mercredi, février 8, 2023
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Tête-à-tête avec l’opposition de l’Iran

Une opposante célèbre affirme que l’Iran est plus proche de la bombe atomique que nous le pensons

Par John Hughes

Christian Science Monitor – La dirigeante du groupe d’opposition iranien en exil qui a fourni les premiers renseignements sur le programme nucléaire clandestin de l’Iran dit que le Président Mahmoud Ahmadinejad a manigancé une campagne de désinformation habile pour convaincre les experts étrangers que l’Iran est à huit ou dix années de distance d’une bombe nucléaire. Mais en fait, dit-elle, le régime est à moins de deux années de produire cette arme, dans le cadre de son plan pour "créer un empire iranien" au Moyen-Orient.

Une opposante célèbre affirme que l’Iran est plus proche de la bombe atomique que nous le pensons

Par John Hughes

Christian Science Monitor – La dirigeante du groupe d’opposition iranien en exil qui a fourni les premiers renseignements sur le programme nucléaire clandestin de l’Iran dit que le Président Mahmoud Ahmadinejad a manigancé une campagne de désinformation habile pour convaincre les experts étrangers que l’Iran est à huit ou dix années de distance d’une bombe nucléaire. Mais en fait, dit-elle, le régime est à moins de deux années de produire cette arme, dans le cadre de son plan pour "créer un empire iranien" au Moyen-Orient.

Lors d’une longue conversation téléphonique ce week-end depuis son point d’attache en exil à Paris, Maryam Radjavi m’a dit que M. Ahmadinejad avait passé par la trappe entre 40 et 50 officiers supérieurs en désaccord avec ses plans. Elle a aussi expliqué que Larijani et Ahmadinejad sur "des mesures incitatives" que Larijani se préparait à offrir à ses interlocuteurs en occident.

Mme Radjavi est à la tête du Conseil national de la Résistance iranienne basé à Paris (CNRI), dont la branche militaire sont les Moudjahidine du peuple d’Iran. Les Moudjahidine ont été inscrits dans la liste des organisations terroristes des Etats-Unis pour leurs tactiques violentes. (Le groupe aurait soutenu la prise de l’ambassade des Etats-Unis à Téhéran en 1979.) Mais dans un revirement bizarre, quelques 3 800 combattants des Moudjahidine qui ont conduit plus tard des opérations contre le régime iranien à partir du territoire irakien sous le règne de Saddam Hussein sont actuellement maintenu en détention bienveillante en Irak par les forces américaines comme personnes "protégées". Le gouvernement irakien actuel du Premier ministre Nouri Al-Maliki essaye de les traduire en justice ou de les expulser. Maryam Radjavi dit que c’est sur l’ordre de l’Iran.

Le CNRI et les Moudjahidine du peuple revendiquent un soutien substantiel clandestin en Iran. Bien que les informations des groupes en exil sur les événements qui se déroulent dans leurs patries tyrannisées soit minutieusement examinées depuis que des exilés irakiens ont fourni des données douteuses sur les événements dans l’Irak de Saddam Hussein, le CNRI est crédité par des sources américaines pour avoir identifier avec exactitude des installations nucléaires clandestines en Iran il y a quelque temps. 

Par une coïncidence intéressante, le Times de Londres a récemment cité le prince héritier de Bahrayn Salman Hamad bin Issa Al-Khalifa comme le premier leader arabe à accuser directement Téhéran de rechercher des armes nucléaires. "Alors qu’ils n’ont pas encore la bombe, ils la fabriquent ou fabrique la capacité de l’avoir", dit le Times en citant le prince héritier et en ajoutant que c’est la première fois qu’un des voisins de l’Iran dans le Golfe a "en fait accusé [l’Iran] de mentir sur son programme nucléaire."

Dans sa conversation ce week-end, Maryam Radjavi a été intransigeante sur le fait qu’une "intervention militaire" en Iran par les Etats-Unis ou d’autres n’était pas désirable. Cependant, elle a loué l’administration Bush pour avoir récemment classé le corps des gardiens de la révolution iraniens comme une entité terroriste. Le CGR, a-t-elle dit, occupent des postes clés dans le gouvernement, domine une grande partie de l’économie, contrôle le programme nucléaire et joue un rôle principal dans le trafic de drogue. L’action du gouvernement américain à son encontre, a-t-elle dit, est "un testament clair et un prélude indispensable au changement démocratique en Iran."

Son propre programme pour un changement en Iran est une combinaison de sanctions accélérées et de pressions politiques venant de l’extérieur, et le bouleversement résultant du mécontentement dans le pays. Débarrasser sa propre organisation de l’étiquette de "terroriste", avance-t-elle, aidera à stimuler les critiques internes du régime. Elle dit qu’un soutien dans ce sens se développe parmi les membres républicains et démocrates du Congrès. Elle se sent encouragée par les efforts récents de parlementaires britanniques pour persuader l’Union européenne de supprimer des restrictions aux groupes d’opposition iraniens et de mettre les gardiens de la révolution de l’Iran sur la liste noire.

Les gardiens de la révolution, dit-elle, sont responsable de la torture et de l’exécution de beaucoup d’Iraniens et sont "le centre de tous les désastres" du peuple iranien. Ils sont aussi essentiels dans le rôle militaire que joue l’Iran en Irak. Selon Radjavi, ils utilisent la garnison "Ramezan" et quatre bases tactiques près de la frontière Iran-Irak pour envoyer des armes et des explosifs en Irak. Le CNRI a révélé trois usines dans un secteur de haute sécurité à Téhéran qui fabriquent des bombes de bord de la route pour les envoyer en Irak, a-t-elle ajouté.

Lors d’une conversation précédente avec Maryam Radjavi il y a un peu plus de deux ans, elle parlait en persan et était traduite en anglais par un interprète. Cette fois, elle s’est exprimée en anglais avec un accent très marqué. "J’ai appris l’anglais au lycée," a-t-elle dit, "mais je m’efforce de le pratiquer davantage." Elle parle aussi français.

Alors que nous entamions notre conversation, elle m’a rappelé que "tout ce dont je vous avais averti il y a environ deux ans à propos d’Ahmadinejad, s’est réalisé. Il a déclaré la guerre [aux ennemis qu’ils perçoit]"

John Hughes, un ancien rédacteur du Monitor, est professeur de communications à l’Université Brigham Young