vendredi, janvier 27, 2023
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Telegram, une question de sécurité menaçant l’existence même du régime iranien

Telegram, une question de sécurité menaçant l'existence même du régime iranien

Par : A. Mahabadi, écrivain et analyste politique

Un regard sur le rôle des réseaux sociaux dans les manifestations populaires en Iran

Parmi les questions qui ont poussé le Guide Suprême du régime iranien, Ali Khamenei, et tous les autres responsables et organes de l’État à s’inquiéter pour l’avenir de leur régime, il y a la question de savoir comment gérer les réseaux sociaux et Telegram en particulier.

En tant que l’une des applications de réseautage social les plus populaires dans le monde et en Iran, Telegram est une application de messagerie hautement cryptée qui offre des fonctionnalités telles que la création de canaux, de groupes et l’administration.

L’application de messagerie a actuellement 200 millions d’utilisateurs actifs à travers le monde, dont 40 millions d’Iraniens, selon les chiffres publiés par le fondateur et PDG de Telegram, Pavel Durov.

La question est maintenant de savoir pourquoi le régime a annoncé que c’est un « péché » d’utiliser les réseaux sociaux, notamment Telegram, et pourquoi il craint la propension de la population à se tourner vers de telles applications ?

Il va sans dire qu’il n’y a pas de liberté en Iran. Sous le velayat-e-faqih (régime du Guide Suprême), la légitimité du régime ne vient pas du vote du peuple, mais de Dieu. Les dirigeants du régime considèrent donc toute opposition à leur régime comme une « guerre contre Dieu » qui mérite le châtiment le plus sévère. C’est pourquoi la première victime qui a été envoyée à la potence en Iran sous le régime des mollahs était la liberté elle-même.

Exécuter les opposants est la logique et fait partie de la nature du système du velayat-e-faqih (système du pouvoir théocratique absolu).

Il n’y a pas d’organisation ou de média libre, indépendant, politique ou non politique en Iran. Après avoir été sous le régime des mollahs pendant 39 ans, toutes les formations et tous les médias iraniens sont directement ou indirectement liés à un régime dont la pierre angulaire est la négation des droits de l’homme.

De ce point de vue, on peut ressentir une petite partie de la souffrance que vivent les 85 millions d’habitants de ce pays. Quand on entend dire que le régime au pouvoir a fait de l’Iran une prison pour le peuple iranien, ce n’est pas une exagération, mais une réalité indéniable et douloureuse.

Avec le système d’espionnage monstrueux du velayat-e-faqih qui s’étend à tous les coins du pays, même les maisons et la vie privée de la population ne sont pas épargnées. La population est privée du libre accès aux médias non gouvernementaux.

Les réseaux de communication ainsi que les réseaux sociaux sont totalement contrôlés par le ministère du Renseignement et les autres entités répressives du régime. Il n’est pas étonnant que le régime des mollahs soit le détenteur du record mondial en matière de torture et d’exécution.

Mais n’oublions pas que même une telle brutalité n’a pas réussi à empêcher le peuple iranien d’œuvrer pour la liberté.

Des millions d’arrestations, d’exécutions massives et toutes sortes de tortures physiques et psychologiques pratiquées contre le peuple iranien au cours des 39 dernières années a rendu la population et ses enfants de la Résistance iranienne plus déterminés à lutter pour la liberté et à renverser la dictature théocratique.

Les récentes tentatives hystériques du régime pour bloquer l’accès aux réseaux sociaux est le résultat du récent soulèvement du peuple iranien, car il visait les deux factions du régime, les soi-disant partisans des radicaux et les modérés. Le soulèvement a appelé au « renversement du régime ».

Alaeddin Boroujerdi, chef de la Commission de la sécurité nationale et de la politique étrangère du Majlis (Parlement des mollahs), a annoncé que la décision de bloquer Telegram a été prise au plus haut niveau du régime, c-à-d Ali Khamenei.

Mousa Afshar, membre de la Commission des Affaires Etrangères du CNRI, affirme que le blocage de Telegram par le régime est un exemple de violation des droits de l’homme.

Boroujerdi a également déclaré que le régime va remplacer Telegram par une application de messagerie développée au niveau national qui pourrait être gérée par le régime. C’est une décision préjudiciable pour le peuple iranien, car toutes les données échangées seront enregistrées et surveillées par les services du Renseignement, ce qui pourrait conduire à des arrestations et des sanctions sévères.

Le blocage de l’accès à Telegram sera confronté à une vive réaction de la population, de telle sorte que cela pourrait potentiellement déclencher le soulèvement. C’est pourquoi certains responsables s’inquiètent en ce qui concerne la décision d’interdire Telegram.

Selon les estimations, il y a 10 à 15 000 entreprises en ligne basées sur Telegram en Iran. Hassan Rohani a même mentionné un jour 30 000 entreprises de ce genre. Lors d’une interdiction temporaire de Telegram fin décembre, les entreprises en ligne ont subi près de 500 milliards de tomans de dommages financiers.

Le blocage de Telegram n’amènera pas la population à se tourner vers des applications de messagerie appartenant au régime, à l’instar de ‘Soroush’, mais ne fera qu’augmenter l’utilisation des programmes de détournement de la censure. Dans le même temps, la communauté internationale s’efforce de fournir au peuple iranien des technologies anti-censure plus avancées afin qu’il puisse contrecarrer les mesures du régime et faire entendre sa voix plus haut et plus fort. Telegram est donc devenue une question de sécurité qui menace plus que jamais l’existence même du régime.

Les responsables du régime affirment que l’Organisation des Moudjahidine du Peuple d’Iran (OMPI) a profité de ces réseaux pour s’infiltrer dans le pays et renverser le régime. « En ce qui concerne le cyberespace, je vous exhorte à faire attention aux tirs d’artillerie de l’ennemi, pour que l’ennemi ne puisse pas profiter de cet espace contre votre existence et le système. Des milliers d’artillerie tirent sur nous », a averti Ali Khamenei le 27 décembre 2017.

Une analyse des développements en interne et sur le plan internationale nous conduit aux faits suivants :

1. Le peuple iranien est maintenant prêt à promouvoir son soulèvement pour le changement de régime, avec la multiplication des foyers de résistance qui se propagent dans tout le pays.

2. Un front régional et international s’est formé avec succès contre le régime, en ligne avec la stratégie de « renversement du régime » prônée par la Résistance iranienne.

3. Le conflit entre les factions rivales du prend de nouvelles dimensions et place l’effondrement du régime dans une perspective encore plus proche.

4. La chute de la devise iranienne a provoqué une turbulence sans précédent dans la société iranienne qui aggrave la situation de la population qui vit dans une misère extrême.

Le régime du Guide Suprême d’un côté, et le peuple et la Résistance iranienne de l’autre, se préparent à une confrontation finale.

 

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