jeudi, décembre 8, 2022
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SAREMI : Obama a promis de se mettre du côté du peuple iranien

Il peut apporter une aide en radiant la résistance de la liste terroriste

Par Akbar Saremi

The Washington Times, 14 janvier – Le 28 décembre, tôt dans la journée, alors que les Occidentaux célébraient les fêtes de Noël et du Nouvel An, je venais de me réveiller quand un ami m’a rejoint les larmes aux yeux. Dans des phrases saccadées, il m’a dit : « Akbar, Akbar, Ali Saremi a été pendu ».

Un sentiment d’amertume m’a submergé. Pendant quelques minutes, je me suis senti engourdi.

Ali Saremi, le plus important des prisonniers politiques iraniens, était mon père.

Depuis qu’il avait été condamné à mort comme « mohareb », ou ennemi de Dieu, un an auparavant, je n’avais cessé de répéter cette scène dans ma tête. Mais aucune préparation ne peut aider quand le moment est venu.

Dès mon enfance, le mot « prison » a fait partie de mon vocabulaire. Mon père a été emprisonné pour la première fois sous le chah. Après la chute du chah, nous avons pensé que la prison politique appartenait au passé. Nous ne pouvions imaginer que sous les mollahs, la prison serait la résidence principale de mon père.

Il était enseignant, parlait couramment cinq langues. Il avait 63 ans et militait au sein de l’Organisation des Moudjahidines du peuple d’Iran (OMPI), le principal mouvement d’opposition.

Mon père a été incarcéré deux ans sous le chah avant d’être libéré à la veille de la révolution de 1979. Sous les mollahs, il a été emprisonné quatre fois pour un total de 22 ans. Il s’est fait arrêté pour la dernière fois en été 2007 après avoir prononcé un discours à la mémoire de prisonniers politiques massacrés en 1988 sur les lieux d’un charnier. Il n’est jamais revenu à la maison et a été condamné à mort en décembre 2009 à la suite du soulèvement du Mouvement Vert.

Je vis au camp d’Achraf, qui abrite 3 400 membres de l’OMPI en Irak depuis des années. Les accusations portées à l’encontre mon père comprenaient la visite qu’il m’avait rendue à Achraf (au bout de 17 ans), la possession de vidéos et de CD des activités de l’OMPI et l’envoi de clips de nouvelles à l’organisation.

Arrêtons-nous un moment : exécution pour posséder des images et des vidéos de l’opposition. Cela en dit long sur le régime en Iran.

J’ignorais que son exécution était imminente. J’ai découvert plus tard que ma mère l’ignorait également, de même que mes sœurs, mon père et son avocat. Mon père a mystérieusement disparu la veille de son exécution de la prison de Gohardacht dans la banlieue de Téhéran. Il a été transféré à la funeste prison d’Evine dans le nord de Téhéran, pour être pendu le matin suivant à l’aube. Apprenant sa disparition, ma famille s’est rendue le soir aux portes d’Evine, pour obtenir des informations. En vain. Après l’exécution, ma sœur a écrit : « Papa, en cette froide nuit d’hiver nous n’étions pas venues pour qu’ils puissent nous frapper au cœur, ma mère et mes sœurs et moi, mais pour que tu restes et défendes notre peuple ».

Le régime clérical a probablement pensé que ce genre de nouvelles n’attirerait pas beaucoup l’attention durant les fêtes de Noël et que l’exécution de mon père n’obtiendrait que peu de publicité à l’étranger.

Mais je ne comprends pas le silence et l’inaction de certains en occident et en particulier, au gouvernement américain, vis-à-vis de crimes aussi éhontés. L’amère réalité, c’est que ce silence envoie le plus mauvais message aux tyrans de Téhéran : l’Occident ne souhaite pas condamner le régime clérical pour ses violations des droits de l’homme même par les mots, encore moins par des mesures concrètes.

Est-ce que la nouvelle série de négociations nucléaires avec Téhéran que prévoient les États-Unis et leur réticence à agiter les mollahs justifient le silence sur la pendaison brutale de mon père? La liste de négociations inclut-elle les droits les plus rudimentaires des Iraniens? Est-ce la réponse aux slogans des jeunes dans les rues de Téhéran qui scandaient, « Obama, Obama, avec nous ou avec eux (les mollahs)?»

L’attitude américaine peut venir du fait que l’OMPI figure toujours sur la liste noire du Département d’État. L’étiquette de terroriste de l’OMPI, collée à la résistance organisée par l’administration Clinton dans le but de plaire aux mollahs, n’est pas un problème abstrait ou un simple débat politique. C’est devenu un outil de répression dans les mains des mollahs.

Je suis une preuve vivante de cette réalité.

Mais le régime clérical n’a pas besoin d’un catalyseur comme les États-Unis pour réprimer davantage le peuple iranien et assassiner des opposants politiques comme mon père.

A la suite de sept décisions rendues par les plus grands tribunaux de l’Union Européenne et du Royaume-Uni,  innocentant l’OMPI de tout lien avec le terrorisme, son nom a été radié de leurs listes noires en 2008 et 2009. La Cour d’Appel américaine du District de Columbia a fustigé le Département d’État pour avoir maintenu l’OMPI sur sa liste et a ordonné un réexamen. Après une résolution bipartite parrainée par 110 membres du Congrès demandant à la Secrétaire d’État Hillary Rodham Clinton de déclasser l’organisation, quelle est l’excuse pour maintenir le statu quo?

Espérons que 2011 sera un nouveau départ pour la politique américaine en Iran, une politique fondée sur la moralité comme l’a promis le président Obama. Le peuple iranien attend.

Réfugié iranien, Akbar Saremi vit en Irak.

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