vendredi, février 3, 2023
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Suisse: mandat d’arrêt contre un ancien ministre iranien

Prof. Kazem RadjaviThe Associated Press – La justice helvétique a lancé un mandat d’arrêt international contre un ancien ministre iranien en raison de son implication présumée dans l’assassinat d’un opposant en exil, selon une copie du document obtenu dimanche par l’Associated Press.

Celui-ci, long de six pages, a été partiellement publié par le journal suisse "Le Matin Dimanche". La justice suisse demande l’arrestation d’Ali Fallahijan, ancien ministre en charge des services de renseignement et de la sécurité de Téhéran, considéré comme un dur du régime islamique. Le mandat, qui est daté du 20 mars, porte la signature du juge d’instruction de Lausanne Jacques Antenen en charge de l’enquête sur l’assassinat en 1990 de Kazem Radjavi.

M. Fallahijan est considéré par le juge comme celui qui a "décidé et ordonné l’exécution de Kazem Radjavi".

On se refusait à tout commentaire dimanche au ministère de la Justice à Berne. "Nous ne confirmons jamais s’il y a eu un mandat d’arrêt international ou pas car les recherches en vertu d’un tel mandat sont confidentielles", s’est borné à indiquer le porte-parole du ministère Folco Galli.

M. Antenen, qui est en charge du dossier depuis 1997, n’était pas joignable dimanche.

Kazem Radjavi, un ancien opposant au régime du Chah devenu diplomate après la révolution khomeiniste, appartenait à l’Organisation des Moudjahidine du peuple dirigée par son frère Massoud. Il a obtenu l’asile politique en Suisse en 1973, alors que l’organisation était entrée dans la clandestinité.

Il circulait sur une petite route le 24 avril 1990 lorsqu’il a été bloqué par deux voitures dont les occupants ont ouvert le feu avec une mitraillette. L’opposant a reçu six balles et a été tué sur le coup.

Selon le mandat d’arrêt du juge Antenen, pas moins de 13 personnes ont "collaboré à la préparation et à l’exécution de l’assassinat", le commando lui-même étant "probablement" composé de quatre individus. "Ces treize personnes se sont toutes légitimées avec des passeports de service iraniens portant la mention ‘chargé de mission’".

Selon le juge, M. Fallahijan "était le responsable des actions d’exécution et tous les ordres et missions étaient ordonnés par lui". Il précise que deux autres mandats d’arrêt internationaux le visant ont été émis par la justice allemande en 1996 et par la justice argentine en 2003 pour des meurtres commis dans ces deux pays, dont l’attentat à la bombe contre une association pro-israélienne en 1994 à Buenos Aires qui avait fait 85 morts.

Mariam Radjavi, présidente du Conseil national de la résistance, une organisation affiliée aux Moudjahidines du peuple, elle-même épouse de Massoud Radjavi, s’est félicitée de ce dernier développement. Le fils de la victime, Stéphane Radjavi, s’est réjoui pour sa part "de cette avancée spectaculaire de la justice suisse bloquée pendant 15 ans pour raison d’Etat".

Plusieurs dizaines d’opposants au régime de Téhéran ont été assassinés depuis la révolution de 1979. On estime que des agents du ministère dirigé par M. Fallahijan étaient à l’oeuvre sous son autorité alors qu’il occupait ce poste entre 1989 et 1997. Le ministère lui-même a reconnu le meurtre de cinq dissidents en 1998 par des "barbouzes" issues de ses rangs.

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