lundi, novembre 28, 2022
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Solana voit Jalili mais les Occidentaux déjà prêts à d’autres sanctions

Agence France Presse – Le diplomate en chef de l’UE Javier Solana rencontre vendredi le négociateur iranien Saïd Jalili pour jauger la volonté de Téhéran de suspendre ses activités nucléaires sensibles, mais les Occidentaux semblent déjà convaincus de la nécessité de nouvelles sanctions.

Depuis juin 2006, M. Solana rencontre régulièrement les Iraniens pour les convaincre d’accepter de suspendre leurs activités d’enrichissement d’uranium, soupçonnées d’alimenter un programme secret de fabrication de l’arme atomique, en échange d’une vaste offre de coopération économique et politique.

Le diplomate de l’UE est soutenu dans ces contacts par les Six (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Grande-Bretagne, Allemagne).

"Ce que nous attendons (de cette rencontre), c’est une fois de plus d’arriver à créer le cadre approprié pour commencer la négociation formelle" sur cette offre de coopération, selon la porte-parole de M. Solana, Cristina Gallach. Mais "cadre approprié" signifie respect de la condition de suspension d’enrichissement.

Or les Iraniens ont toujours refusé de l’envisager. Mardi encore, le porte-parole du gouvernement iranien, Gholam Hossein Elbam, a affirmé que "la suspension appartient au passé et n’est pas à l’ordre du jour".

Les attentes de la rencontre, qui se tiendra à Londres à partir de 10h00, sont donc limitées. M. Solana devrait d’ailleurs "communiquer rapidement", peut-être par téléphone simplement, son évaluation de ses discussions aux Six, selon Cristina Gallach.

Pour les Occidentaux, l’intention principale des Iraniens jusqu’ici a été de créer des diversions, par exemple en retardant les rencontres avec M. Solana, comme ils l’ont fait cette fois-ci. Au point que le très diplomate Espagnol avait laissé pointer son exaspération ces derniers jours.

Téhéran a aussi joué des dissensions entre les Six, tablant sur l’hostilité des Russes et des Chinois à de nouvelles sanctions que réclament depuis plusieurs mois les Américains.

Le 28 septembre, les Six avaient forgé un compromis, en décidant d’attendre la fin novembre pour proposer des sanctions renforcées à l’ONU contre Téhéran.

Ils avaient demandé deux évaluations: celle de Javier Solana et celle du patron de l’agence onusienne de l’énergie atomique (AIEA), Mohamed ElBaradei, sur les efforts de transparence de l’Iran sur son programme nucléaire.

M. ElBaradei a indiqué jeudi dernier qu’il ne pouvait pas confirmer le caractère "pacifique" du programme nucléaire iranien, malgré des progrès dans la coopération de Téhéran.

Cette conclusion a reçu un accueil partagé: Russie et Chine ont souligné les progrès de l’Iran, alors que Etats-Unis et Européens déploraient une coopération toujours insuffisante.

Faute d’accord à l’ONU, les Etats-Unis mais aussi la France et la Grande-Bretagne plaident déjà pour des sanctions séparées.

Paris demande depuis septembre des sanctions au niveau européen, mais le consensus reste à trouver. Les Allemands et les Italiens, dont les intérêts économiques en Iran sont les plus importants, sont particulièrement réticents.

Un diplomate européen expliquait récemment les réticences allemandes à l’aide d’un graphique montrant que la Chine venait juste de détrôner l’UE comme premier exportateur vers l’Iran, et que les Allemands avaient le plus perdu. 
 

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