AccueilActualitésActualités: Iran RésistanceUn livre témoin de l’histoire des droits de l’homme en Iran

Un livre témoin de l’histoire des droits de l’homme en Iran

CNRI – Pour la Journée internationale des Droits de l’homme le 10 décembre, Maryam Radjavi, présidente élue de la Résistance iranienne, a adressé le message suivant à l’inauguration d’une exposition sur la situation des droits de l’homme en Iran. Organisée dans la ville de Taverny dans le Val d’Oise, la manifestation a vu l’intervention de nombreuses personnalités comme Jean-Pierre Béquet le maire d’Auvers-sur-Oise, Mouloud Aounit, le président du MRAP, Mgr Jacques Gaillot, le Cheikh Ali Al Chemari coordinateur général des conseil des tribus irakienne, Serge Lecalvez du bureau national de la LDH ou encore le bâtonnier Gilles Paruelle.

CNRI – Pour la Journée internationale des Droits de l’homme le 10 décembre, Maryam Radjavi, présidente élue de la Résistance iranienne, a adressé le message suivant à l’inauguration d’une exposition sur la situation des droits de l’homme en Iran. Organisée dans la ville de Taverny dans le Val d’Oise, la manifestation a vu l’intervention de nombreuses personnalités comme Jean-Pierre Béquet le maire d’Auvers-sur-Oise, Mouloud Aounit, le président du MRAP, Mgr Jacques Gaillot, le Cheikh Ali Al Chemari coordinateur général des conseil des tribus irakienne, Serge Lecalvez du bureau national de la LDHou encore le bâtonnier Gilles Paruelle.

Le message de Maryam Radjavi a été lu par Mme Chahrzad Sadr.

Mesdames et Messieurs,

Je salue tous ceux et toutes celles qui sont présents aujourd’hui, les experts et les représentants des associations de défense des droits de l’homme. Je vous remercie toutes et tous de l’attention que vous portez aux problèmes en Iran.

Je voudrais pour commencer vous présenter un livre qui dira plus de choses sur la situation des droits de l’homme en Iran que tout autre document. C’est un livre qui regroupe les noms de 20.000 membres des Moudjahidine du peuple, le principal mouvement de la Résistance iranienne, exécutés par le régime des mollahs. Le nombre total des exécutions politiques se monte à 120.000 mais à cause de la répression cruelle, seul un sixième de ces noms a pu être recueillis, comme ceux de milliers d’étudiants, de lycéens, de médecins, d’artistes et de champions sportifs. On trouve dans ce livre les noms de 681 personnes mortes sous la torture et les noms de 62 femmes enceintes fusillées.

Le professeur Kazem Radjavi, grand martyr des droits de l’homme, assassiné à Genève par les diplomates terroristes des mollahs, avait dit que nous écrivons l’histoire des droits de l’homme en Iran avec notre sang. Ce livre est donc l’histoire des droits de l’homme en Iran. Des droits piétinés, blessés, ensanglantés. Il témoigne en même temps du refus d’une nation de se soumettre au fascisme religieux.

Depuis que les mollahs ont déclaré la guerre aux Iraniens et à la communauté internationale en mettant au pouvoir Ahmadinejad, les violations des droits de l’homme se sont multipliées dans tous les domaines. Durant cette période, nous avons assisté à une nouvelle vague d’exécutions de prisonniers politiques. D’autres détenus politiques ont été exécutés clandestinement et un grand nombre d’entre eux sont condamnés à mort.

De même, des milliers de personnes ont été arrêtées pour des raisons politiques. Actuellement 500 étudiants se trouvent dans les prisons de Téhéran. Récemment, les militants des droits de l’homme ont publié un rapport indiquant qu’il y a 450 condamnés à mort dans les prisons.

Les lapidations continuent malgré le moratoire annoncé par les mollahs. Il y a peu, les noms de 9 femmes et de 2 hommes condamnés à la lapidation ont été révélés.

Un autre crime qui indigne le monde, c’est l’exécution des adolescents, des mineurs de moins de 18 ans. En 2005, huit cas d’exécutions d’adolescents ont été enregistrés dans le monde et les huit se sont passés en Iran. Il y a 30 jeunes actuellement qui attendent la mort dans les prisons du régime.

