CNRI – En approuvant la candidature de Saïd Jalili, Khamenei a répondu aux exigences minimales de Mahmoud Ahmadinejad et contrecarré ses agissements qui sont une source de problèmes.
Jalili a été l’un des principaux membres de la faction d’Ahmadinejad en 2005 et ce dernier tenait à tout prix à en faire son ministre des Affaires étrangères.
En 2007, lorsqu’un conflit a éclaté entre Ahmadinejad et Ali Larijani sur le dossier nucléaire, Ahmadinejad a suggéré que Jalili le remplace pour le dossier nucléaire au Conseil suprême de sécurité nationale.
Ces dernières années, les conservateurs ont pris position contre Ahmadinejad, mais Saïd Jalili a été l’un des rares à ne pas les suivre.
Le ministre de l’Orientation d’Ahmadinejad, et quelques partisans du gouvernement ont participé à la campagne de Jalili. Son slogan électoral est le même qu’Ahmadinejad. On dit qu’une branche des pasdarans soutient Jalili et qu’il est le favori de Khamenei.
LE DERNIER MONTAGE DU MECANO ELECTORAL
Suite à la disqualification de Rafsandjani et de Rahim Macha’i, huit candidats sont restés en liste.
LA COALITION 1 +2 : Lors d’une réunion avec le mollah Mahdavi Kani, les trois candidats, Gholamali Hadad Adel, Ali Akbar Velayati et Mohammad Bagher Gahlibaf ont annoncé qu’ils se maintiendraient pour le moment, alors qu’ils étaient censés ne présenter qu’un seul candidat.
La situation de ces 8 candidats est la suivante :
1) HADAD ADEL : Il est à la tête de la faction conservatrice au parlement. Une faction du Front de la persistance le soutient depuis la disqualification de Lankarani, mais la majorité de ce groupe soutient Jalili. Ainsi Hadad Adel est celuis des trois candidats à disposer de la plus petite réserve de voix dans la Coalition 1 +2.
2) ALI AKBAR VELAYATI : Il a le soutien de l’Association du clergé combattant et de l’Association des séminaires. Elles le préfèrent à Jalili. Les partisans de l’Imam et du guide (composée de 14 groupes traditionnels de droite) soutiennent aussi Velayati.
3) MOHAMMAD BAGHER GHALIBAF : On dit que le général Mohammad Ali Jafari, commandant en chef des pasdaran, et le général Qassem Soleimani, commandant de la Force Qods, soutiennent Ghalibaf. En outre, certains membres de la faction du guide au parlement lui apportent leur appui.
En raison de la position qu’il a prise après 2009, Ghalibaf a essayé de gagner la faveur des réformateurs et des technocrates, mais après la candidature de Rafsandjani, Ghalibaf a senti qu’il avait perdu leur soutien. Aussi pour gagner davantage de voix dans les pasdarans, il a pris position contre Rafsandjani.
Il a ensuite révélé avoir envoyé des miliciens du Bassidj dans la répression des étudiants et son implication directe et active dans la répression du soulèvement de 2009. Cela a entraîné la perte de votes qu’il aurait pu gagner après la disqualification de Rafsandjani.
Il convient de noter que le Front de la persistance et le gouvernement d’Ahmadinejad sont en conflit avec Ghalibaf et ne le soutiennent pas.
4) SAÏD JALILI, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale des mollahs et négociateur nucléaire en chef, s’est inscrit en candidat indépendant. Il est soutenu par le Front de la persistance depuis que Lankarani a été disqualifié. On dit qu’il a de l’influence dans le corps des gardiens de la révolution. Ahmadinejad et ses partisans voteront pour Jalili.
5) MOHSEN REZA’I a présenté une candidature indépendante. Il a le soutien du Front de la Persévérance. Ce mouvement peut compter sur 30 députés. Il dispose aussi de quelques appuis au sein des pasdaran, mais pas de celui de l’Association du clergé combattant, ni de l’Association des séminaires, pas plus que du Front de la persistance.
6) MOHAMMAD GHARAZI s’est présenté lui aussi en candidat indépendant, mais comme il a été absent de la scène politique, il n’est pas considéré comme un candidat sérieux et aucun mouvement spécifique au sein des groupes de Khamenei ne le soutien.
7) LE MOLLAH HASSAN ROHANI : Une faction des conservateurs le soutient.
8) MOHAMMAD REZA AREF est entré dans la campagne avec le slogan de la réforme. Il est proche de Mohamad Khatami.
La politique de Rafsandjani et des réformateurs en vue de l’élection n’est pas encore clair depuis l’élimination de Rafsandjani.
Mohammad Chariatmadari, qui a été disqualifié, était un candidat des réformateurs. Il y a bien eu une tentative de former une coalition entre Mohammad Reza Aref et Hassan Rohani de sorte qu’Aref se retire en faveur de Rohani, mais tant que d’un côté la politique des réformateurs et Khatami dans cette l’élection et de l’autre la politique de Rafsandjani n’auront pas été déterminées, cette coalition ne se fera pas.

