samedi, décembre 3, 2022
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éditoriale – L’élection en Iran, un tournant

ImageQuelques jours après la farce électorale en Iran, les mollahs se targuaient d’une participation énorme et les efforts pour appâter l’électeur dans les bureaux de vote ont tourné au ridicule.

Sur la base d’informations et de témoignages oculaires de ses observateurs dans 15.000 points de vote du pays, le principal groupe d’opposition iranien, les Moudjahidine du peuple, a estimé le taux de participation à moins de 10%.

Les luttes intestines cette semaine entre les factions rivales ont jeté la lumière sur les fraudes électorales. Les mollahs retors ont fait usage d’une panoplie de méthodes, notamment :

  • L’utilisation de 5 millions de carte d’identité de personnes décédées.
  • Le vote avec de fausses cartes d’identité

  • Le vote avec des passeports ou des certificats de naissance hors d’Iran pour permettre aux partisans des mollahs de voter deux fois.
  • Le versement de 15,5 millions de dollars à 300.00 membres de la milice paramilitaire du Bassidj pour voter en faveur d’un candidat particulier.
  • L’ingérence des pasdarans, du Bassidj, du guide suprême, de son fils et de son bureau.

Dans un article de la National Review, Michael Ledeen citait des informations du ministère de l’intérieur disant que sept millions, soit 14%, d’électeurs avaient voté.

Le boycott était si étendu que même quelques journalistes, connus pour leurs articles favorables au régime en place, ont reconnu que le taux de participation avait été plus bas qu’il y a quatre ou huit ans.

Un autre point majeur, c’est que les luttes internes ont aggravé le schisme au sommet, comme l’avait annoncé Mme Radjavi.

La crise est si profonde que les factions rivales se dénoncent les unes les autres. Le candidat battu et ancien président du parlement a accusé le Conseil des gardiens d’un « coup d’Etat ».  Il a démissionné de toutes ses fonctions pour protester contre l’ingérence du Corps des pasdarans et du fils de Khameneï dans le scrutin.

La faction de Khatami a parlé d’abus au niveau de la trésorerie et des ressources naturelles du pays pour faire du processus une « élection gérée ».

Il faut aussi se placer sous un autre angle. S’il subsistait encore un doute sur le fait qu’il s’agissait d’une mascarade, il est désormais clair comme de l’eau de roche que le choix se pose entre deux terroristes. Les Iraniens vont donc boycotter ce vote.

Le peuple iranien qui a fait dans sa chair et avec son sang l’expérience de ce régime ne tombera pas dans le piège des partisans de la complaisance qui les appellent à voter pour Rafsandjani contre l’intégrisme. Il ne s’agit pas ici de choisir entre un mal et un moindre mal. Le régime de Téhéran est un fléau dans sa totalité.

En tant que n°2 du régime et président huit années durant, Rafsandjani partage la responsabilité de l’exécution de 120.000 prisonniers politiques. Quant à Ahmadinejad, il a tiré des coups de grâce sur les mêmes prisonniers. Quand Rafsandjani ordonnait les assassinats des opposants à l’étranger, Ahmadinejad exécutait les ordres.

Rafsandjani a ordonné les meurtres en séries des intellectuels et des écrivains. Ahmadinejad et son complice, le funeste vice ministre des renseignements Saïd Emami, ont commis les crimes.

Rafsandjani et sa famille ont pillé des milliards de dollars de la richesse du pays alors que Ahmadinejad a empoché des centaines de millions de dollars à la mairie de Téhéran.

Ceux qui veulent toujours investir dans ce régime moribond font une erreur de calcul monumentale. Au lieu de chercher à persuader le peuple iranien d’accepter ce régime, ils devraient respecter les aspirations du peuple iranien.

Quel que soit le résultat de cette élection, le régime a commencé à vaciller.

Mohammad Mohadessine
Le président de la Commission des affaires étrangères
Le 23 juin 2005

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