mardi, décembre 6, 2022
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Un nouveau dictateur pousse l’Irak au bord de l’éclatement

Par l’UE Parlementaire Struan Stevenson

Thehill.com, 30 décembre – L’arrestation violente en Irak d’un important député sunnite – Ahmed al – Alwani – marque une nouvelle étape dans la chute rapide de ce pays dans l’anarchie et la guerre civile confessionnelle. Alwani est le président de l’importante commission des affaires économiques du parlement irakien. Plus encore, il est également l’un des principaux critiques du Premier ministre Nouri al-Maliki et un adversaire farouche de la propagation de l’influence iranienne en Irak. Il a dirigé des manifestations récentes à Ramadi contre la répression confessionnelle menée par le gouvernement à majorité chiite et a écrit à la Haute Représentante de l’UE pour les affaires étrangères – Catherine Ashton – déplorant la situation épouvantable des droits humains en Irak, citant le massacre des opposants iraniens sans défense dans un camp de réfugiés près de Bagdad comme preuve de la domination pernicieuse de Maliki. La réaction presque inévitable du Premier ministre de plus en plus despotique a été une fausse accusation de terrorisme contre Alwani et un important contingent de soldats lourdement armés, avec 50 véhicules blindés et un hélicoptère de l’armée qui ont été envoyés pour l’arrêter à son domicile dans un village de la province d’Anbar, à l’aube du samedi 28 décembre . Le carnage qui a suivi a vu le frère d’Alwani et 8 autres membres de la famille et des gardes du corps abattus et le député lui-même traîné dans une prison de Bagdad.

L’immunité d’Alwani contre les poursuites en tant que député irakien a été commodément ignorée par Maliki, pour qui les accusations de terrorisme l’emportent sur les subtilités constitutionnelles. Cela devient une routine pour le Premier ministre irakien. Il y a presque exactement un an, le ministre irakien sunnite des Finances– Rafi’i al-Issawi – avait vu son domicile et ses bureaux ciblés par un raid des forces de sécurité. 150 de ses gardes du corps et de ses personnels avaient été arrêtés sur des accusations de terrorisme, déclenchant des protestations généralisées et des démonstrations dans les six provinces majoritairement sunnites du pays. Cet événement a suivi la tentative d’arrestation du vice-président irakien Tariq al-Hachemi, le lendemain du retrait des troupes américaines de l’Irak le 19 décembre 2011. Hachemi, le plus haut sunnite du gouvernement irakien, a également été un critique féroce de Maliki et un adversaire de l’ingérence iranienne en Irak. Ses 13 gardes du corps ont été arrêtés, torturés et condamnés à mort. Hachemi a été condamné à mort par contumace pas moins de cinq fois et vit aujourd’hui en exil en Turquie.

La répression des dirigeants politiques sunnites par le Premier ministre ouvertement chiite semble suivre un plan clair. Chaque fois que Maliki va à Téhéran, il reçoit des instructions de son marionnettiste l’ayatollah Khamenei. Il y a toujours un ordre d’arrestation d’un autre dirigeant politique sunnite quand il revient à Bagdad. Il lance presque toujours une attaque militaire sur les 3.000 réfugiés Moudjahidine -e-Khalq (OMPI), détenus dans un camp de prisonniers près de Bagdad. L’OMPI est crainte et détestée par le régime iranien comme sa principale opposition politique et les mollahs ont exigé à plusieurs reprises du premier ministre irakien de les anéantir. Jusqu’à présent, les agressions sanglantes des forces irakiennes ont fait plus de 130 décès parmi ces hommes et femmes sans défense, dans des massacres armées répétés et des tirs de roquettes. Sept otages, dont six femmes, ont été enlevés par des équipes d’intervention SWAT irakiennes le 1er septembre et sont toujours détenus dans des lieux secrets à Bagdad. L’un des otages a été tué en détention en Irak, ont rapporté la semaine dernière les médias iraniens. Les États-Unis, l’UE et l’ONU qui ont signé de protéger ces personnes en Irak, refusent d’intervenir.

L’attaque la plus récente contre l’Ompi a eu lieu le 27 décembre quelques jours seulement après le retour de Maliki d’une visite à Téhéran. Trois réfugiés ont été tués et 71 blessés dans une pluie de dizaines de roquettes Katioucha et de missiles sol- sol sur le camp Liberty, près de l’aéroport de Bagdad. Le gouvernement irakien a quant à lui empêché les 3000 réfugiés de l’OMPI de prendre livraison de leurs casques et gilets blindés, qui ont été laissés dans leur foyer précédent, le camp d’Achraf. Plus de 17 500 murs en T de protection en béton ont été délibérément démantelés par les forces irakiennes, pour s’assurer que les 3000 réfugiés seront victimes de futures agressions sanglantes. Inquiétant et agissant clairement en sur les instructions de Téhéran , Maliki a permis la libre circulation du personnel et des équipements militaires iraniens et le Hezbollah à travers l’Irak pour renforcer la dictature de Bachar Al -Assad dans la Syrie voisine.

La contrepartie de la soumission servile de Maliki à la demande des mollahs sera le soutien iranien à sa réélection pour un troisième mandat de Premier ministre en Irak. Les élections sont prévues le 30 avril, bien que l’insurrection croissante, les conflits sectaires, les violations des droits de l’homme, la corruption, la torture, les prisons secrètes et les exécutions de masse annoncent la défaite de Maliki, à moins que, comme il est plus que probable, lui et ses alliés iraniens orchestrent une fraude électorale massive. L’Occident, quant à lui, qui a stupidement appuyé Maliki, se tient impuissant sur le banc de touche alors que l’Irak s’enfonce dans la guerre civile. Il est temps que les États-Unis, l’UE et l’ONU retrouvent leur courage collectif. Ils ont maladroitement donné naissance à une nouvelle dictature en Irak et se tordent les mains frustrés du fait que ce pays devienne un Etat en faillite, avec l’Iran qui s’apprête à en être l’unique bénéficiaire.

Struan Stevenson est eurodéputé conservateur écossais et président de la délégation du Parlement européen pour les relations avec l’Irak.

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