jeudi, décembre 8, 2022
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Une décision qui rend justice à la cause iranienne et à l’OMPI – Sid Ahmed Ghozali

CNRI  – « Il y va de la crédibilité des gouvernements occidentaux. C’est une opportunité formidable pour elle d’effacer la mauvaise image, la terrible image que nous avons eue en 2003, de rendre justice sur le plan politique et moral, c’est-à-dire de déployer tous leurs efforts maintenant pour sauver Achraf d’un nouveau désastre », a déclaré Sid Ahmed Ghozali à Paris le 18 mai.

L’ancien premier ministre algérien s’exprimait à la Maison de la Chimie lors d’une conférence de soutien à la Résistance iranienne. En effet une majorité de députés de toutes les tendances politiques parlementaires appelle le gouvernement français à reconnaître la résistance contre la dictature religieuse en Iran et à envisager d’établir un dialogue avec le Conseil national de la Résistance iranienne.

La conférence tenue à l’initiative du Comité parlementaire pour un Iran laïc et démocratique a réuni pour l’occasion de nombreux députés, Mme Radjavi, présidente élue de la résistance iranienne, Me Henri Leclerc, avocat émérite et président d’honneur de la Ligue des droits de l’homme, Jacques Attali, économiste, écrivain et ancien conseiller de François Mitterrand, Aude de Thuin, créatrice du Women’s Forum, François Colcombet magistrat et ancien député, et Marzieh Babakhani, une réfugiée iranienne qui a survécu à son immolation par le feu au lendemain du 17 juin2003. Elle a été longuement applaudie par une salle debout après son témoignage bouleversant sur cette décision qu’elle « ne regrette pas ».

Voici l’intervention de M. Ghozali :

Nous sommes tous des êtres humains donc par définition des créatures imparfaites, et en chacun de nous il y a le meilleur et le pire. Je crois que le secret d’une vie, que ce soit sur le plan individuel, sur le plan des États, réside dans notre capacité à réprimer autant que possible ce qu’il y a de pire en nous et à montrer et développer ce qu’il y a de meilleur en nous.

La décision de justice qui vient d’être prise en France, dans ce pays des droits de l’homme, est une manière de montrer le meilleur visage de la France. Ce n’est pas la première fois qu’il advient qu’en France, on montre le meilleur visage de la France.

Pour ne remonter qu’au début des années 1980, lorsque le président de la République française a accordé l’asile à la résistance iranienne.

Ce n’est pas la première fois, pas la deuxième, c’est la énième fois que les membres de la société politique en France, au niveau des élus du peuple, au niveau national comme des communes, au niveau du travail admirable des avocats, et parallèlement à quelque chose de similaire qui se passe dans les pays européens et aux États-Unis d’Amérique, c’est grâce à vous que la résistance iranienne enregistre une nouvelle victoire.

Je rends hommage à cette décision qui rend justice à la cause iranienne et à l’OMPI. Mais elle lui rend justice sur le plan du droit. Il reste à rendre justice sur le plan politique et sur le plan moral. Car comme je l’ai dit des êtres humains, il en est de même des États. En 2003, la France a montré ce qu’il y avait de pire en elle à travers la rafle et tous les préjudices qui en ont résulté.

Alors je voudrais résumer mon discours à deux points. Je suis venu moi aussi, comme Me Leclerc, à qui je rends hommage pour la énième fois parce qu’il incarne ici, il représente tous ses collègues qui ont travaillé depuis dix ans en faveur de la cause iranienne.

C’est une occasion… je n’ai pas à dicter au gouvernement français et au gouvernement des États-Unis leur ligne de conduite. De quel droit le ferais-je ? Mais je leur dis que j’ai à la fois le cœur plein de joie pour cette décision mais aussi, parallèlement, plein d’inquiétude. Plus que jamais, je suis inquiet sur le sort de la population d’Achraf.

Vous avez tous à juste titre évoqué la révolution arabe. Nous avons tous remarqué, aussi bien au niveau du Conseil de sécurité de l’ONU qu’au niveau des principaux acteurs des intervenants, c’est-à-dire des États-Unis d’Amérique et de la France, le seul argument et le seul objectif affiché de leur intervention, c’était la protection des populations.

Ce que nous avons vu en avril dernier à Achraf, c’est-à-dire des blindés avec des armes lourdes fonçant sur une population aux mains nues, la mitraillant, causant 35 morts et des centaines de blessés.

Ce que nous avons vu aussi, ce n’est pas comparable… ne sont-ce pas là des populations qui non seulement ont été menacés mais qui ont été écrasées ?

Il y va donc de la crédibilité des gouvernements occidentaux. C’est une opportunité formidable pour elle d’effacer la mauvaise image, la terrible image que nous avons eue en 2003, de rendre justice sur le plan politique et moral, c’est-à-dire de déployer tous leurs efforts maintenant pour sauver Achraf d’un nouveau désastre.
Maintenant, ils sont responsables. S’ils ne font rien, ils sont responsables de ce qui pourrait advenir, à dieu ne plaise, car plus la résistance iranienne enregistre des succès, comme ce fut le cas à Londres il y a trois ans auprès de la cour européenne, plus le régime iranien s’acharnera à procéder à une opération d’éradication. Le temps presse.

Il y va de vies humaines, de vies de résistants, il y va aussi de la cohérence des gouvernements occidentaux, notamment dans les motifs qu’ils donnent de leur intervention dans les révolutions arabes.
Je vous remercie.

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