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Le discours de Khamenei du 29 juillet dissimule la ruine du régime

Le discours de Khamenei du 29 juillet dissimule la ruine du régime

Le 29 juillet 2025, Ali Khamenei, le Guide suprême du régime clérical s’est efforcé de combler les fractures idéologiques de son régime par des slogans éculés. Ses mots, soigneusement choisis, ne s’adressaient pas au monde, mais à un appareil de pouvoir ébranlé et démoralisé, qui vient de subir la perte de plus de 50 hauts responsables militaires et nucléaires, et de profonds dégâts causés à son infrastructure de défense.

Khamenei a ouvert son discours par une déclaration : « La République islamique repose sur deux piliers majeurs : la religion et le savoir.» Il a affirmé que le véritable problème de l’Occident avec l’Iran n’était pas l’enrichissement de l’uranium ni les droits de l’homme, mais qu’« ils s’opposent à votre foi et à votre savoir… à votre croyance répandue et à vos capacités nationales.» Il a insisté sur le fait que « les piliers du système ont démontré au monde leur force inégalée.»

Par son ton et son contenu, ce discours reflétait une tendance suivie par le régime depuis des décennies : présenter chaque revers comme un test de pureté idéologique, chaque échec comme le résultat de complots étrangers. Mais aucun slogan ne saurait masquer le fait qu’en réalité, le seul « enrichissement » réussi du régime provient de son industrie de la répression : ses laboratoires de torture, sa machine à exécutions, son monopole de la peur.

Le discours vantard d’une « économie du savoir », autrefois porteuse d’innovation et de progrès, est aujourd’hui enseveli sous les coupures de courant, les crises de l’eau, l’affaissement des terres et l’exode massif de la jeunesse instruite du pays. Plus de 100 000 étudiants iraniens ont fui à l’étranger. Moins d’un pour cent reviennent.

Alors que Khamenei parlait de « progresser considérablement dans le renforcement de nos capacités scientifiques », la réalité est que le programme nucléaire iranien – son fleuron – a été stoppé. Abbas Araghchi, le ministre des Affaires étrangères du régime, a admis que les infrastructures avaient subi de « graves dommages » et qu’elles étaient désormais « effectivement arrêtées ». Pourtant, Khamenei a réitéré : « Nous n’abandonnerons ni le savoir ni l’enrichissement. Nous élèverons cette nation au sommet de la gloire, à l’aveuglement de nos ennemis.»

En un sens, le discours n’était pas destiné à convaincre quiconque en dehors du sanctuaire du régime. Son véritable public était l’élite sécuritaire et militaire fracturée, dont le moral s’est effondré. En insistant sur le fait que « le monde ressentait de près toute la puissance de la République islamique », Khamenei tentait de réécrire l’issue d’une guerre que le régime n’avait ni anticipée ni contrôlée.

Pourtant, cet acte de défiance n’a fait que souligner son désespoir. La contradiction entre les promesses passées et les échecs présents n’est plus théorique. Le régime, qui prétendait autrefois être l’avant-garde de la justice et de l’autonomie, s’appuie désormais sur la surveillance de masse, les exécutions systématiques et le terrorisme d’État au-delà de ses frontières pour conserver l’illusion du pouvoir.

Plus que jamais, le régime clérical est isolé, non seulement du monde, mais aussi du peuple iranien. La rue l’a clairement démontré. Les slogans des Unités de résistance peints sur les murs de Téhéran, les frappes dans les villes, les chants de plus en plus nombreux en faveur d’un changement de régime : tout indique que le véritable pouvoir en Iran est en train de changer. Il ne réside plus dans les missiles ou les sermons, mais dans le cœur d’un peuple qui a tout enduré et qui se prépare à davantage.

Le discours de Khamenei du 29 juillet a dressé le portrait d’un régime qui a dépassé ses promesses et ne s’accroche plus qu’au mythe. Le mythe de la suprématie scientifique, le mythe de l’autorité divine et celui de l’invulnérabilité.