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« Pas de politique de complaisance avec des criminels » : le sénateur italien Giulio Terzi soutient la Résistance iranienne

« Pas de politique d'apaisement avec des criminels » : le sénateur italien Giulio Terzi soutient la Résistance iranienne
Le sénateur italien Giulio Terzi s’exprime lors d’une conférence au Parlement italien le 16 juillet 2026.

Le 16 juillet 2026, le sénateur italien Giulio Terzi a exprimé un soutien vigoureux à la Résistance iranienne lors d’une conférence internationale au Parlement italien, déclarant que l’Europe devait abandonner sa politique de complaisance envers le régime clérical iranien. Évoquant l’aggravation des violations des droits de l’homme en Iran, le sénateur Terzi — ancien ministre italien des Affaires étrangères et ambassadeur, actuellement membre de la Commission des affaires de l’Union européenne — a affirmé que les négociations avec la théocratie au pouvoir s’apparentaient à une simple capitulation.

Il a salué le combat de Maryam Radjavi l’espoir ultime et la certitude absolue pour le peuple iranien dans sa quête d’une république démocratique et libre. Reconnaissant la portée historique du combat du CNRI, le parlementaire italien a souligné que le mouvement de Résistance s’inscrit parfaitement dans les valeurs démocratiques occidentales et le respect fondamental de l’État de droit.

Soulignant l’importance stratégique d’une politique étrangère européenne ferme, le sénateur Terzi a mis en garde contre les menaces pesant sur la sécurité mondiale du fait de Téhéran, comparant les tactiques oppressives du régime à celles des pires dictatures de l’histoire. Il a vivement critiqué l’utilisation par le régime de ses missions diplomatiques à des fins de terrorisme d’État, rappelant le projet d’attentat à la bombe — déjoué — qu’un diplomate accrédité avait fomenté contre le rassemblement de la Résistance iranienne à Villepinte. En signe de solidarité, le sénateur Terzi a appelé la communauté internationale à protéger la liberté d’expression du peuple iranien et à rejeter fermement toute forme de censure étrangère ou de pression exercée par ce régime criminel.

Voici une traduction du discours de Giulio Terzi :

Tout d’abord, je tiens à remercier la présidente Pucciarelli et la présidente élue du Conseil national de la Résistance iranienne, Mme Radjavi, ainsi que mes collègues présents, car j’estime que cette audition revêt aujourd’hui une importance capitale. Cette importance capitale ne tient pas seulement au fait que l’Iran s’enfonce chaque jour davantage dans l’abîme effroyable des violations des droits de l’homme et des crimes qu’il continue de perpétrer — notamment à l’encontre de l’Organisation des Moudjahidines du peuple — mais aussi au fait que cette situation implique la communauté internationale tout entière depuis plusieurs mois déjà. C’est pourquoi cette question revêt une importance majeure.

Mais un second aspect essentiel réside dans le fait qu’aujourd’hui, au sein de cette commission, nous avons l’occasion d’entendre la véritable voix du peuple iranien à travers cette organisation et une large frange de la société iranienne qui se reconnaît dans votre mouvement, Madame Rajavi ; un mouvement dont les membres, je le rappelle, ont été reconnus par les Nations unies — tant lors de leur séjour au camp Liberty qu’auparavant au camp Ashraf — comme des personnes victimes de persécutions politiques, et qui ont par la suite rejoint la résistance dans tous les pays européens ainsi que dans une grande partie des pays occidentaux, comme les États-Unis. Telle est donc la portée, et je dirais même la dimension historique, des propos que vous avez tenus aujourd’hui ; des propos qui, pour quiconque connaît bien le mouvement de la Résistance iranienne que vous représentez, témoignent — il faut au moins le reconnaître — d’une adhésion totale aux principes fondamentaux de l’État de droit et de la défense des droits de l’homme que nous soutenons, et que Madame Rajavi a réaffirmés ce jour.

Dès lors, je vous pose la question suivante : quelle est votre analyse ? Quel regard portez-vous sur l’évolution de ce régime brutal et quelles sont vos perspectives à ce sujet ? Que peut-on faire de plus ? Vous avez évoqué précédemment le renforcement des sanctions contre le régime, mais quelles mesures supplémentaires doivent être prises pour garantir que la voix du peuple iranien, portée par les Moudjahidines du peuple, continue de résonner haut et fort et en toute liberté dans toutes les instances du monde libre, sans subir les restrictions exigées par un régime criminel ?

