jeudi, février 12, 2026
AccueilActualitésActualités: SociétéLa dictature religieuse s'enfonce dans une spirale de crises en Iran

La dictature religieuse s’enfonce dans une spirale de crises en Iran

La dictature religieuse s'enfonce dans une spirale de crises en Iran
Une profonde fissure traverse une rue, près d’un bâtiment endommagé : image des risques de catastrophe croissants et des infrastructures délabrées en Iran.

La dictature religieuse s’enfonce dans une convergence de crises qui s’alimentent mutuellement, révélant un régime fondé sur la coercition, le déni et la manipulation financière, plutôt que sur la gouvernance. Rien que la semaine dernière, des médias proches du régime ont publié des aveux d’une franchise inhabituelle – émanant de hauts responsables et de statistiques officielles – montrant un État incapable de stabiliser les prix, d’équilibrer ses comptes de manière transparente, de garantir l’approvisionnement en eau de sa capitale, et même de promettre de façon crédible le fonctionnement du pays sans improvisation constante en situation d’urgence.

Une tromperie calculée
Mohammad Khatami tente une fois de plus d’induire en erreur une société indignée en lui faisant croire qu’un changement de régime n’est pas la solution – une manœuvre bien connue d’un establishment clérical qui sait avoir perdu le soutien de l’opinion publique, mais qui espère encore pouvoir la soumettre par la peur. Le 24 décembre 2025, l’ancien président a averti que si la République islamique, « malgré toutes ses imperfections », venait à s’effondrer, le sort de l’Iran serait « bien plus amer », et a insisté sur le fait qu’il n’y a « pas d’autre issue » que de prétendues réformes.

Ce que Khatami diffuse en réalité, c’est l’état d’esprit sous-jacent des responsables du système, toutes factions confondues : ils s’expriment en gardiens d’un ordre en déclin, cherchant à gérer la colère, à diviser l’opposition et à gagner du temps. Le sous-texte de son avertissement est clair : le public ne fait plus la distinction entre « réformateurs » et « radicaux », et la classe dirigeante le sait.

Un président qui admet son incapacité à gouverner

Le dernier président du régime, Massoud Pezeshkian, est confronté à une impuissance publique. Le 28 décembre, lors d’une intervention publique au Parlement, il a rejeté les demandes d’augmentation des salaires en demandant, en substance, d’où proviendrait l’argent – un aveu implicite que les marges de manœuvre budgétaires de l’État sont épuisées tandis que la colère sociale monte.

Dans une autre interview publiée sur le site officiel du Guide suprême Ali Khamenei, Pezeshkian a décrit la situation de l’Iran comme une « guerre totale » contre les États-Unis, Israël et l’Europe, affirmant que le pays est « assiégé » de toutes parts. Les régimes tiennent généralement ce genre de propos lorsqu’ils cherchent à rejeter la faute sur autrui ; mais lorsque ces déclarations apparaissent dans la tribune du dirigeant lui-même, elles signalent également une inquiétude interne – car le pays sent aussi le sol se dérober sous ses pieds.

Inflation officielle, contraction de la production et tensions monétaires

La situation macroéconomique n’est plus simplement une « mauvaise nouvelle » ; c’est un échec systémique. Les données officielles diffusées par l’IRNA indiquent une inflation à court terme de 52,6 % en Azerbaïdjan (novembre-décembre), avec une inflation annuelle de 42,2 %. L’inflation alimentaire, quant à elle, est nettement supérieure à ce chiffre.

Parallèlement, l’agence de presse Tasnim, contrôlée par les Gardiens de la révolution islamique, a rapporté que les chiffres de la Banque centrale montrent une croissance du PIB négative au premier semestre 1404 : -0,6 % avec le pétrole et -0,8 % sans pétrole, avec de fortes contractions dans l’agriculture et l’industrie.

L’instabilité monétaire alimente la panique et compromet les perspectives de planification. Selon un rapport de l’ISNA sur les taux de change, le dollar américain s’échangeait autour de 141 000 à 143 000 tomans fin décembre, soulignant l’ampleur de la dépréciation du rial dans les transactions courantes.

Opacité budgétaire

La Cour suprême des comptes (Divan-e Mohasebat) a déclaré que le projet de loi de finances 1405 manquait de transparence, avertissant que le retrait d’importantes sommes des principaux totaux budgétaires sous la rubrique « dépenses collectives » et la modification des méthodes comptables compromettaient l’efficacité du contrôle parlementaire.

Parallèlement, un haut responsable parlementaire a déclaré le 27 décembre que les sociétés fiduciaires impliquées dans les ventes de pétrole n’avaient pas rapatrié les recettes en devises étrangères, avec des dettes estimées à 6,7 milliards de dollars – un chiffre astronomique dans un pays dont les responsables affirment simultanément être incapables de financer les ajustements salariaux de base.

Tasnim a également rapporté les déclarations du député Hossein Samsami selon lesquelles 116 milliards de dollars de devises d’exportation n’étaient pas revenus au pays depuis 2018 – une critique acerbe de la capacité de répression du régime et des acteurs quasi étatiques qui profitent de l’impunité.

Effondrement des capacités de l’État

Les crises que traverse l’Iran ne sont pas seulement financières ; elles sont aussi matérielles. Le 28 décembre, une agence de presse contrôlée par les Gardiens de la révolution iraniens a annoncé que le niveau des barrages s’élevait à 17,54 milliards de mètres cubes (en baisse de 22 % sur un an), les réservoirs nationaux n’étant remplis qu’à 34 %, ce qui constitue une menace directe pour la stabilité urbaine et la sécurité alimentaire.

À Téhéran, l’agence ISNA a fait état d’une diminution des réserves des barrages alimentant la capitale, tandis que l’agence Mehr a relayé les propos du ministre de l’Énergie reconnaissant la poursuite des mesures de gestion de la pression – un rationnement déguisé.

La dégradation de l’environnement s’accélère. L’agence ISNA a cité Hadi Kia-Daliri, vice-président de l’association forestière, qui a mis en garde contre les conséquences néfastes de la situation.