dimanche, janvier 29, 2023
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Une manipulation entamée par le régime iranien dans les parlements des pays démocratiques – Brigitte Allain

CNRI – « Une manipulation a été entamée par le régime iranien dans les parlements des pays démocratiques en invitant un certain nombre de parlementaires à une visite guidée  en Iran et ensuite faire croire qu’il y a eu une ouverture dans le pays, alors qu’il n’y a aucune évolution concrète dans le domaine des droits humains », a déclaré Brigitte Allain, membre de l’assemblée nationale française et du Comité parlementaire pour un Iran démocratique (CPID).

La députée s’exprimait le 21 janvier à Paris lors d’une conférence au Sénat, dans laquelle des sénateurs issus de tous les groupes politiques, en présence de personnalités diverses et de la dirigeante de la Résistance iranienne Maryam Radjavi, ont évoqué la situation préoccupante des droits de l’homme en Iran et les tensions créées par le régime iranien dans les crises du Moyen-Orient, spécialement en Syrie et en Irak. La conférence était organisait par le CFID qui célébrait le septième anniversaire de sa création.

Dans son intervention Brigitte Allain a ajouté:
Je représente ici le Comité parlementaire pour un Iran démocratique. Avec mes collègues députés de toutes les sensibilités politiques, nous constituons ce comité qui est l’homologue du Comité français pour un Iran démocratique (CFID), et qui organise ce colloque ce soir au Sénat.

Nous avions invité vers la fin de l’année passée Mme Maryam Radjavi pour un événement similaire à la salle Victor Hugo à l’Assemblée nationale. Bien évidemment notre comité est très sensible à tout ce qui concerne l’Iran et particulièrement la question des violations des droits humains et la question des droits des anciens résidents du camp d’Achraf, aujourd’hui basés à Liberty, et exposés à toutes sortes de menaces sur leur vie et leur intégrité.

Je veux rappeler que les femmes subissent des viols et toutes sortes de violences. Que des enfants souffrent et que leur éducation ne peut être assurée normalement. Leur avenir est déjà compromis, on leur a volé leur enfance.

Comme cette question a été traitée par un certain nombre d’orateurs avant moi, j’aimerais m’attarder ici sur un sujet qui a fait réagir très rapidement notre comité. C’est un sujet qui concerne également mes collègues sénateurs. Il s’agit d’une manipulation entamée par le régime iranien dans les parlements des pays démocratiques en invitant un certain nombre de parlementaires à visiter l’Iran. Bien évidemment une visite guidée avec une série de rencontres, avec des autorités au menu, et ensuite faire croire qu’il y a eu une ouverture dans le pays. Alors qu’il n’y a aucune évolution concrète dans le domaine des droits humains.

J’aimerais ici donner lecture du communiqué de notre comité diffusé à cet égard à la mi-décembre dernier :
Le comité parlementaire pour un Iran démocratique a pris connaissance de projets de déplacement en Iran de parlementaires français qui interviendraient suite à l’accord intérimaire de Genève sur le programme nucléaire iranien. L’accord intérimaire sur le programme nucléaire iranien constitue une avancée réelle, sérieuse sous la réserve expresse de sa mise en application effective pour empêcher le régime théocratique iranien de disposer de l’arme nucléaire et pour empêcher la prolifération nucléaire. Il appartient au gouvernement français et à la communauté internationale de s’assurer de son strict respect par le gouvernement iranien.

Pour autant rien ne permet aujourd’hui de considérer que cet accord imposé à l’Iran par la communauté internationale s’inscrit dans un processus d’ouverture du régime actuel. Bien au contraire, après l’élection présidentielle de juin 2013, le pouvoir iranien multiplie les violations graves et massives des droits de l’homme et continu de soutenir et de parrainer les activités de nature terroriste sur le plan international comme de s’ingérer dans les affaires des pays du Proche et du Moyen-Orient.

Ainsi Amnesty international a récemment fait le bilan des exécutions intervenues en Iran en 2013, soit 592 pendaisons, dont près de 400 sous la présidence de Rohani. Dès lors les visites de parlementaires français à l’initiative ou à l’invitation du pouvoir iranien, qu’elles viennent de la présidence et gouvernement, ou qu’elle vienne dans le cas de l’espèce du parlement iranien, posent problème dès lors qu’elles ne sont soumises à aucune considération préalable. Elles seront en effet instrumentalisées au profit d’un pouvoir qui n’a pas changé de nature ni de pratiques, et qui ne présente aujourd’hui aucun des gages de respectabilité sur le plan international.

Le Comité parlementaire pour un Iran démocratique rappelle donc les termes de la résolution de l’assemblée générale de l’ONU du 19 novembre dernier, demandant au gouvernement de la république islamique d’Iran de répondre aux graves préoccupations exprimées par les rapports du Secrétaire général et notamment d’éliminer dans la législation et dans la pratique l’amputation, la flagellation, l’aveuglement, les formes de torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, d’abolir dans a législation et dans la pratique, les exécutions publiques et autres exécutions pratiquées au mépris de garanties reconnues au niveau international, y compris la lapidation et la strangulation par pendaison.

Dès lors que des parlementaires français se rendraient en Iran dans les prochaines semaines ou les prochains mois, et sauf à servir uniquement de caution à un régime théocratique et dictatorial, ils devraient s’assurer au préalable des conditions de leur séjour et notamment de leur liberté de mouvement et des contacts qu’ils souhaiteraient avoir et exprimés des positions claires et fermes sur des questions touchant aux droits de l’homme, je préfère moi exprimer les droits humains, dans le sens adopté par l’Assemblée générale des Nations unies.

Pour conclure, Madame la Présidente, Maryam, j’ai commencé la lecture de votre livre. Je veux dire à quel point la démarche des femmes iraniennes me touche profondément. En effet partout dans le monde et dans quasiment toutes les religions, les femmes sont appelées à être soumises. Or la démocratie ne peut émerger là où les droits des hommes et des femmes ne sont pas égaux. En ce moment, à l’Assemblée nationale, ici en France, est en débat une loi pour que ces droits soient effectifs dans notre pays. C’est aussi un moyen de vous soutenir. Être présente à vos côtés est la moindre des choses, tant votre engagement est fort et courageux pour l’émanation de la démocratie rien. Puisse l’expression de cette conférence et celle que nous avons eue à l’Assemblée nationale être entendue et permettent pour un Iran démocratique de devenir une réalité au plus vite, et en 2014.

Enfin a été exprimé ici, bien sûr, le fait que la prolifération de l’arme atomique ne devait pas émerger en Iran. J’interpellerai ici sur un certain pragmatisme. Il faudra penser au désarmement nucléaire partout dans le monde. Ce serait le meilleur moyen d’assurer la paix durable. Parce qu’enfin, l’histoire a été rappelée ici. Ce que nous voyons en Iran et dans d’autre dictature, nous prouve qu’on peut être en démocratie aujourd’hui et sous une dictature demain. Alors face aux dictatures, la résistance est le meilleur moyen d’interpeler la communauté internationale pour les droits des peuples. C’est vrai en Iran et le Comité parlementaire pour un Iran démocratique au côté du Comité français pour un Iran démocratique et au nom du peuple français y pourvoira et continuera à vous soutenir.

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