fondé sur l’égalité des chances. Un Iran non-nucléaire, en paix, prônant la coexistence pacifique avec ses voisins. 

Oui l’époque de l’échec des révolutions touche à sa fin.

Voici venu le temps de la démocratie et de la liberté pour les peuples d’Iran et de la région.

 

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