C’est une grande émotion que de prendre la parole après la présidente élue du Conseil national de la résistance iranienne. Et c’est une émotion immense, plus encore après avoir entendu les exemples concrets ainsi que la position politique parfaitement exprimée par le vice-président Fabio Rampelli, et les propos de l’initiateur de cette rencontre — de ces retrouvailles — avec des personnalités aussi éminentes qui vont intervenir, qui siègent à cette tribune, mais qui, j’en suis certain, prendront également la parole plus tard au cours du débat. Je vois ici des amis de longue date de la résistance iranienne, cette résistance qui défend la véritable nature de ce qui doit être un grand pays de démocratie et de liberté, riche d’une tradition extraordinaire et doté d’une identité historique que ne sauraient détruire ni massacrer les criminels qui dirigent actuellement ce pays ; des criminels d’une espèce comparable seulement à celle d’Hitler, de Staline, de Mao, de Pol Pot ou des pires fléaux qu’ait connus l’humanité au XXe siècle, après la Seconde Guerre mondiale.

C’est un privilège de prendre la parole à cet instant précis, après les interventions de Maryam Rajavi et du président Rampelli ; ce dernier a brossé un tableau véritablement dynamique et passionné du travail accompli par le Parlement italien, les institutions européennes et les différentes commissions. Il a évoqué la troisième commission, les autres commissions du Sénat et celles de la Chambre traitant de ces questions ; je tiens pour ma part à citer tout particulièrement la Commission des droits de l’homme, qui a eu l’honneur d’accueillir Maryam Rajavi ce matin. Ce tableau témoigne de l’importance de l’engagement — à bien des égards — de l’Europe, de l’Italie et de tous les pays (ce que j’appellerais le cœur de l’Occident, défini par son identité et par cette relation euro-atlantique autour des grands enjeux de paix et de sécurité internationale). Il s’agit d’un noyau solide, attaché sans réserve à la liberté, à la démocratie et à l’État de droit, mais qui doit aussi adopter une attitude plus précise, plus déterminée, plus courageuse et plus lucide face à ce qui se passe dans le monde, au Moyen-Orient et dans les conflits que nous traversons. C’est à ce titre que je tiens tout d’abord à remercier la présidente Radjavi de sa présence et de ses propos, ainsi que pour ce qu’elle incarne — comme l’a si justement souligné Naike Gruppioni dans son magnifique discours : elle est l’espoir de tous les hommes et de toutes les femmes d’Iran. Elle est l’espoir — et j’aimerais ajouter, Naike, si tu me permets cette petite précision, qu’elle est aussi la certitude, pour tous les hommes et toutes les femmes d’Iran. Je crois que ses paroles sont une lumière qui se rallume avec force face aux ténèbres tombées il y a bien des années, en 1979-1980 ; des ténèbres apparues au moment même où une autre flamme ardente renaissait au bout du tunnel de la démocratie et de la liberté, avec la chute du Shah — un régime odieux et criminel à bien des égards, disons-le en toute vérité historique.

Il ne s’agit pas de la réponse que donne le fils du Shah lors d’interviews télévisées lorsqu’on l’interroge sur l’héritage laissé par son père au pays ; il répète alors régulièrement — comme il l’a fait récemment au Parlement d’Amsterdam, où il a été hué et moqué : « Ah, je ne parle pas de ces choses-là, car seule l’histoire peut en juger. » Ces mots m’ont rappelé la phrase de Zhou Enlai : lorsqu’on lui demanda si le maoïsme présentait des similitudes avec la Révolution française, il répondit : « Il est trop tôt pour parler de la Révolution française ; l’histoire nous le dira. » Telle est, en quelque sorte, l’attitude mentale d’un monarque qui cherche à se parer de titres de noblesse qu’il s’attribue lui-même, mais qui est assurément incapable d’incarner cette aspiration à la liberté, cette force et cette volonté d’aller de l’avant qui caractérisent le peuple iranien et que représente Maryam Radjavi.