Les mollahs ont tiré une leçon de la chute du chah. Ils répriment cruellement les manifestations et les protestations dans la rue et massacrent par dizaines les manifestants. Notamment 62 de mes compatriotes arabes dans la province du Khouzistan en avril 2005, 25 personnes dans les villes du Kurdistan d’Iran durant les mois de juillet et d’août 2005, et 15 personnes dans la ville de Naghadeh, dans le nord-ouest du pays en juin 2006.

Malheureusement face à ce bain de sang continu en Iran aucune protestation ne s’est élevée dans le monde. L’intensification de la répression s’est aussi traduite par la mise en place de neuf nouveaux organes de répression, notamment des forces de police spéciales pour les écoles, les universités, le métro, les quartiers et même la montagne, l’installation de caméras pour surveiller les étudiants dans certaines universités, une vaste purge de professeurs d’universités la fermeture de dizaines de journaux et la saisie d’antennes satellites.

A l’appui de milliers de documents et de témoins, nous pouvons prouver qu’aujourd’hui ce régime est en tête des violateurs des droits de l’homme. C’est un régime qui, comme l’ont précisé plusieurs fois ses dirigeants, n’a jamais accepté la Déclaration universelle des droits de l’Homme, et a piétiné un à un ses trente articles. C’est un régime qui ne reconnaît pas la convention interdisant la torture, la convention interdisant les massacres et qui n’accorde aucune valeur aux accords internationaux sur les droits des détenus. Un régime dont les lois principales servent à réprimer la population et sous lequel les violations des droits de l’homme sont des lois.

Par conséquent il faut se demander : jusqu’à quand les accords économiques et pétroliers trempés dans le sang et la mort auront-ils la priorité sur les droits de l’homme en Iran ?

Mon discours est la voix de la douleur et de la souffrance de centaines de milliers de familles iraniennes persécutées. Moi je ressens ces souffrances de tout mon cœur et de tout mon être. D’autant plus que six membres de ma famille ont été exécutés par les dictatures du chah et de Khomeiny. En Iran, il y a énormément de familles dont le nombre de victimes est beaucoup plus élevé. Dans ce livre, on en trouve 410 familles dont au moins trois enfants ont été exécutés par le régime des mollahs. C’est en leur nom que je demande jusqu’à quand les Iraniens doivent-ils accepter de payer le prix des marchandages de l’occident avec les exécutions quotidiennes de leurs enfants ?

La Résistance iranienne est fière d’avoir fait de la défense des valeurs humaines son plus grand devoir face à ce régime sanguinaire et dans les conditions les plus difficiles.

Avant d’être un courant politique, le mouvement de la Résistance iranienne est un mouvement humaniste fondé sur la liberté et le facteur humain. C’est cet amour des êtres et de leur libération qui fait le dynamisme de notre mouvement. Sous le régime des mollahs, la générosité, et le respect de la vie humaine ont perdu leur valeur. Nous estimons de notre devoir de défendre ces valeurs qui se trouvent dans la renaissance de l’essence humaine.

C’est pourquoi, au nom de la Résistance iranienne, je déclare ici nos positions et notre attachement à la défense des droits élémentaires :

1-  les droits de l’homme sont universels et indivisibles.

2-  Nous pensons que dans l’Iran de demain les droits naturels et inviolables de chaque Iranien sont le droit à la vie, à la liberté et à la sécurité.

3- Nous croyons dans l’égalité de tous les êtres et nous rejetons toutes les discriminations, notamment sexuelles, religieuses, raciales et ethniques. Les femmes auront des droits égaux aux hommes dans le domaine de l’héritage, du témoignage, de la tutelle, du divorce et de toutes les affaires et plus rien n’interdira aux femmes d’accéder à la magistrature ou à d’autre fonction d’Etat ou de la société civile.

4- De notre point de vue, il est indispensable de reconnaître les libertés individuelles comme la liberté d’expression, de vêtement, de mariage, de profession et de déplacement sans aucune restriction ethnique, nationale ou religieuse. L’ingérence dans la vie privée, familiale et le courrier ainsi que la violation de la dignité des personnes seront totalement supprimées.

5- Nous défendons la liberté d’opinion et de culte. Dans l’Iran de demain, personne à cause de ses convictions ou de ses non convictions dans les idées et la religion en place, ne sera privé de ses droits et libertés.

