AccueilActualitésActualités: Terrorisme & intégrismeAu cœur de la pyramide du pouvoir iranien : qui façonne les...

Au cœur de la pyramide du pouvoir iranien : qui façonne les décisions et qui les met en œuvre ?

Au cœur de la pyramide du pouvoir iranien : qui façonne les décisions et qui les met en œuvre ?
Le nouveau Guide suprême du régime iranien, Mojtaba Khamenei

Introduction
Après la guerre Iran-États-Unis et l’assassinat d’Ali Khamenei, Guide suprême du régime, la question centrale au sein du système iranien est celle de la reconfiguration de la pyramide du pouvoir, de l’emplacement du véritable centre de décision et des canaux par lesquels les décisions politiques, sécuritaires et militaires majeures sont formulées et transmises.

La transition ne s’est pas déroulée dans des conditions normales. La guerre a porté un coup dur à la structure de sécurité et de renseignement du régime, révélant des faiblesses en matière de protection du commandement, de contre-infiltration, d’intégration du renseignement et de coordination de la sécurité nationale. Des désaccords concomitants au sein du Conseil suprême de sécurité nationale (CSSN), connus par des déclarations publiques, ont montré que le problème s’étendait au-delà des services de renseignement pour toucher le mécanisme de coordination formel lui-même.

Mojtaba Khamenei n’a donc pas hérité d’un appareil cohérent et consolidé après la transition du pouvoir. D’une part, il a dû consolider son autorité ; D’autre part, il devait gérer les conséquences de l’échec sécuritaire de la guerre et les désaccords persistants au sein du mécanisme officiel de prise de décision en matière de sécurité nationale.

Dans cette perspective, les mouvements de personnalités clés au sommet du système, les changements au sein du secrétariat du Conseil suprême de sécurité nationale et les nouvelles nominations au commandement des Gardiens de la révolution ne doivent pas être considérés comme de simples mouvements de personnel. La question centrale est de savoir si ces évolutions s’inscrivent dans une reconfiguration plus large de l’architecture du pouvoir, et quelles relations Mojtaba Khamenei instaure entre le Bureau du Guide suprême, le Conseil suprême de sécurité nationale, les services de renseignement, le commandement militaire et les structures de contrôle interne.

Ce rapport vise à apporter des éléments de réponse à cette question en examinant les postes de Mohammad-Bagher Zolghadr, Mohsen Rezaei, Hossein Taeb et Ali-Asghar Hejazi, ainsi que l’évolution des équilibres au sein du Conseil suprême de sécurité nationale, et à dresser un premier tableau de la nouvelle pyramide du pouvoir et du mécanisme de prise de décision qui se met en place au sein du régime.

Résumé

L’évolution de la situation après la guerre et la transition du pouvoir laisse penser que ce qui se joue au sommet du système dépasse probablement le simple remplacement d’individus. Mojtaba Khamenei a dû faire face à une structure dont l’efficacité en matière de sécurité a été remise en question pendant la guerre et au sein de laquelle des désaccords existaient également, y compris au sein de l’un des principaux centres officiels de coordination de la sécurité nationale.

Le principal constat de ce rapport est que Mojtaba Khamenei façonne une nouvelle architecture politico-sécuritaire caractérisée par une différenciation accrue entre plusieurs fonctions essentielles : la prise de décision au sein du cercle le plus proche du Guide suprême, la coordination formelle de la sécurité nationale, le travail des services de renseignement spécialisés, la lutte contre l’infiltration et l’intégration du renseignement, ainsi que le contrôle social et la gestion des menaces intérieures.

Dans ce contexte, le passage de Mohammad-Bagher Zolghadr du secrétariat du Conseil suprême de sécurité nationale au service de Mojtaba Khamenei, conjugué à la nomination de Mohsen Rezaei à la tête du secrétariat du Conseil, pourrait indiquer l’émergence d’une division du travail : Zolghadr au sein d’un cercle plus proche du centre décisionnel, et Rezaei à la tête du mécanisme formel de coordination et de mise en œuvre des décisions.

