mardi, novembre 29, 2022
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Stratégies françaises face à Téhéran

Création, autour du sénateur de Haute-Saône Jean-Pierre Michel, d’un Comité pour un Iran démocratique. Ses membres veulent interpeller les candidats à la présidentielle.

De Sébastien MICHAUX

L’Est Républicain – Jacques Chirac s’inquiéterait davantage de la prolifération nucléaire que de voir l’Iran se doter de la bombe atomique. C’est ce qu’il déclaré fin janvier. Dominique de Villepin avait cru bon de préciser, au vu des nombreuses réactions, la position de la France sur le dossier du nucléaire iranien : que Téhéran, avant tout, suspende l’enrichissement d’uranium.

Jacques Chirac avait aussi qualifié l’Iran de « régime un peu fragile », avant de se reprendre, évoquant « une nation importante et qui compte ». Face aux « réactions étonnantes » du chef de l’Etat français, selon l’expression du sénateur de Haute-Saône Jean-Pierre Michel (PS), le Comité français pour un Iran démocratique a vu officiellement le jour hier.

En fait, l’idée des personnalités, à gauche pour la plupart, au coeur de l’initiative (1) est hautement stratégique à un peu plus de deux mois d’un rendez-vous crucial pour l’avenir de la France : elle vise au positionnement de chacun des candidats sur la politique à adopter vis-à-vis du régime en place à Téhéran.

Incompatibilité avec la paix

« Un régime qui fonctionne sur des bases que l’on connaît mal », insiste le sénateur Michel, qui s’inquiète de l’ingérence iranienne en Irak comme au Liban tout en relativisant le revers aux dernières élections municipales des ultra-conservateurs conduits par le président de la République islamique, Mahmoud Ahmadinejad. Aux yeux de l’ancien magistrat franc-comtois, « le règlement des crises actuelles en Irak, au Liban, au Proche-Orient ou en Afghanistan passe par Téhéran » qui a « ses propres visées (… ), pas forcément compatibles avec la paix et la stabilité dans cette région ».

Le parlementaire haut-saônois a ainsi écrit au garde des Sceaux pour demander un non lieu dans l’affaire des Moudjahidine du peuple, principal mouvement d’opposition au régime des mollahs, après que la cour d’appel de Paris a décidé l’annulation des contrôles judiciaires à l’encontre de certains des membres de sa branche politique, le Conseil national de la résistance iranienne installé depuis plus de vingt ans en banlieue parisienne, poursuivis pour « association de malfaiteurs dans le cadre d’une entreprise terroriste ».

Une étiquette de terroriste que la justice européenne a retiré, mi-décembre dernier, à l’organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran. « Une victoire de la justice sur la calomnie », s’était alors félicité feu l’abbé Pierre, une autre figure mobilisée « pour une autre politique à l’égard de l’Iran ».

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