mercredi, février 8, 2023
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Une prisonnière politique demande la justice pour les victimes du massacre de 1988 en Iran

L’appel à la justice de la prisonnière politique Maryam Akbari Monfared pour sa famille qui a été massacrée dans les années 80 par le régime iranien a enfin abouti, car le groupe de travail des Nations Unies sur les disparitions forcées a accepté de se pencher sur sa plainte. C’est un avancement majeur dans la poursuite des responsables du massacre des prisonniers politiques dans les années 80 en Iran afin de les traduire en justice.

Atena Daemi, une militante des droits de l’Homme incarcéré dans la prison d’Évine a écrit une lettre de félicitations en réponse au succès de Maryam Akbari Monfared et l’a décrit comme une victoire admirable. Elle a également exprimé son espoir que cette exemple soit suivie par d’autres victimes d’abus des droits de l’Homme en Iran.

Roghiyeh, Abdolreza, Alireza et Gholamreza sont les quatre membres de la famille Akbari Monfared qui ont été tués par le régime islamiste pendant les sombres années 1980.

Abdolreza Akbari Monfared avait été arrêté en 1981 à l’âge de 17 ans et condamné à trois ans de prison, mais il a été détenu plus longtemps que sa peine. Il a été emprisonné sans condamnation et exécuté en 1988. Alireza avait été arrêté le 8 septembre 1981 et en moins de 20 jours, il a été tué en détention dans des conditions inconnues.

Pendant la cérémonie d’hommage lors de la septième nuit de la mort d’Alireza, sa mère, Gorgi Shiripour, et sa sœur, Roghiyeh, ont été arrêtées. Sa mère a été condamnée à cinq ans de prison et sa sœur à 8 ans de prison, mais cette dernière a été exécutée en 1988 pendant le massacre de prisonniers politiques un an avant la fin de sa peine.

Gholamreza Akbari Monfared a été arrêté en 1983 et a perdu la vie sous la torture en détention en 1985.

Ainsi, aucun d’entre eux n’avait été condamnés à mort, mais ils ont été exécutés ou assassinés de différentes manières.

Aujourd’hui, près de quarante ans après cette période, Maryam et Reza Akbari Monfared, les survivants de cette famille, sont en prison. Maryam, condamnée à 15 ans d’emprisonnement, en est à sa huitième année d’incarcération et Reza Akbari Monfared purge les dernières années de sa peine de 5 ans et demi de prison.

L’année dernière, Maryam Akbari Monfared a porté plainte depuis l’intérieur de la prison contre les dirigeants du régime iranien pour leur implication et leur complicité dans le meurtre et l’exécution des membres de sa famille. Elle a remis cette plainte aux autorités judiciaires nationales et internationales.

Non seulement les autorités nationales n’ont pas mené d’enquête sur ces exécutions, car ce sont elles qui ont mis en œuvre les tueries des années 80, mais les interrogateurs du ministère des Renseignements, qui n’ont pas le droit d’intervenir dans les affaires judiciaires, ont annoncé qu’ils ne permettraient pas sa libération à cause de cette plainte officielle. De plus, ils ont convoqué son mari et l’ont menacé d’emprisonner Maryam plus longtemps et de l’exilé dans la prison de Borazjan.

Mais les organes internationaux, en réponse à la plainte de Maryam Akbari, ont passé en revue l’affaire en moins d’un an et par rapport aux documents existants, ils ont enregistré Roghiyeh et Abdolreza Akbari Monfared sur la liste des groupes d’individus disparus de force.

Comme Maryam et sa famille, de nombreuses autres familles ont fait l’objet de la rage de l’appareil judiciaire iranien à cause de leurs quêtes pour la justice concernant leurs proches qui ont été assassinés brutalement et sans pitié dans les prisons du régime. Par exemple, Mansoureh Behkish, est une autre femme qui a été convoquée à plusieurs reprises et arrêtée par le régime iranien pour avoir demandé la justice pour la mort de ses six frères et sœurs. Elle a récemment été condamnée à une lourde peine de prison.

Fatima Mothana est une autre femme courageuse qui est actuellement en prison avec son mari, Hassan Sadeghi. Ils sont poursuivis pour avoir demandé la justice pour trois frères qui ont tous été tués par le régime pendant leur détention.

Mais les exécutions et les tueries par les dirigeants de ce régime vieux de 40 ans ne se limitent pas à ces familles et ne s’arrêtent pas là.