
Le guide suprême du régime iranien, Ali Khamenei, rencontre le cheikh Ibrahim Zakzaky, chef du groupe extrémiste Mouvement islamique du Nigéria (MIN), le 14 octobre 2023
Les récents affrontements meurtriers au Nigéria impliquant le Mouvement islamique du Nigéria (MIN) ont une fois de plus mis en évidence le rôle déstabilisateur du groupe, influencé par les objectifs idéologiques de Téhéran. Inspiré et financé par la dictature cléricale iranienne, le MIN, dirigé par le cheikh Ibrahim Zakzaky, est devenu de plus en plus militant dans sa quête de création d’un État islamique au Nigéria.
Selon un rapport de l’Associated Press du 29 mars 2025, cinq membres du MIN et un membre des forces de sécurité ont été tués lors d’affrontements à Abuja le jour de la Journée d’Al-Qods, une journée proclamé par Téhéran pour étendre l’influence du régime. Dix-neuf membres du MIN ont été arrêtés, la police affirmant que les manifestants étaient armés et avaient déclenché les violences.
Le Mouvement islamique du Nigéria (MIN) est un groupe musulman chiite qui se revendique inspiré de la révolution iranienne de 1979 et s’inspire du système de gouvernance théocratique iranien. Dirigé par le cheikh Ibrahim Zakzaky, qui a rencontré le guide suprême iranien Ali Khamenei à plusieurs reprises ces dernières années, le MIN a établi un réseau d’écoles et d’institutions promouvant le chiisme à l’iranienne à travers le Nigéria depuis le début des années 1980.
Depuis l’arrestation de Zakzaky en 2015, suite à une répression meurtrière menée par l’armée nigériane, le MIN a organisé de nombreuses manifestations pour exiger sa libération. Lors d’une manifestation à Abuja en 2018, la police nigériane a tiré des gaz lacrymogènes et des balles réelles, causant la mort de dizaines de membres du MIN.
Le 24 juillet 2019, des affrontements ont opposé des troupes et des policiers nigérians à des manifestants du MIN dans la capitale, Abuja. Le MIN exigeait la libération de Zakzaky, détenu depuis 2015. Les forces de sécurité ont tiré à balles réelles et utilisé des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants, faisant de nombreux morts.
Par ailleurs, Zakzaky et son épouse ont rencontré Khamenei le 14 octobre 2024, illustrant une fois de plus sa loyauté envers Téhéran. Cette rencontre souligne l’intérêt de l’Iran à maintenir son influence sur le MIN dans le cadre de ses objectifs stratégiques plus larges en Afrique.
Dans un rapport publié le 2 décembre 2021, le CNRI a averti que le CGRI avait établi des centres de formation pour les militants de Zakzaky dans les régions du nord du Nigéria, comme Kano et Sokoto. Ces opérations s’inscrivent dans la stratégie de Téhéran visant à étendre son influence en Afrique de l’Ouest.
Stratégie élargie du régime en Afrique
Selon le CNRI, le régime iranien a cherché à exploiter l’instabilité politique et les divisions sectaires dans les pays africains pour « exporter la révolution islamique ». Le CGRI et le Hezbollah ont établi des bases dans toute l’Afrique de l’Ouest, le Nigéria constituant une cible privilégiée en raison de son importante population musulmane et de son importance géopolitique.
L’unité 400 du CGRI, chargée d’étendre l’influence de Téhéran à l’étranger, a activement œuvré au développement de réseaux de contrebande d’armes au Nigéria et dans d’autres pays africains. Le militantisme persistant du MIN et son alignement sur les objectifs idéologiques de l’Iran constituent une menace persistante pour la sécurité du Nigéria. En promouvant le sectarisme et en exploitant les griefs locaux, l’Iran cherche à étendre sa présence stratégique en Afrique de l’Ouest par l’intermédiaire de mandataires comme le MIN.
Le CGRI et le Hezbollah se seraient également livrés à la contrebande de diamants et au blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest, notamment au Congo et en Sierra Leone, afin de générer des revenus pour financer leurs activités. Nue Stream contribue au financement des centres de formation, des centres d’endoctrinement et des opérations militantes comme celles associées à l’MIN de Zakzaky.