En revanche, le retour d’Hossein Taeb à la tête des Bassidj, malgré les apparences, ne signifie pas nécessairement la restauration de son ancien poste en matière de sécurité et pourrait plutôt indiquer que son rôle se concentre désormais sur le contrôle social et la gestion des menaces intérieures.

Il convient de rechercher les racines de la reconfiguration actuelle avant la transition du pouvoir, voire avant la guerre. À cette époque, deux approches différentes coexistaient au sein de la structure sécuritaire du régime quant à l’organisation et à l’exercice du pouvoir sécuritaire.

Le modèle Mojtaba Khamenei-Hossein Taeb

Le premier modèle reposait sur le réseau formé par Mojtaba Khamenei et Hossein Taeb. Lorsque Taeb dirigeait l’Organisation du renseignement des Gardiens de la révolution islamique (IRCG), lui et Mojtaba Khamenei bénéficiaient d’une influence considérable au sein de cette structure.

La caractéristique principale de ce modèle était son fonctionnement en réseau. Le pouvoir ne s’exerçait pas nécessairement par un centre formel unique ; il s’appuyait plutôt sur un réseau de cadres, de relations et d’influence au sein des différentes composantes de l’appareil de sécurité, notamment l’Organisation du renseignement des Gardiens de la révolution islamique. Le recrutement, la mutation et la promotion des cadres de sécurité constituaient également un moyen d’étendre ce réseau.

Autrement dit, dans ce modèle, le pouvoir s’exerçait par l’influence interne aux institutions et par la création de réseaux de loyauté et de relations.

Le modèle Ali-Asghar Hejazi – Chef adjoint du cabinet du Guide suprême et adjoint aux affaires politiques et de sécurité

À l’opposé, on peut citer le modèle associé à Ali-Asghar Hejazi. Hejazi a insisté sur la nécessité d’établir un système centralisé et supra-institutionnel au niveau du Bureau du Guide suprême.

Dans ce modèle, l’objectif n’était pas que le Bureau du Guide suprême se substitue au ministère du Renseignement, aux services de renseignement des Gardiens de la révolution ou aux organes de renseignement et de protection. Il s’agissait plutôt de mettre en place un centre de contrôle au sommet du système, chargé de superviser ces organes, de recevoir et de comparer leurs renseignements, d’identifier les contradictions et les lacunes, et de présenter directement au Guide suprême un bilan des menaces et des infiltrations.

La différence fondamentale entre les deux modèles était donc la suivante :

Le modèle Mojtaba-Taeb s’appuyait sur l’influence en réseau au sein des institutions de sécurité, notamment les services de renseignement des Gardiens de la révolution, tandis que le modèle Hejazi visait une supervision centralisée et supra-institutionnelle, exercée par le Bureau du Guide suprême, sur l’ensemble des organes de renseignement et de protection.

Cette différence reflétait, en réalité, deux approches distinctes de la protection du sommet du système.

La Guerre : D’un conflit structurel interne à une crise de l’architecture de sécurité

Les épreuves subies pendant la guerre ont fait basculer le débat au-delà de la simple opposition entre ces deux modèles.

Dès lors que l’infiltration des services de renseignement a permis de frapper les commandants et les centres sensibles, la question n’était plus de savoir si le modèle en réseau de Taeb était plus efficace ou si le modèle centralisé du Hedjaz était préférable. C’est l’architecture de sécurité existante dans son ensemble qui a été remise en question.

Des questions fondamentales ont émergé : dans quelle mesure l’organisation du renseignement des Gardiens de la révolution avait-elle une connaissance précise de la situation ? Avec quelle efficacité le dispositif de protection du renseignement avait-il détecté les infiltrations ? De quelles informations disposait le ministère du Renseignement ? À quel moment les renseignements provenant des différents organes étaient-ils intégrés, et quelle institution était chargée de présenter le bilan final des menaces au sommet du système ?

De ce point de vue, la guerre n’a pas seulement révélé la faiblesse d’une organisation en particulier ; elle a mis en lumière un problème de coordination et d’architecture de l’ensemble du système de sécurité.

