mercredi, février 8, 2023
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Un célèbre prisonnier politique réagit aux aveux de l’ancien ministre du VEVAK sur le massacre de 1988

Un célèbre prisonnier politique réagit aux aveux de l’ancien ministre du VEVAK sur le massacre de 1988

CNRI – A la suite des propos tenus par Ali Fallahian, ancien ministre iranien du Renseignement (VEVAK), avouant les crimes du régime dans les années 1980, le célèbre prisonnier politique Ali Moezzi a écrit une note politique intitulée « aveux inévitables d’un bourreau », dont voici la traduction :

Comme cela a été souligné dans l’interview de Fallahian, tous ceux qui ont soutenu l’OMPI dans les années 80, y compris les mineurs, les femmes enceintes, et ceux qui n’avaient fait que lire les journaux de l’OMPI ou leur apporter de la nourriture, ont faire l’objet d’exécutions massives. Le slogan des sbires de Khomeiny était alors : « nous ne tolérons aucun parti autre que le Hezbollah, aucun leader autre que Rouhollah (Khomeiny) ».

Six mois après la révolution, l’assassinat des sympathisants de l’OMPI avait commencé, de sorte que le 20 juin 1981, le nombre de personnes assassinées avait atteint les soixante-dix. Et le 20 Juin 1981, le régime a déclaré une guerre sans merci contre l’OMPI en autorisant ses agents à tirer sur les manifestants et à les exécuter dans les 24 heures suivant leur arrestation. Moussavi Tabrizi, le juge islamiste d’alors, a déclaré officiellement « il faut les tuer sans merci, même les blessés ( sur les lits d’hôpitaux) ». Alors que l’OMPI n’avait rien fait d’illégal à ce moment-là et tentait d’agir par des voies pacifiques, le régime funeste a déclenché une guerre civile contre le peuple iranien et les libertés fondamentaux.

Fallahian a déclaré que toute personne qui fournit de la nourriture aux membres de l’OMPI doit être exécutée. A ce sujet, voici un modèle typique des interrogatoires menées dans les années 80 :

« Interrogateur (alors qu’il est en train de battre l’accusé avec un câble haute-tension) : tu es condamné à mort.

Accusé: de quoi m’accuse-t-on ?

Interrogateur : tu as donné des coupons.

Accusé : alors quoi ? Dites-moi ce dont je suis accusé.

Interrogateur : tu as donné des coupons à l’organisation.

Accusé : Je ne sais rien à propos de l’organisation. J’ai donné des coupons à mon ami, qui en avait besoin. Maintenant faites-moi savoir ce dont je suis accusé ?

Interrogateur : tu l’apprendras dès que tu sera fusillé.

Accusé: Mais quoi, il a été mon ami intime. Si votre voisin a besoin de coupons alimentaires, ne lui en donnerez-vous pas un peu ? »

Ne savez-vous pas que parmi les charges qui pèsent contre nous les prisonniers actuels, il y a cette question : pourquoi vous nous avez filé entre les doigts dans les années 80 et n’avez pas été exécutés?

Khalkhali, ancien procureur du régime, avait dit une fois dans son allocution plénière au Parlement en 1981 : « ne vous en prenez pas tant à moi pour les exécutions. Nous sommes partisans de Khomeiny. Les exécutions que nous avons effectuées ont été basées sur l’ordre même de Khomeiny. »

(…) Lorsqu’en 2008 j’ai rendu visite à M. Montazeri (le dauphin de Khomeiny qui a démissionné pour protester contre les tueries) pour le remercier d’avoir envoyé son représentant à l’enterrement de mon feu père, il m’a dit avec une profonde tristesse : « Je te jure que ce n’était pas pour ce genre de République islamique que nous avions combattu ! » Et ensuite, essayant de soulager ma douleur, il a déclaré : « J’ai écrit une lettre aux responsables de la province de Kermanshah afin d’empêcher l’exécution de votre frère. Mais je ne sais quel vil individu les avait informés par téléphone au sujet de la lettre, leur demandant de se dépêcher. Et ils ont donc exécuté la sentence de votre frère le même soir. » A la fin de notre réunion, M. Montazeri m’a donné un de ses livres sur les droits de l’homme et ses derniers avis, puis a prié (…)

Ali Moezzi, Evine

Le 19 Juillet 2017