
Le FBI a émis une alerte publique concernant Seyed Yahya Hosseini Panjaki, alias Seyed Yahya Hamidi, haut responsable du ministère du Renseignement et de la Sécurité du régime iranien (VEVAK). Le FBI recherche des informations sur Panjaki concernant son rôle présumé dans la coordination de complots terroristes internationaux et d’assassinats ciblés.
Dans son communiqué officiel, le FBI a décrit Panjaki comme le chef de la Direction de la sécurité intérieure du VEVAK et le vice-ministre du Renseignement pour les affaires israéliennes. Le FBI a souligné son rôle de premier plan dans l’organisation d’un réseau d’opérations violentes contre des dissidents iraniens et des figures de l’opposition politique à l’étranger.
« Seyed Yahya est recherché pour interrogatoire en lien avec des complots meurtriers et des activités terroristes présumés à l’échelle mondiale », a déclaré le FBI, soulignant son utilisation de réseaux de renseignement et opérationnels en collaboration avec le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI). « Cela inclut des capacités cybernétiques et des actions coordonnées entre le VEVAK et le CGRI. »
Ciblage des dissidents à l’étranger
Le FBI a spécifiquement souligné la supervision par Panjaki du réseau criminel Naji Sharifi Zindashti, impliqué dans le ciblage de dissidents iraniens basés aux États-Unis entre décembre 2020 et mars 2021. Panjaki est également identifié comme le supérieur hiérarchique de l’agent de renseignement iranien Reza Hamidi Ravari, lui aussi recherché par les autorités américaines.
Seyed Yahya Panjaki est né le 23 janvier 1975 à Karaj, en Iran. Il est titulaire d’un doctorat en sciences politiques de l’Université Azad de Tabriz et est l’auteur de publications universitaires. Malgré sa formation universitaire, Panjaki est devenu l’une des figures centrales de la campagne de répression extraterritoriale du régime iranien.
Architecte d’opérations d’assassinat et de sabotage
Panjaki est largement considéré comme l’un des principaux architectes de l’appareil d’assassinat et de sabotage du régime iranien à l’étranger. Sous son commandement, le régime iranien a employé des trafiquants de drogue, des agents de milices mandatées comme le Hezbollah, et des agents infiltrés au sein de missions diplomatiques et d’entreprises pour mener des attaques contre les opposants au régime.
Parmi ses opérations les plus tristement célèbres figure son implication dans l’attentat déjoué de 2018 contre le rassemblement « Iran libre » de la Résistance iranienne. Cet incident a conduit à la condamnation du diplomate iranien Assadollah Assadi, révélant ainsi l’utilisation par le régime de couvertures diplomatiques pour commettre des actes terroristes.
Le réseau de Panjaki a également été lié à des assassinats de personnalités en Europe, notamment celui de Mohammad Reza Kolahi Samadi aux Pays-Bas, et à des assassinats ciblés de militants et de journalistes en Turquie.
Unité Qassem Soleimani et collaboration avec le CGRI
Outre son rôle officiel au sein du VEVAK, Panjaki aurait fondé l’unité dite « Martyr Soleimani », du nom de Qassem Soleimani, ancien commandant de la Force Al-Qods du CGRI. Cette unité clandestine est spécialisée dans les opérations de sabotage à l’échelle mondiale, menées en coordination avec le CGRI et le réseau de forces mandatées par le régime. Les missions de l’unité visent à dissimuler tout lien direct avec le régime iranien tout en promouvant son agenda stratégique et idéologique à l’étranger.
Sanctions et répercussions internationales
En raison de son rôle dans le terrorisme d’État et les violations des droits humains, Panjaki a été sanctionné par les États-Unis, l’Union européenne et le Royaume-Uni. Le Département du Trésor américain l’a sanctionné en vertu du décret 13553, qui cible les personnes impliquées dans les violations des droits humains et le terrorisme international perpétrés par le régime iranien. Ces mesures gèlent tous ses avoirs sous juridiction américaine et interdisent les transactions avec des ressortissants américains.
Panaki figure actuellement sur la liste de surveillance du FBI relative au terrorisme, ce qui souligne le sérieux avec lequel les forces de l’ordre américaines traitent ses activités.
Un acteur clé de la stratégie de répression mondiale du régime iranien
Le cas de Seyed Yahya Hosseini Panjaki met en lumière les efforts considérables déployés par le régime iranien pour éliminer les voix de l’opposition à l’étranger par l’espionnage, l’assassinat et le terrorisme. Sa position au sein du VEVAK et ses liens avec le CGRI révèlent l’ampleur des opérations transfrontalières de l’appareil de renseignement du régime pour museler la dissidence.
Alors que le FBI poursuit son enquête, Panjaki demeure un symbole du recours systématique à la violence et à l’intimidation par le régime iranien pour réprimer l’opposition, tant sur le plan national qu’international.