6- Nous nous engageons à respecter les conventions et les pactes internationaux, notamment la Déclaration universelle des droits de l’Homme, le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, la convention contre la torture, la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide, la Convention sur l’élimination de toutes les formes discrimination à l’égard des femmes, la Convention internationale des droits de l’enfant, et la convention de Genève de 1951 sur le droit d’asile.

7- Contrairement aux mollahs qui donnent à l’islam une image de bain de sang et de férocité, nous pensons que l’islam est une religion d’amnistie, de bonté et de pardon. Et  nous suivons l’enseignement du Coran qui dit que tuer un être humain revient à tuer l’humanité toute entière.

8- Dans l’Iran libre de demain, nous défendrons l’abolition de la peine de mort. C’est là notre réponse à la sauvagerie et au sang versé par les mollahs au pouvoir en Iran.

9-  La torture, tout comme les châtiment cruels et dégradants, seront interdits sous n’importe quel prétexte, notamment au nom de la religion.

10-  La justice dans l’Iran de demain, sera un système unifié, fondé sur le principe de la présomption d’innocence, le droit à la défense, le droit de faire appel, le droit à la justice et le droit à un procès public en présence d’un jury populaire, où sera garanti l’absence de discrimination dans le jugement, l’indépendance totale du juge et du barreau des avocats.

Mesdames et Messieurs,

Je suis convaincu que ce sont ces valeurs humaines qui vaincront l’ennemi de l’humanité, la bête immonde de l’intégrisme. J’appelle dans cette voie, tous les défenseurs de la liberté et des droits de l’homme, à nous venir en aide. Nous demandons à la communauté internationale et particulièrement aux pays occidentaux, de donner la priorité aux droits de l’homme dans toutes leurs relations avec le régime iranien.

Les droits de l’homme en Iran ne doivent pas être sacrifiés sur l’autel des marchandages politiques et économiques. Nous demandons que les dirigeants de ce régime soient traduits devant un tribunal international pour leurs crimes contre l’humanité, notamment le massacre de 30.000 prisonniers politiques.

Aujourd’hui, l’étiquette de terroriste que les Etats-Unis et l’Union européenne ont injustement collée à la force principale de cette résistance – les Moudjahidine du peuple d’Iran – s’est transformée en soutien au régime des mollahs pour continuer leurs violations des droits de l’homme et l’exécution des résistants. Nous demandons aux Etats-Unis et à l’Union européenne de mettre fin au plus vite à cette étiquette injuste.

Actuellement le régime iranien avec ses crimes, ses complots terroristes et ses pressions politiques à une vaste échelle essaie de violer le droit d’asile dont les Moudjahidine du peuple de la Cité d’Achraf bénéficient depuis vingt ans. Il tente de faire disparaître la Cité d’Achraf et de mettre fin à la présence des Moudjahidine du peuple en Irak. Mais le problème de la Cité d’Achraf est un problème humanitaire concernant les droits de l’homme, les conventions internationales et le droit d’asile. C’est pourquoi les organisations internationales, particulièrement le Haut Commissariat pour les Réfugiés et le Comité international de la Croix-Rouge, ont une lourde responsabilité. Toute négligence ou toute faute de leur part pourrait conduire à une catastrophe irréparable.

Les complots du régime iranien pour le déplacement forcé des résidents d’Achraf sont une violation de leurs droits les plus élémentaires. Aujourd’hui, défendre Achraf, c’est défendre l’humanité, la Déclaration universelle des droits de l’Homme et les droits élémentaires du peuple iranien.

Je vous appelle tous à soutenir les droits des résistants de la Cité d’Achraf, les membres des Moudjahidine du peuple d’Iran qui se trouvent en Irak comme réfugiés politiques et qui sont protégés par la Quatrième Convention de Genève.

Mesdames et Messieurs,

Au tout début, je vous ai dit qu’il s’agissait du recueil de l’histoire des droits de l’homme en Iran. Je suis venue aujourd’hui vous offrir ce livre et je voudrais ajouter que cet ouvrage certifie la chute de la dictature religieuse. Malgré tous les crimes des mollahs et toutes les aides, les accords et les marchandages, quand un peuple ne se soumet pas et paye un prix aussi élevé, il ne fait aucun doute qu’il gagnera sa liberté.

Je vous remercie.