Par conséquent, un simple retour au modèle de Taeb ou la poursuite à l’identique du modèle du Hedjaz ne pouvaient plus nécessairement résoudre la crise. Le besoin d’une structure capable de remédier aux faiblesses mises en évidence en matière de contre-infiltration, de protection, d’intégration du renseignement et de coordination entre les différentes institutions s’est fait sentir.

Transition à la tête du Conseil suprême de sécurité nationale et désaccords : une seconde crise au sommet du système

Avant même que la reconstruction sécuritaire d’après-guerre ne soit pleinement consolidée, l’assassinat d’Ali Khamenei et la passation de pouvoir à Mojtaba Khamenei ont provoqué une nouvelle rupture.

Mojtaba Khamenei devait désormais gérer deux problèmes simultanément : consolider son autorité personnelle et achever la reconstruction de l’appareil de sécurité.

Un autre facteur est venu complexifier la situation : des désaccords au sein du Conseil suprême de sécurité nationale.

Les déclarations publiques concernant ces désaccords ont montré que le problème ne se limitait pas aux services de renseignement et de protection. Aucun consensus n’existait non plus au sein de l’un des principaux centres de coordination de la sécurité nationale quant à la manière de gérer les conditions de guerre, de paix et la politique de sécurité nationale.

Mojtaba Khamenei a donc hérité d’une structure fragilisée à la base, notamment en matière de sécurité et de lutte contre l’infiltration, et marquée, au sommet, par des désaccords quant au mécanisme formel de coordination et de prise de décision en matière de sécurité nationale.

Cette situation pourrait être l’une des principales raisons de la reconfiguration simultanée du Bureau du Guide suprême et du Conseil suprême de sécurité nationale.

Émergence d’un « troisième modèle » : Différenciation fonctionnelle du pouvoir

À la lumière de ces évolutions, la structure qui se dessine actuellement peut être analysée comme un « troisième modèle » : il ne s’agit ni d’un simple retour à l’ancien réseau Mojtaba-Taeb, ni d’une continuation à l’identique de la structure centralisée du Bureau du Guide suprême centrée sur le Hedjaz.

Ce modèle se caractérise vraisemblablement par une plus grande différenciation entre plusieurs fonctions essentielles :

Premier niveau – Sommet politique et prise de décision

Mojtaba Khamenei se situe au sommet de cette structure, entouré d’un cercle de conseillers politiques, sécuritaires et militaires.

Deuxième niveau – Le cercle restreint de décision

À ce niveau, Mohammad-Bagher Zolghadr acquiert une importance considérable. Sa nomination, du secrétariat du Conseil suprême de sécurité nationale au poste de conseiller politique de Mojtaba Khamenei, pourrait indiquer un passage de la gestion d’une institution formelle à l’intégration directe au cercle de décision.

Troisième niveau – Coordination formelle de la sécurité nationale

À ce niveau se trouvent Mohsen Rezaei et le Conseil suprême de sécurité nationale. Sa principale fonction est probablement de coordonner les différentes institutions et de traduire les décisions prises au sommet du système en politiques applicables.

Quatrième niveau – Organes de renseignement spécialisés

Le ministère du Renseignement, l’Organisation du renseignement des Gardiens de la révolution et les organes de renseignement et de protection conservent leurs missions spécialisées et leurs chaînes de commandement respectives.

Cinquième niveau – Contrôle social et gestion des menaces internes

Le Bassidj, sous le commandement d’Hossein Taeb, concentre ses principales responsabilités sur l’organisation sociale, les réseaux de proximité, le recueil de renseignements de base et la gestion des soulèvements et des crises internes.

Le chaînon manquant – Contre-infiltration et intégration du renseignement pour le Guide suprême

On ignore encore quelle personne ou institution intègre les renseignements provenant des différents organes, évalue les contradictions entre les rapports et présente directement le bilan final des menaces à Mojtaba Khamenei.

