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Le corps des gardiens de la révolution : maître d’œuvre de la conquête de l’Irak

CNRI – Dans la série consacrée au corps des gardiens de la révolution, Iran Libération dans sa nouvelle édition (N° 255) poursuit son interview du président de la commission de la paix du CNRI, Mehdi Abrichamtchi, qui prépare un livre, sur le rôle de ce pivot du régime des mollahs dans la conquête de l’Irak.

On entend beaucoup parler de l’ingérence des gardiens de la révolution en Irak et du rôle qu’ils jouent dans la déstabilisation de ce pays. Il semblerait que ce soit la raison principale de leur inscription dans la liste  américaine du terrorisme   Pourriez-vous nous donner quelques éclaircissements ?

Le corps des gardiens de la révolution (CGR) ou pasdarans, est l’organe qui a pris contrôle de l’Irak, comme  l’occupant officieux du pays. Selon les informations fiables obtenues par les sources de la Résistance au sein du régime, les mollahs ont transformé leur ambassade à Bagdad en centre majeur de coordination des activités terroristes et de renseignement contre les forces de la Coalition et les démocrates irakiens. 

Selon ces informations, il y a sept membres du CGR qui opèrent hors de l’ambassade. Hormis Kazemi Qomi, l’ambassadeur, qui est un commandant notoire des pasdarans, le régime compte six membres du CGR basé dans son ambassade à Bagdad. Ils ont été identifiés comme des consultants, en contact direct avec Kazemi Qomi.

 Kazemi Qomi est chargé de faire avancer les projets du CGR en coordination avec les chefs de groupes et de partis irakiens qui agissent pour le compte des pasdarans. Il a participé personnellement aux réunions avec les leaders de ces forces. En même temps, il entretient de proches relations avec le général Ahmad Forouzandeh, vice-commandant de la force terroriste Qods à la garnison Ramezan en Iran, et avec le général Hamid Taghavi,  commandant de longue date de la force Qods. Dans leur attaque contre une base du régime à Erbil, au Kurdistan irakien, les forces américaines cherchaient en fait à capturer Ahmad Forouzandeh.

La Résistance iranienne a identifié trois commandants du CGR travaillant avec Kazemi Qomi à l’ambassade d’Iran à Bagdad : Il s’agit de Nasseri, Nobakht et Jabari. Ils ont pour tâche de surveiller les transferts d’armes et de munitions, comme l’explosif EFP, depuis l’Iran jusqu’aux forces aux ordres du CGR en Irak.
Ces agents sont en communication constante avec les garnisons tactiques de la force Qods et d’autres bases affiliées dans les provinces frontalières de l’Iran.

L’unité dans l’ambassade coordonne aussi les mouvements des officiers techniques du CGR en Irak pour des réunions avec les escadrons de la mort de la brigade Badr, l’Armée du Mahdi et des comités civils pour étendre les opérations de terreur et viser les forces de la Coalition.

Par le biais de la couverture diplomatique, cette unité est aussi en contact avec les leaders des partis politiques à la solde du régime, et avec ses agents dans des ministères  comme celui de l’Intérieur. De plus, cette unité a des liens directs avec les commandants de réseaux de terrorisme et les escadrons de la mort pour les opérations de terreur à Bagdad. Ils ont aussi un réseau travaillant dans des organisations gouvernementales et non gouvernementales.

Cette unité rend directement  compte au chef d’état-major de la Force Qods à Téhéran,  contournant le bureau du personnel des Affaires étrangères. Qui plus est, les dossiers personnels et administratifs des membres de cette unité ne sont pas tenus au ministère des Affaires étrangères du régime, mais classés au QG de commandement régional de la force Qods à Téhéran sous le titre “mission de consultation confidentielle”.

Que vous inspire ce revirement américain ?

La raison d’être du corps des pasdarans – comme le stipule la constitution du régime et son bilan  ces trente dernières années –  c’est la préservation du régime du Velayat-e-Faghih (suprématie absolue du religieux) par le biais de l’exportation du terrorisme et de l’intégrisme à l’étranger et d’une répression féroce en Iran.
En plus de la fabrication d’armes de destruction massive et de la bombe atomique, les pasdarans ont effectué des centaines d’opérations terroristes hors d’Iran. Dans le pays, ils ont torturé et exécuté des dizaines de milliers de prisonniers politiques. Aujourd’hui, ils ont la mainmise sur une multitude d’organes de l’Etat et d’unités économiques.

Mettre le nom des pasdarans, du ministère de la Défense et d’autres entités et dirigeants du régime sur la liste noire américaine, est nécessaire pour arrêter l’exportation du terrorisme et de l’intégrisme dans cette région, et surtout l’ingérence des mollahs en Irak. C’est aussi un véritable frein à leur course aux armes atomiques.

Par ailleurs, vu le rôle capital des gardiens de la révolution – comme leur nom l’indique – dans la défense du fascisme religieux cette inscription est un prélude nécessaire à un changement de politique en faveur de la démocratie en Iran, qui passe par la chute de cette dictature religieuse par l’intermédiaire du peuple. 
Comme l’a constamment dit Mme Radjavi, la présidente élue de la Résistance iranienne, la politique de complaisance avec les mollahs et la guerre ne sont pas une solution pour la crise iranienne. La seule solution reste un changement démocratique réalisée par les Iraniens et leur Résistance.

Qu’ est-ce que la Résistance iranienne attend de l’Union européenne dans ce domaine ?

Nous demandons à l’UE de mettre les gardiens de la révolution et l’ensemble des organes terroristes et répressifs du régime iranien sur sa liste du terrorisme et de mettre fin à sa politique de complaisance et de concessions avec les mollahs qui leur a rendu les plus grands services ces dernières années et qui a permis un développement spectaculaire de l’intégrisme.

Le critère de sérieux et de fermeté face à ce régime, c’est de rejeter cette politique et de respecter l’aspiration du peuple iranien à un changement de régime et en retirant le nom des Moudjahidine du peuple d’Iran de la liste du terrorisme qui y ont été inscrits à la demande des mollahs.