
Alors que le régime iranien tentait d’orchestrer sa traditionnelle démonstration de force pour commémorer l’anniversaire de la révolution de 1979, le vernis du contrôle s’est fissuré en direct à la télévision d’État. Dans un contexte de société instable et de soulèvement national qui a débuté fin 2025, la dictature cléricale fait face à une crise de légitimité grandissante, illustrée par une humiliation médiatique lors d’une bourde à Zahedan et la recrudescence subséquente des opérations de résistance organisées à travers le pays.
Le scandale du slogan « Mort à Khamenei » à la télévision d’État
Lors du défilé organisé par l’État le 11 février 2026 (22 Bahman) à Zahedan, capitale de la province instable du Sistan-et-Baloutchistan, la machine de propagande du régime a subi un fiasco retentissant. Un reporter de la chaîne de télévision d’État, voulant relater un discours de loyauté envers le système, a diffusé par inadvertance la réalité des rues.
En direct, le reporter, pris de panique, a annoncé que la foule scandait « Mort à Khamenei ». Cette déclaration, qui a échappé aux slogans officiels habituels, a provoqué un véritable choc au sein du centre de diffusion local. L’incident a contraint le reporter à publier une vidéo d’excuses précipitée, qui n’a fait que souligner davantage l’insécurité du régime.
Dans sa déclaration vidéo, censée « rectifier » le récit, le journaliste s’en est pris violemment à l’opposition, reconnaissant involontairement le mépris généralisé du public envers les partisans du régime. Il a déploré que les « contre-révolutionnaires » accusent le régime d’utiliser « l’IA, des images d’archives » ou de soudoyer les manifestants avec des friandises gratuites pour remplir les rues. « Je voulais rendre compte de cette ferveur… malheureusement, un lapsus m’a échappé », a-t-il balbutié, tentant de présenter le slogan « Mort à Khamenei » comme un simple accident de langage plutôt que comme un lapsus révélateur de l’état d’esprit dominant du pays.
Inquiétudes face au pouvoir judiciaire : le procureur général menace les détenus
En réaction à la persistance des troubles, le pouvoir judiciaire du régime a intensifié ses menaces contre les manifestants arrêtés lors du récent soulèvement. Le 13 février 2026, le procureur général du régime, Mohammad Movahedi, a lancé un avertissement sans équivoque, indiquant que l’État n’entendait faire preuve d’aucune clémence envers ceux qui réclamaient le changement.
Mohammad Movahedi a déclaré explicitement qu’il n’y aurait « aucune indulgence » pour les détenus et a exigé que leur procès soit accéléré afin de prononcer rapidement leurs peines. Dans une manœuvre visant à ruiner financièrement les dissidents et leurs familles, il a également insisté pour que les « émeutiers » paient les « dommages » causés aux biens publics. Cette rhétorique reflète la crainte du régime face à la possibilité persistante de nouvelles manifestations de masse et son recours à l’exécution et à la ruine financière comme principaux outils de répression.
Situation sécuritaire instable : Un haut commandant de police tué
La fragilité du contrôle du régime sur la sécurité a été une nouvelle fois mise en évidence le 13 février 2026 par la mort d’un haut commandant de police à Ferdows, dans la province du Khorasan du Sud. Selon l’agence de presse officielle Fars, le colonel Mohammad Sane’i-pour a été tué lors d’un affrontement armé.
L’incident s’est produit lorsque la police a tenté de contrôler un véhicule sur l’un des principaux axes routiers de la ville. Le conducteur a ouvert le feu avec une arme de poing, blessant le colonel, qui est décédé plus tard à l’hôpital. Cet affrontement est symptomatique d’un effondrement plus général de l’autorité du régime, où les forces de sécurité sont de plus en plus vulnérables, même lors d’opérations de routine.
Unités de résistance de l’OMPI : La « ligne rouge » contre la dictature
Dans ce climat d’instabilité, l’opposition organisée a intensifié sa campagne politique. Le 13 février, les Unités de résistance affiliées à l’Organisation des Moudjahidines du peuple d’Iran (OMPI/MEK) à Zahedan ont mené des actions soulignant une démarcation politique claire : le rejet de la théocratie actuelle et de l’ancienne monarchie.
February 13—Zahedan, southeast Iran
PMOI Resistance Units resume weekly anti-regime activities, reiterating their commitment to the overthrow of the mullahs' rule, the establishment of a democratic republic, and rejection the return to the shah dictatorship.#No2ShahNo2Mullahs pic.twitter.com/EghzB88C2m— People's Mojahedin Organization of Iran (PMOI/MEK) (@Mojahedineng) 14 février 2026
Des pancartes déployées dans l’espace public arboraient des slogans tels que « Nous ne voulons ni Shah ni mollahs » et « Un dictateur est un dictateur, qu’il porte un turban ou une couronne. » Ces activités visent à clarifier la direction du soulèvement qui a débuté le 28 décembre 2025, initialement déclenché par une grève des commerçants des bazars de Téhéran suite à l’effondrement du rial. Les Unités de Résistance avertissent que la révolution démocratique ne doit pas être détournée par les vestiges de la dictature Pahlavi, affirmant que la lutte du peuple iranien est pour un avenir défini par la liberté, et non pour un retour au passé.
Jeunesse rebelle : 50 opérations pour venger les martyrs
Parallèlement, la jeunesse rebelle iranienne a lancé une campagne pour venger les milliers de manifestants tués lors de la répression sanglante de janvier 2026. Dans une vague de défiance coordonnée, ces groupes de jeunes ont exécuté 50 opérations.
À Téhéran, Shahriar, Varamin et Kerman, des jeunes rebelles ont incendié des bases des Bassidj du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), responsables de l’application des lois répressives contre les femmes et les étudiants. À Shahriar, le quartier général du commandement des Forces de sécurité d’État a été visé. Par ailleurs, le réseau de surveillance du régime a été mis à mal : des panneaux de la direction du renseignement ont été incendiés à Rasht, Qazvin et Kermanshah.
Ces opérations ont également visé les symboles de l’idéologie du régime. Des banderoles et des panneaux d’affichage à l’effigie du Guide suprême Ali Khamenei, du chef terroriste éliminé Qassem Soleimani et d’Ebrahim Raisi ont été incendiés dans des villes comme Mashhad, Ahvaz, Zahedan et Sabzevar. Ces actions envoient un message clair : le mur de la peur s’est effondré et la brutalité du régime a, loin de l’éteindre, renforcé la détermination du peuple iranien à renverser la dictature.

