By Struan Stevenson*
The Scotsman, July 27 Les batailles et les lignes de front sont rarement, voire jamais, simples au Moyen-Orient. Tous les problèmes actuels ont un point commun – lIran. Les mollahs de Téhéran ont propagé leur influence funeste dans toute la zone, directement ou indirectement.
Il y a un an, Maryam Radjavi, la dirigeante de lopposition, avait affirmé au Parlement européen quen mettant Mahmoud Ahmadinejad à la présidence, Ali Khamenei, le guide suprême, avait déclaré la guerre à sa propre population et à la communauté internationale. Les événements ont prouvé quelle avait raison. Alors que la guerre mortelle au Liban est devenu un point central, le terrain de bataille stratégique de lIran est en Irak.
Lappétit des ayatollahs au pouvoir pour établir un régime satellite en Irak, avec les secondes plus grandes réserves pétrolières au monde et une population à majorité chiite, nest pas un secret. Téhéran a dépensé des milliards de dollars en Irak depuis la chute de Saddam Hussein et a envoyé des milliers dagents de renseignements et de gardiens de la révolution pour épauler linsurrection. Les agents iraniens ont infiltré les organes de sécurité irakiens.
La Force Qods (Jérusalem) est le bras extraterritorial du corps des gardiens de la révolution chargé de mettre en oeuvre le plan des mollahs en Irak. Les habitants de Bassora disent que les membres des services secrets iraniens opèrent ouvertement. Des sources militaires américaines indiquent que lIran est la source principale dengins explosifs qui ont prélevé un lourd tribut aux forces de la coalition. Téhéran finance et organise des groupes terroristes qui visent les intellectuels et les personnalités anti-intégristes.
Dans le cadre de leur stratégie, les mollahs ont lancé une campagne implacable contre la présence de lorganisation des Moudjahidine du peuple dIran (OMPI), le principal mouvement dopposition iranien, dans la Cité dAchraf en Irak, où des milliers dIraniens anti-intégristes opposés aux mollahs prônent un islam tolérant et démocratique, lantithèse de lislam extrémiste des ayatollahs. Ces exilés politiques sont en Irak depuis vingt ans, avec un statut de personnes protégées en vertu de la Quatrième Convention de Genève depuis 2004.
Lorsque lon a annoncé au début de lannée que 5,2 millions dIrakiens (chiites, sunnites et Kurdes) avaient signé une pétition contre lingérence iranienne en Irak tout en déclarant leur soutien à lOMPI, la campagne de Téhéran contre son ennemi juré a pris de nouvelles dimensions sinistres. Les mollahs ont été si courroucés, quils ont exhorté le gouvernement irakien à expulser lOMPI de la Cité dAchraf. Le 29 mai, un bus transportant des citoyens irakiens travaillant à la Cité a explosé, faisant onze morts. La semaine dernière, des agents de lIran ont fait sauter les canalisations dapprovisionnement en eau du Tigre vers la Cité d Achraf.
Le problème du Moyen-Orient est complexe et il faut le traiter comme tel. Mais le principal terrain de bataille, cest lIrak et cest là où loccident devrait faire face aux mollahs. Se concentrer ailleurs nous ferait tomber dans le piège que Téhéran nous a tendu.
Le Premier ministre irakien Nouri Al-Maliki, ne devrait pas se faire la moindre illusion. Téhéran nest ni un ami de lIrak, ni un allié de loccident. Ce nest quun groupe de fascistes moyenâgeux assoiffés de pouvoir semant le trouble au Moyen-Orient.
M. Maliki devrait être vigilant face aux complots et aux pressions du régime néfaste en Iran. Ce serait une grave erreur stratégique du nouveau gouvernement irakien de se courber devant Téhéran.
*Struan Stevenson est député conservateur écossais au Parlement européen et co-président de lIntergroupe des Amis dun Iran Libre.