Mohammad-Bagher Zolghadr : D’une institution formelle au cercle restreint du pouvoir

La réaffectation de Mohammad-Bagher Zolghadr est l’un des indicateurs les plus importants de la nouvelle configuration du pouvoir.

Son ascension le rapproche du sommet de la pyramide. Zolghadr a quitté son poste de secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale, mais il n’a pas été écarté de la structure du pouvoir ; il a été placé aux côtés du Guide suprême lui-même en tant que conseiller politique de Mojtaba Khamenei.

De ce point de vue, cette nomination ne peut pas nécessairement être considérée comme une rétrogradation.

Si l’importance accrue de Zolghadr après la guerre était liée au projet de reconstruction de la structure de sécurité nationale, sa présence aux côtés de Mojtaba signifie probablement que l’expérience et les connaissances acquises durant cette période sont désormais directement intégrées au cercle décisionnel du nouveau Guide suprême.

C’est pourquoi le seul titre de « conseiller politique » ne suffit pas à mesurer son véritable poids. Les principaux indicateurs seront son degré d’accès à Mojtaba Khamenei, son rôle dans l’élaboration et la prise de décisions, ainsi que ses relations concrètes avec le Conseil suprême de sécurité nationale et les autres institutions.

Mohsen Rezaei : Reconstruire l’autorité du mécanisme formel de sécurité nationale

La nomination de Mohsen Rezaei au poste de secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale doit être examinée dans le cadre de cette même restructuration.

Des désaccords existaient au sein du Conseil, et le changement de son secrétariat s’inscrit dans ce contexte. L’arrivée de Rezaei représente donc bien plus qu’un simple changement administratif.

La différence essentielle entre Rezaei et Zolghadr ne réside pas nécessairement dans leurs fonctions, mais plutôt dans leur poids politique, leur expérience et leur capacité d’influence. Fort d’une longue expérience de commandement au sein des Gardiens de la révolution et de liens avec différentes générations de commandants, Mohsen Rezaei peut, de ce fait, peser davantage dans ses relations avec les institutions militaires, sécuritaires et politiques.

Dans cette optique, le transfert du secrétariat de Zolghadr à Rezaei, tandis que Zolghadr intègre simultanément le cercle rapproché de Mojtaba, pourrait indiquer une division du travail :

Zolghadr près du centre de décision ; Rezaei à la tête du centre de coordination officiel.

Si cette hypothèse est correcte, le Conseil suprême de sécurité nationale ne sera pas nécessairement le principal centre de décision stratégique. Son rôle pourrait plutôt consister à fédérer les institutions, à résoudre les désaccords opérationnels et à traduire les décisions prises au sommet du système en une politique nationale coordonnée.

Dans ce cas, la nomination de Rezaei pourrait représenter une tentative de renforcer l’autorité du secrétariat et de réduire les frictions et les désaccords au sein du Conseil.

Désaccords au sein du Conseil et marge de manœuvre réduite du gouvernement

Cette reconfiguration pourrait également modifier l’équilibre interne au sein du Conseil suprême de sécurité nationale.

Dans la configuration précédente, Pezeshkian et le gouvernement disposaient d’une plus grande marge de manœuvre pour négocier et exercer une influence face à Zolghadr. L’arrivée d’une personnalité telle que Mohsen Rezaei, forte de son expérience militaire et de son poids politique, pourrait toutefois restreindre cette marge de manœuvre gouvernementale.

Dans ce contexte, le Conseil pourrait devenir de plus en plus un mécanisme reliant le sommet du système aux institutions formelles, tout en assurant la coordination des décisions majeures entre le gouvernement, le CGRI et d’autres instances.

Le poids réduit du gouvernement au sein du Conseil doit donc être perçu comme faisant partie intégrante de la redéfinition des relations entre le sommet de la hiérarchie et le mécanisme officiel de sécurité nationale, plutôt que comme une question distincte de la reconfiguration de la pyramide du pouvoir.

