jeudi, décembre 8, 2022
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Tambours de guerre et colombes de la paix rejettent les mollahs

 Stuttgarter Zeitung, 28 juin – Des dizaines de milliers d’opposants au régime protestent.

Taverny – C’est un rassemblement qui ne serait pas possible à Téhéran, mais qui a été rendu possible à Taverny : Des dizaines de milliers d'opposants au régime iranien se sont déversés dans cette petite ville le week-end dernier. Ils sont venus de partout dans le monde pour se rassembler dans la banlieue nord-ouest de Paris afin d’exprimer leur colère contre les mollahs.

Les cris de «Azadi, Azadi » (liberté) remplissent les rues. Les bus avancent à un rythme d'escargot, en écartant de grandes foules. Les jeunes qui, au cours de l’an dernier ont participé à un soulèvement peu concluant, laissent part maintenant à leurs sentiments.

Amir, un fabricant de pizza de 26 ans de Grande-Bretagne, veut montrer au monde que « nous sommes l'alternative aux mollahs ». Sahar Sana’i, 24 ans, enseignante diplômée de Francfort, est venu « rappeler à tous qu'il y a une immense communauté en exil dont le cœur bat pour un Iran libre. » 

Shahine, un étudiant de 22 ans, qui est venu en train à Taverny depuis Paris, demande un peu frustré : « Pourquoi, en tant qu’organisation qui aspire à un gouvernement laïc et démocratique, ne sommes-nous pas davantage soutenus par l'Occident ? »

Il fait allusion aux organisateurs du meeting : Les Moudjahidine du peuple d'Iran (OMPI) et son aile politique du Conseil national de la Résistance iranienne. En vérité, l'Occident soutient l'organisation, qui a également été active contre la dictature de l’ancien chah, avec retard et d’énormes doutes. Auparavant, ils avaient même été qualifiés de terroristes et on les accusait d’avoir des relations internes moins démocratiques et plus proches d'une organisation stricte succombant à un culte de la personnalité.

La dirigeante incontestée du CNRI est Maryam Radjavi. Son visage, qui ressemble à celui d’une madone, brille sur des ballons, des affiches et des badges. Ses partisans n'ont rien laissé au hasard. Le rassemblement massif de Taverny atteint rapidement son apogée avec l’arrivée de Maryam Radjavi.

Des colombes sont lâchées dans le ciel. Et le son des tambours, petits et grands, commencent à retentir. Des milliers de personnes scandent « Bia, Bia ! » [Viens, viens !], défiant et invitant avec sarcasme les mollahs à se frotter à la détermination de l'auditoire prêts à sacrifier sa vie. Un nuage de confettis emplit le ciel tandis que les haut-parleurs commencer à jouer de la musique pop sur la neuvième symphonie de Beethoven.

Finalement, Radjavi apparaît, accueillie par de vives acclamations et des bruits de klaxonnes. Elle promet un changement démocratique en Iran et la chute des fascistes enturbannés. Elle rend également hommage à la mémoire des martyrs qui ont perdu la vie dans la lutte pour la liberté. 

Il y a suffisamment de quoi convaincre tout le monde ici. Il s'agit de la prescription qui unit avec succès les exilés iraniens réunis ici : des colombes de la paix pour un peuple pacifique, l’exigence d’élections libres et équitables pour les démocrates, de la musique pour les amateurs de pop, des photos de martyrs pour ceux qui connaissent l'histoire, et des tambours de guerre pour les combattants.

Amir estime qu'il n'y a pas d'autre moyen que « la lutte et l’organisation fassent partie de la résistance contre les mollahs ». Il demande : « Comment sommes-nous censés faire face à un régime dont les services de renseignement nous recherchent dans le monde entier ? ».

« Les négociations et les discussions sont futiles quand en Iran on vous arrête ou on vous tue simplement pour votre opposition. » La formidable capacité organisationnelle du CNRI et un ennemi commun ont permis d’unifier une opposition autrefois divisée. Ils rejettent tous le terrible régime clérical qui tente de se doter d'armes nucléaires.

Transpirant et avec une étincelle dans les yeux, Amir se dirige vers la sortie, en disant : « Tout le monde a vu que le groupe d'opposition le plus influent en exil est le CNRI. On ne peut rien faire sans nous », a-t-il ajouté.

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