mercredi, février 8, 2023
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Un dialogue Iran-USA à un niveau plus élevé pas à l’ordre du jour

Agence France Presse – L’Iran qui s’était dit prêt mercredi à envisager une élévation de leur dialogue sur l’Irak avec les Etats-Unis au niveau des vice-ministres des Affaires étrangères a abandonné l’idée quelques heures plus tard après s’être vu opposer une fin de non-recevoir de Washington.

Le ministre iranien des Affaires étrangères Manouchehr Mottaki avait déclaré mercredi matin à la sortie du Conseil des ministres à Téhéran que "la question de discussions au niveau des vice-ministres des Affaires étrangères des deux pays à propos de l’Irak pouvait être examinée".
 
Ces déclarations étaient formulées au lendemain d’une rencontre entre les ambassadeurs des deux pays à Bagdad qui confirmait la reprise des échanges officiels gelés pendant 27 ans.
 
Le ministre iranien, cité par l’agence officielle Irna, avait ajouté que Téhéran était prêt à étudier la possibilité de porter le dialogue au niveau vice-ministériel "si les Etats-Unis en faisaient la demande".

Mais Washington, qui accuse l’Iran de continuer d’alimenter les violences en Irak et de ne constater aucun progrès sur le terrain, a rejeté dans la journée l’ouverture de Téhéran.

"Je ne vois pas cela se produire à l’heure actuelle", a déclaré le porte-parole du département d’Etat, Sean McCormack.

Les Etats-Unis "ont déjà établi un canal diplomatique" par le biais de leur ambassadeur à Bagdad, Ryan Crocker, a rappelé M. McCormack.

Placé devant ce rejet, M. Mottaki a déclaré qu’"élever le niveau des discussions n’était pas à l’ordre du jour".

La rencontre des ambassadeurs Hassan Kazemi Qomi et Crocker était la deuxième à ce niveau depuis la rupture des relations diplomatiques entre les deux pays en 1980, provoquée par la prise d’otages à l’ambassade des Etats-Unis à Téhéran.

Comme la première, le 28 mai, elle n’a pas permis de s’entendre sur les moyens de rétablir la sécurité en Irak, en proie à des violences intercommunautaires meurtrières et où une insurrection s’attaque régulièrement aux soldats américains déployés depuis l’invasion de 2003.

L’armée américaine accuse régulièrement des groupes liés à l’Iran d’entraîner des mouvements extrémistes irakiens et de leur fournir des armes capables de percer les blindés. Téhéran a toujours démenti.

Le seul résultat de la rencontre de mardi a été, selon des responsables irakiens, d’évoquer la création d’un comité tripartite de sécurité (USA, Iran, Irak).

Ce comité tentera de limiter les activités des milices, de lutter contre le réseau Al-Qaïda et d’instaurer la sécurité aux frontières, sans toutefois faire référence aux milices chiites extrémistes que Washington accuse l’Iran de soutenir.

M. McCormack, le porte-parole du département d’Etat, a précisé que les Etats-Unis examinaient l’idée de la création de ce comité, qui se situerait "en fait à un niveau plus bas" que celui des ambassadeurs, au niveau de techniciens.