L’arrivée de Rezaei pourrait également modifier la position de Saeed Jalili au sein du Conseil. Auparavant, l’opposition de Jalili pouvait être interprétée — et contenue — comme une querelle de factions découlant de sa rivalité politique avec Pezeshkian. La présence de Rezaei pourrait atténuer cet isolement relatif et renforcer le poids des positions proches du sommet du système.

Le rôle de Ghalibaf et celui d’autres acteurs doivent également être évalués dans ce même cadre : non pas comme des axes d’analyse distincts, mais en fonction de la manière dont ces changements accroissent ou réduisent leur influence dans le processus décisionnel réel.

Hossein Taeb : retour au pouvoir ou cantonnement à une mission spécifique ?
La nomination de Hossein Taeb au commandement du Bassidj peut, à première vue, sembler marquer le retour de l’une des figures sécuritaires les plus proches de Mojtaba Khamenei. Toutefois, une comparaison entre son nouveau poste et ses fonctions précédentes offre une perspective différente.

Diriger l’Organisation du renseignement du CGRI donnait accès à des dossiers majeurs concernant la sécurité, le contre-espionnage, l’opposition, l’infiltration et les dynamiques internes du système.

Le commandement du Bassidj, bien que crucial pour le contrôle interne et la mobilisation sociale, occupe une place différente dans la hiérarchie sécuritaire.

La mission actuelle de Taeb pourrait se concentrer principalement sur quatre domaines :

l’organisation du Bassidj, le contrôle social, les réseaux de renseignement de proximité, ainsi que la gestion des soulèvements et des crises internes. Dans cette optique, Taeb a retrouvé une mission de grande importance, mais cela ne signifie pas nécessairement qu’il a recouvré son ancien niveau de supervision sécuritaire supra-institutionnelle.

La trajectoire de Taeb diffère donc de celle de Zolghadr :

Taeb est passé des hautes sphères de l’appareil de renseignement à un commandement opérationnel majeur, tandis que Zolghadr est passé de la direction d’une institution officielle aux côtés du Guide suprême lui-même.

Cette différence constitue l’un des indicateurs clés de la répartition des tâches au sein de la nouvelle structure.

Ali-Asghar Hejazi : l’inconnue majeure de la nouvelle structure
Ali-Asghar Hejazi représente la variable la plus complexe de cette reconfiguration. Trente années passées au plus près du bureau du Guide, son accès à des dossiers confidentiels ainsi que ses liens avec le ministère du Renseignement, le CGRI, les organismes de protection et de renseignement, le pouvoir judiciaire et d’autres centres de pouvoir ont fait de lui l’un des principaux dépositaires de la mémoire sécuritaire du régime.

Toutefois, la question centrale n’est pas de savoir si Hejazi demeure au sein du bureau du Guide ou s’il est consulté. La question décisive est de savoir s’il conserve l’autorité supra-institutionnelle qu’il détenait par le passé.

Conclusion :
L’ensemble de ces évolutions peut être considéré comme faisant partie d’un processus unique.

La guerre a mis en lumière les faiblesses de l’architecture sécuritaire existante. Les désaccords au sein du Conseil suprême de sécurité nationale ont révélé que le problème ne se limitait pas aux services de renseignement et que des divisions existaient également aux niveaux de la coordination et de la prise de décision. La mort d’Ali Khamenei a conjugué ces crises à la question de la succession à la tête du pays. Mojtaba Khamenei procède actuellement à une reconfiguration simultanée du bureau du Guide, du cercle décisionnel et du mécanisme officiel de sécurité nationale.

Dès lors, l’évolution majeure ne doit pas être appréhendée uniquement sous l’angle des remplacements de personnel. Le changement fondamental réside peut-être dans la dynamique entre le centre de décision, le centre officiel de coordination, les services de renseignement et la structure de contrôle interne.

Mojtaba Khamenei bâtit un système où le pouvoir sécuritaire est moins concentré entre les mains d’un seul individu ou d’un réseau unique ; les différentes fonctions sont réparties entre plusieurs pôles, tandis que le cercle rapproché du Guide assume la responsabilité de relier et d’orienter ces diverses composantes.