
La hausse spectaculaire des prix des produits de base en Iran ces dernières semaines est devenue l’une des questions les plus importantes pour la population. Le régime, qui a cherché à rendre les sanctions internationales responsables de tous les problèmes économiques du pays, a été contraint de reconnaître que les prix élevés ne sont pas du tout liés aux sanctions. En fait, les problèmes économiques de l’Iran sont imputables au régime.
En même temps, la solution proposée par le régime est de créer un nouveau quartier général militaire pour réprimer encore plus le peuple.
Le mercredi 4 novembre, Hossein Salami, commandant en chef des Gardiens de la Révolution (pasdaran), a annoncé la création d’un QG, chargé de contrôler les prix et de lutter contre l’extorsion. Salami a souligné que la création de ce QG est sur ordre du guide suprême du régime, Ali Khamenei.
Le véritable objectif de ce QG n’est pas de lutter contre les prix élevés. Il s’agit en fait de renforcer l’oppression sous la bannière de la lutte contre les prix élevés.
Bien que le régime soit la véritable source de dépenses, il a l’intention de blâmer les vendeurs comme étant la raison des prix élevés, en établissant cette base et en faisant appel aux pasdaran, à la milice Basij et à d’autres forces de sécurité et de répression. Ainsi, en réprimant les vendeurs ordinaires, le régime entend détourner l’attention populaire de la cause principale de la chereté de la vie et de la pénurie, transformant différents secteurs de la société en ennemis les uns des autres.
Un coup d’œil sur les prix des produits de base ces dernières années montre clairement que malgré la propagande du régime, les prix élevés sont un sous-produit de la corruption du régime et de la destruction de l’économie, et n’a pas de rapport intrinsèque avec les sanctions.
La hausse spectaculaire du prix des logements en est un exemple. “Environ 95 % du prix des matériaux de construction est fixé au niveau national, et cela n’est arrimé qu’au dollar. Pourtant, alors que le taux de change du dollar continue de baisser, nous sommes toujours confrontés à une augmentation des prix des logements. Cela est dû aux monopoles qui agissent pour faire survivre le système bancaire, qui est une composante des monopoles.” (Quotidien officiel Jahan-e Sanat, 8 novembre)
L’analyse d’une partie du rapport du site web officiel 90 Eghtesadi permet de se faire une idée du rythme de l’augmentation des prix. Selon le rapport de ce site, au cours des trois dernières années, sur 23 denrées alimentaires examinées, le prix de quatre d’entre elles a quadruplé et celui de 14 autres a triplé.
Par exemple, les prix de la viande, du riz, du thé et du lait ont été multipliés par 3 ou 4. Au cours de la même période, le prix de la tomates a augmenté de 291 %, celui du concombre de 252 %, celui de la pâte de tomates de 247 %, celui des lentilles de 197 %, celui des œufs et du sucre de 186 % et 185 % respectivement, celui du poulet de 184 % et celui des morceaux de sucre de 177 %.
Parallèlement, le prix des couches a plus que doublé au cours du dernier mois et la consommation nécessaire de ce produit de consommation pour un bébé en un mois a atteint 500,0000 tomans. Dans le même temps, les couches au même prix sont également rares sur le marché.
Un autre exemple est l’augmentation des coût de réparation des automobiles. Selon le quotidien officiel iranien du 8 novembre, la réparation d’un moteur de voiture Peugeot 206, qui coûtait environ 144 dollars l’année dernière, est montée à plus de 844 dollars cette année.
Il est clair que cette multiplication par six du prix des réparations automobiles affecte les prix des autres biens et services consommés par le grand public et contribue à la hausse du prix des denrées alimentaires à tel point que la population n’est plus en mesure de se les offrir. Le résultat de cette situation est une pression croissante sur la majorité des Iraniens qui vivent en dessous du seuil de pauvreté.
Le régime et ses mafias affiliées sont La source de ces prix élevés. Pourtant, ce même régime a établi un siège pour réprimer le peuple sous prétexte de lutter contre les prix élevés des marchandises.
Parallèlement à ce siège, le régime a établi deux autres sièges. L’un pour “combattre le Covid-19” et l’autre pour contrer “les voyous”. L’objectif de la création de ces trois bases est de maintenir la sécurité du système, de resserrer l’étau de contrôle et de répression, et en fait de priver la population de sécurité sous divers prétextes.
La formation de ces trois quartiers généraux répressifs, la militarisation et le renfort du dispositif sécuritaire ont deux fonctions pour le régime.
La première est la fonction pratique et la répression explicite, par exemple, le plan de recherche porte-à-porte sous prétexte de trouver des patients atteints de Covid-19. La seconde est la fonction psychologique, par la présence des pasdaran et de la milice Basij dans la vie quotidienne de la population, qui crée une atmosphère de terreur.
Mais le régime sera-t-il capable d’établir la sécurité du système et de créer un climat de terreur dans la société avec ces méthodes ? La réponse est définitivement non. Cette grande guerre à la fois ouverte et froide entre le peuple et le régime ne sera pas déterminée par ces méthodes.
Pourtant, le peuple iranien, qui a été trop profondément heurté par le poignard de la pauvreté, pillé par le régime, et qui a une mer de sang entre lui et le régime, ne sera pas intimidé par les méthodes répressives des mollahs. Comme il n’a pas été intimidé après avoir sacrifié plus de 1500 de ses enfants lors des manifestations de novembre 2019 en Iran.