C’est pourquoi je tiens à exprimer toute ma reconnaissance à la présidente Radjavi. L’Europe doit faire preuve de force et de courage ; elle doit avoir des certitudes politiques et des points de repère clairs pour comprendre ce qu’a été l’Iran durant toutes ces années, de 1979 à nos jours, et ce qu’il est devenu — une situation qui n’a cessé d’empirer. Non seulement en raison des catastrophes qui frappent le Moyen-Orient et se sont désormais propagées à l’économie mondiale, mais aussi à cause du désastre de la précarité alimentaire croissante dans de nombreuses régions du globe ; une situation engendrée par ce qui équivaut à deux bombes atomiques combinées — dans les détroits d’Ormuz et de Bab-el-Mandeb — provoquant la rupture de chaînes d’approvisionnement vitales et compromettant la capacité à fournir l’énergie nécessaire au travail, à l’agriculture et au soutien des populations du monde entier, en particulier dans les pays les plus pauvres.

Voici l’Iran d’aujourd’hui. Un Iran dont la nature islamiste fondamentaliste — mais teintée d’un caractère nazi-communiste de la pire espèce, fondé sur l’exploitation du peuple et l’entretien permanent de guerres pour se maintenir au pouvoir — est devenue un désastre pour le monde. Nous en subissons les conséquences, et l’Europe doit acquérir la conviction qu’il ne peut y avoir de politique d’apaisement avec ces criminels. Il n’y a pas de place pour l’apaisement ; comme le disait un grand secrétaire d’État, George Shultz : « La négociation n’est qu’un euphémisme pour désigner la capitulation si l’ombre de la force ne plane pas sur la table des négociations. »

L’Europe a donné à de nombreux observateurs l’impression que tout peut toujours se résoudre en cherchant, en insistant, voire en suppliant de poursuivre le dialogue avec ceux qui, au contraire, utilisent ce dialogue pour gagner du temps, pour temporiser, tout en s’armant et en continuant à tuer des centaines de milliers d’opposants politiques — rappelons-nous les 30 000 personnes exécutées d’un seul coup en quelques semaines en 1988, sur une fatwa de l’ayatollah Khomeini — et en poursuivant ces agissements jusqu’à aujourd’hui via un réseau d’ambassades à travers le monde servant de base à des opérations terroristes.

Je tiens à rappeler que la politique étrangère iranienne a aussi recours au terrorisme et que des diplomates iraniens — pensons à Assadollah Assadi, diplomate de l’ambassade d’Iran à Vienne — ont envoyé un tueur à gages à Villepinte, où se tenait le grand rassemblement des Moudjahidines du peuple, pour faire sauter une salle immense réunissant 60 000 personnes et des dizaines de délégations étrangères. Je dis cela car il faut comprendre que, si les ambassades sont certes utiles, nous ne pouvons accepter aucune forme de pression de la part des ambassades iraniennes sur nos pays européens. Nous avons vu, par exemple, l’annulation en France d’une importante manifestation du CNRI à Paris, conséquence probable d’un appel téléphonique ou de pressions exercées par l’ambassade d’Iran.

Nous ne pouvons accepter la censure imposée par des pays étrangers sur nos territoires et dans nos pays libres ! Nous n’acceptons pas la censure chez nous ; elle n’existe pas au sein de nos nations. La censure est un terme banni, inexistant, et nous pouvons encore moins l’accepter de la part de ceux qui n’appartiennent ni à nos peuples ni à notre modèle d’État de droit. En remerciant Madame Rajavi, je crois que nous sommes redevables envers l’action remarquable des Moudjahidines du peuple ; redevables d’une leçon et d’un exemple de courage. Mais aussi d’une leçon d’une grande clarté sur la manière de concevoir une politique étrangère et de sécurité capable de prévenir cette monstruosité de violence, de totalitarisme et de domination que représente le régime islamique — un régime qui a tenté de s’étendre au Liban, à la Syrie, à l’Irak, au Yémen et aux pays du Golfe, et qui cherche aujourd’hui à aller encore plus loin. Pensons, par exemple, aux pays du Golfe où vivent d’importantes minorités chiites : cette situation y a suscité des craintes, sans parler des pays méditerranéens.

Ainsi, la politique étrangère européenne doit être une politique qui considère la réalité telle qu’elle est — l’histoire d’un régime et des personnes qui le composent — et qui sait s’inspirer de l’exemple d’un peuple admirable. La référence à Mazzini incarne la conviction d’un peuple désireux d’être libre et uni par une mission commune au sein de sa communauté pour affirmer sa propre nation. C’est ce sens du courage, cet exemple d’espoir en l’avenir et cette certitude de paix et de sécurité auxquels aspirent tous nos peuples, que Maryam Rajavi nous transmet aujourd’hui.

Merci.