CNRI – Un séminaire sest déroulé le 23 janvier au Club de la Presse à Genève pour défendre le droit d’asile politique des Moudjahidine du peuple de la Cité d’Achraf en Irak.
Ceséminaire accueillait de nombreux députés du parlement Fédéral suisse et du Grand Conseil de Genève ainsi que des juristes et défenseurs des droits de l’homme suisses et de pays européens :
Christian Grobet, juriste suisse de premier plan et ancien président du Grand conseil de Genève, présidait ce séminaire. Cette conférence a pour but dattirer l’attention sur la situation inquiétante de 3500 membres des Moudjahidine du peuple de la Cité d’Achraf en Iran, a-t-il déclaré dans son introduction.
Evoquant les violations des droits de l’homme en Iran, la torture, les exécutions, il a rappelé que les Moudjahidine du peuple se battent pour la liberté en Iran, comme les mouvements de résistance durant la deuxième guerre mondiale. La résistance des Moudjahidine du peuple est aussi légitime que la nôtre. Ce sont des pacifistes qui ont dû quitter leur pays à cause de l’oppression du régime iranien.
Luc Barthassat, député démocrate-chrétien du parlement Fédéral suisse a commencé son intervention par la situation des résidents de la cité d’Achraf. Cela fait six mois quun ultimatum pour extrader les résidents d’Achraf a été lancé, a-t-il dit. Or ils résident légalement en Irak depuis plus de vingt ans. La question est de savoir quel sort est réservé à ces 3500 personnes ? La situation est urgente, a-t-il souligné. Quelle sera la position du Haut Commissariat des Réfugiés et les autres organisations internationales. Nous voulons nous occuper de cette situation. Le silence et l’inaction sont inacceptables et les organisations internationales sont responsables de la sécurité des Moudjahidine d’Achraf.
Prenant la parole, Elisabeth Chatelain, membre du Grand Conseil du Canton de Genève, a annoncé son soutien au sit-in mené à Genève devant le HCR par les proches et les parents des résistants de la Cité dAchraf depuis plus de 176 jours. Elle a ensuite rappelé que 25.000 genevois avaient signé une pétition en faveur des résistants dAchraf, dont elle a lu le texte.
Ce fut ensuite au tour dAli Safavi, membre de la commission des affaires étrangères du CNRI de prendre la parole. Soulignant que les Moudjahidine du peuple bénéficient depuis 20 ans du statut de réfugiés politiques en Irak, il a estimé que le « silence et linaction face à la situation des Moudjahidine du peuple à Achraf laissent les mains libres au régime des mollahs et à ses agents dans le gouvernement irakien pour exercer des pressions sur les résistants dAchraf ».
Dans son intervention, le pasteur Daniel Neeser, de lEglise protestante de Genève, a espéré voir bientôt la fin des souffrances de la population iranienne sous la dictature religieuse et linstauration de la démocratie dans ce pays. Il a rappelé que cétait aussi un vu de lAbbé Pierre lors de sa dernière rencontre le 23 décembre 2006 avec Maryam Radjavi, la présidente élue de la Résistance iranienne. Il a jugé normal de partager les vux de cette grande figure de la solidarité.
Bente Kraugerud, avocate en Norvège de familles des Moudjahidine, a pris la parole pour souligner que devant la loi les Moudjahidine dAchraf bénéficiaient du statut de réfugiés politiques depuis vingt ans et que leur présence en Irak était tout à fait légale. Elle a dénoncé les menaces dexpulsion dIrak dont ils sont victimes. Elle a appelé le HCR et la Croix-Rouge à prendre toutes les mesures nécessaires pour éviter cette expulsion.
Elle a été confortée dans sa position par le juriste Philippe Chansay Wilmotte. Voilà près de vingt ans que lIrak abrite sur son territoire ces combattants iraniens, a-t-il dit. Ces Iraniens sont membres dune véritable résistance comme celle qua connue lEurope durant la seconde guerre mondiale. Ils sont protégés par la Convention de Genève, a-t-il précisé. Après la chute de lancien régime irakien, les mollahs ont pris pied dans ce pays. Le premier ministre irakien qui est soutenu par le régime iranien, a-t-il estimé, a demandé que les résistants iraniens soient expulsés dIrak ou quils soient livrés au pouvoir iranien.
Le juriste belge Emmanuel Gueulette a estimé quant à lui que le problème des Moudjahidine du peuple était plus politique que juridique. Le mois dernier, a-t-il rappelé, ils ont remporté une grande victoire à la Cour de justice européenne qui change beaucoup de choses. Ils étaient considérés comme des terroristes, et ce jugement de la cour européenne a montré que cette étiquette navait aucun fondement. Cette victoire ne se limite pas aux Moudjahidine du peuple et lUnion européenne se retrouve face à un problème. Il a conclu son intervention en disant quil fallait transformer ce sujet en affaire juridique pour mettre lensemble des organes internationaux face à leurs responsabilités.

