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Les tensions internes s’intensifient en Iran

Security Clash and Worsening Economic Pressures Expose Mounting Domestic Strain in Iran
De fortes pluies et des inondations frappent la province iranienne du Mazandaran (nord) début septembre 2026

Le pouvoir en place en Iran fait face à de nouvelles pressions internes alors qu’une opération de sécurité meurtrière à Mehran, une nouvelle hausse des tarifs approuvée par l’État et des signes manifestes d’effondrement du pouvoir d’achat mettent en lumière les tensions pesant tant sur l’État que sur les citoyens ordinaires. Dans l’ouest de l’Iran, les autorités ont confirmé qu’un suspect recherché pour des motifs de sécurité a trouvé la mort après avoir fait exploser une grenade lors d’une tentative d’arrestation, blessant au passage deux agents judiciaires. Des sources de l’opposition et des défenseurs des droits humains l’ont identifié comme étant Mojtaba Babakhani, un opposant qui était, semble-t-il, recherché depuis le soulèvement de janvier.

Ces événements surviennent dans un climat intérieur de plus en plus explosif ; le soulèvement de janvier continue d’influencer les calculs sécuritaires du régime, tandis que l’aggravation des pressions économiques recrée les conditions propices à une nouvelle vague de troubles.

Affrontement armé à Mehran
À Mehran, dans la province d’Ilam, les autorités ont indiqué que des agents judiciaires s’étaient rendus dans une résidence de la localité d’Eslamieh pour interpeller deux suspects armés. Le gouverneur de Mehran, Heidar Nemati, a précisé que l’un des suspects s’était enfui tandis que l’autre avait été arrêté. Selon la version officielle, l’homme arrêté a fait exploser une grenade au moment où les agents tentaient de le faire monter dans leur véhicule, se donnant la mort et blessant les deux agents. La télévision d’État a par la suite souligné que « la sécurité et le calme » avaient été rétablis dans la zone.

L’agence Mehr a rapporté les propos du gouverneur concernant l’incident sans toutefois identifier l’homme décédé. Babakhani était recherché depuis le soulèvement de janvier 2026 ; les médias d’État ont confirmé l’affrontement mais ont refusé d’établir un lien avec ce soulèvement. Par ailleurs, de violentes tempêtes et des inondations ont mis en lumière une nouvelle faille dans les infrastructures déjà mises à rude épreuve du pays. Les autorités provinciales ont signalé que 772 habitations avaient été endommagées ou inondées dans la province de Mazandaran — Sari étant la zone la plus touchée —, alors que les vents dépassaient les 104 km/h et qu’environ 250 lignes d’alimentation électrique étaient hors service. À Juybar, plus de 100 maisons ainsi que 200 serres et unités de production agricole ont subi des dégâts, aggravant les pertes pour des ménages et des producteurs déjà aux prises avec une flambée des coûts.

Une nouvelle hausse des tarifs réglementés
Parallèlement, la pression économique s’étend à un autre service réglementé par l’État. La compagnie nationale des télécommunications (Iran Telecommunication Company) a annoncé que le plafond tarifaire des appels depuis des lignes fixes vers des téléphones mobiles augmenterait de 45 %, passant de 625 à 906 rials la minute, à compter du 11 septembre 2026. L’entreprise a précisé que cet ajustement faisait suite à une directive gouvernementale concernant les tarifs des télécommunications et que son impact financier se refléterait dans les prochains rapports comptables.

Plus préoccupante encore est l’évolution des revenus réels rapportée par les sources syndicales nationales. L’agence ILNA a indiqué, le 10 septembre, que le pouvoir d’achat des travailleurs et des retraités avait chuté de près de moitié depuis le début de l’année. Un militant syndical a souligné que le fossé entre les salaires officiels et le coût réel de la vie s’était considérablement creusé, avertissant que la pauvreté et le chômage croissants engendraient une insécurité économique et sociale accrue.

Cette détérioration se manifeste dans les habitudes des ménages. Une employée du secteur privé a confié que, malgré une augmentation de salaire, elle avait dû réduire ses dépenses de première nécessité et se tourner vers des viandes, des produits frais et des articles ménagers moins coûteux, car les prix augmentaient plus vite que ses revenus. Un enseignant à la retraite a raconté avoir renoncé aux voyages et aux rencontres sociales, tout en réduisant ses achats alimentaires courants.

Chiffre d’affaires en hausse, bénéfices en baisse
Ce qui arrive aux petites entreprises est peut-être encore plus révélateur. Un restaurateur de restauration rapide près de Téhéran a indiqué qu’un kilogramme de fromage à pizza ordinaire, qui coûtait 180 000 tomans avant la guerre, en coûte désormais 750 000, tandis que le prix d’un paquet de cinq kilogrammes de papier d’emballage pour sandwichs est passé de 300 000 à 900 000 tomans. Il a précisé que le prix de sa pizza était passé de 130 000 à 300 000 tomans, alors même que sa clientèle avait diminué de moitié.

Ces chiffres illustrent une caractéristique de plus en plus marquante de la crise inflationniste iranienne : une hausse du chiffre d’affaires nominal ne se traduit plus par une prospérité accrue. Un commerçant a ainsi expliqué que son chiffre d’affaires quotidien avait environ doublé alors que ses bénéfices avaient été réduits de moitié, car les coûts d’approvisionnement augmentaient plus vite et les clients n’avaient plus les moyens de maintenir leurs habitudes de consommation antérieures.

Il en résulte un cercle vicieux où les problèmes s’aggravent mutuellement : les consommateurs achètent moins ou se tournent vers des produits moins coûteux ; les entreprises augmentent leurs prix pour couvrir les coûts de renouvellement des stocks, perdant ainsi des clients ; et les salaires peinent toujours davantage à suivre la hausse du coût de la vie. Pour la dictature cléricale, c’est là que réside le danger politique de la crise économique : la dégradation ne se manifeste plus seulement dans les statistiques de l’inflation ou les taux de change, mais aussi dans la baisse de la consommation, l’effondrement des marges et l’érosion constante du quotidien des citoyens.