jeudi, décembre 1, 2022
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Une opposante iranienne accuse Ahmadinejad de torture

Reuters – Une opposante iranienne réfugiée en France, Laïa Roshan, qui assure avoir vu le président iranien Mahmoud Ahmadinejad diriger une unité de torture dans une prison de Téhéran en 1982, a annoncé son intention mercredi de déposer plainte à Paris.

Cette femme de 58 ans est intervenue publiquement lors d’une conférence de presse organisée à Paris par l’Organisation des moudjahidine du peuple iranien (OMPI), principale composante de l’opposition au régime de Téhéran, installée en France.

Laïa Roshan, qui se dit dentiste, a raconté avoir été arrêtée en 1982 pour avoir soigné des opposants au régime. Elle affirme avoir été condamnée à 500 coups de fouet et avoir été internée à la prison d’Evin à Téhéran.

C’est là qu’elle aurait vu Mahmoud Ahmadinejad, alors membre de l’unité des Gardiens de la révolution (Pasdaran), fer de lance du pouvoir islamique. Il se faisait appeler "docteur Mirzaïi", dit-elle. "Son visage cruel m’est resté vivement en mémoire. Plus tard, quand je l’ai vu dans les journaux (lors de son élection à la présidence en 2005-NDLR), je me suis aperçue que c’était Mahmoud Ahmadinejad", a-t-elle dit.

Selon son récit, le "docteur Mirzaï" était le responsable d’une partie de la prison, la "section 209", où les personnes torturées étaient soignées sommairement avant de retourner dans les chambres d’interrogatoire. Mahmoud Ahmadinejad expliquait selon elle à ses subordonnées comment torturer les détenus déjà blessés afin qu’ils ne décèdent pas.

Elle dit l’avoir vu s’occuper personnellement d’une détenue. "Il a pris sa main et l’a trainée par terre pour l’emmener dans la chambre de torture. Deux heures plus tard, elle est revenue les dents cassées, les lèvres déchirées et le visage couvert de bleus", a-t-elle dit.

"Pendant les six mois que j’étais dans la section 209, il était là, il y avait trois chambres pour les hommes, trois chambres pour les femmes et il venait souvent en uniforme des Pasdaran", a-t-elle dit.

Elle assure avoir décidé de porter plainte seulement ces derniers jours, car elle se dit indignée de voir que l’OMPI fait l’objet de procédures judiciaires en France. La justice française est théoriquement compétente universellement pour traiter les cas de tortures, mais le président Ahmadinejad bénéficie de l’immunité accordée aux chefs d’Etat.

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