CNRI Dans un débat sur lIran à La Chambre des Lords jeudi à linitiative de Lord Hurd of Westwell, de nombreux pairs ont critiqué la politique du gouvernement britannique dans ce domaine. Voici des extraits de lintervention de Lord Temple-Morris, une figure clé de la politique iranienne de Londres :
Je nai jamais eu et ne possède aucun intérêt financier en Iran. Jy attache par contre un intérêt personnel puisque jai épousé, sinon le pays, du moins une de ses anciennes citoyennes il y a 41 ans.
Je suis le président depuis quelques années de la Société Iranienne. Jai été un des responsables, principalement le président du groupe interparlementaire anglo-iranien dans cette enceinte pendant 31 ans. Jai démissionné de cette fonction, quand jétais dans cette Chambre, en même temps que plusieurs autres fonctions en rapport avec lIran conservant le Société iranienne qui est purement culturelle et apolitique à cause de ma profonde répugnance davoir quoi que ce soit dofficiel à faire avec le régime actuel en Iran.
Après la révolution, une guerre civile particulièrement sale et vicieuse sest déroulée entre 1979 et 1983. La gauche séculaire, sous la forme dune organisation qui existe aujourdhui les Moudjahidine du peuple dIran a perdu et a dû finir par quitter le pays en 1983. Auparavant, durant et après la guerre, elle a souffert de persécutions dans des proportions monumentales et extrêmement déplaisantes, qui ont touché aussi biens les femmes que les hommes qui y adhéraient.
Sur le plan intérieur, lIran est dans un sale état ; cest un gâchis économique et politique. Il compte plus de 60 millions dhabitants. Il ny a pas de travail pour les jeunes. Il y a un gouvernement islamique. Personne nest vraiment au pouvoir une réponse différente ici, une autre là, mais avec une exception importante : la sécurité interne. Il est totalement dépendant de son pétrole, de son gaz et de ses ressources naturelles. Il a une mauvaise infrastructure. Ses avions sécrasent ; ses ascenseurs ne marchent pas. Je pourrai continuer dans la même veine. Ses exportations non pétrolières sont minimes. Il est tragique de constater quils ont même fait un gâchis de leur industrie du caviar. Ils dépendent de lOccident pour leurs biens de consommation. Dhonorables lords auront sans doute un autre point de vue, mais lEst ne pourra pas remplacer lOccident dans un pays qui a toujours penché du coté de lOccident et qui continuera de le faire. Il est absurde de penser que lOccident a plus besoin de lIran quil na besoin de nous. Nous avons besoin de son pétrole, mais il a besoin de largent avec lequel nous le payons.
LIran représente certains problèmes pour nous, le premier concerne le nucléaire. Je suis convaincu quils vont vers la bombe atomique et je suis également convaincu quon ne peut pas leur faire confiance là-dessus. Cela souligne la gravité de ce débat.
Le terrorisme a largement été limité jusquà présent aux Arabes-Israéliens, au Hezbollah et au Hamas, mais une sérieuse ingérence en Iran naugure rien de bon pour lavenir. Des vies britanniques ont été perdues à cause de ça. Cest donc une situation sérieuse. Sil y avait une attaque militaire dans tout ou une partie de lIran, le terrorisme potentiel qui viendrait dIran minimiserait tout ce qui se passe en Irak, aussi atroce que cela puisse être.
Nous avons besoin dun équilibre entre la pression et un maximum de sanctions et disolation. Lisolation est dangereuse et imprévisible, mais les pressions restent pertinentes. Certains verseront des arguments dans laune du dialogue Jai passé 26 ans depuis la révolution iranienne à me consacrer au dialogue avec lIran. Le résultat ma persuadé quil ne sengagera pas véritablement et quil jouera pour gagner du temps. Jai déjà mentionné ses points vulnérables : léconomie, linfrastructure et la population. Nous devons soutenir les opposants en Iran et à létranger. Ils lattendent et le veulent. Deuxièmement nous devons continuellement dénoncer et pas juste dans une petite résolution dune commission de lONU les terribles violations des droits de lhomme. Nous devons tout le temps soutenir les protestataires dans le pays. Une grève lancée récemment par les chauffeurs de bus de Téhéran et sa répression a été largement ignorée par les médias occidentaux malgré les appels à laide particulièrement aux syndicats. Cest un exemple de ce sur quoi nous devrions agir.
Finalement, une chose va vraiment blesser et illustrer où se trouve le gouvernement. Jy ai beaucoup réfléchi et je ne lai jamais préconisé auparavant. Jai parlé plus haut de la guerre civile en Iran après la révolution. Lever la proscription pesant sur lorganisation des Moudjahidine du peuple dIran qui na jamais été une organisation terroriste en ce qui concerne ce pays et qui possède une aile politique respectable en tant quorganisation terroriste serait le plus grand signal à envoyer. Le dialogue nest plus une priorité, laction et les pressions le sont. En agissant et en exerçant des pressions, nous devons encourager le peuple iranien, pas le gouvernement, parce que, en fin de compte, cest le peuple qui est le seul à pouvoir agir.

