Associated Press – La secrétaire d’État américaine, Condoleezza Rice, en coordination avec les alliés européens, a demandé jeudi aux Nations Unies de faire face aux «provocations» de l’Iran et d’exiger que Téhéran stoppe son programme nucléaire. Lors d’une conférence de presse, Rice a refusé de dire si les États-Unis détenaient les voix nécessaires au Conseil de Sécurité de l’ONU pour sanctionner l’Iran, ou même s’ils tenteraient de le faire dans l’état actuel des choses.
Mais elle a affirmé que la patience avec l’Iran venait à manquer et que Téhéran était déphasé par rapport au reste de la région en termes d’avance de la démocratie. Puis elle a répété qu’elle pensait qu’il y avait suffisamment de votes à l’Agence Internationale de l’Énergie Atomique, l’agence de l’ONU qui contrôle l’activité nucléaire, pour faire comparaître le dossier au Conseil de Sécurité.
« Je ne pense pas que ce soit dans l’intérêt de quiconque d’avoir un Iran nucléaire », a déclaré Rice.
Rejetant les allégations de l’Iran selon lesquelles son programme nucléaire n’est pas destiné à fabriquer des armes, Rice a affirmé : « Je ne pense pas que quelqu’un puisse croire les protestations de l’Iran quand il prétend que son programme est pacifique ».
Dans l’attente d’une coordination avec les alliés européens, Rice n’a pas expliqué clairement les mesures spécifiques contre l’Iran que l’administration Bush pourrait appuyer ou proposer.
Mais elle s’est dite « profondément inquiète » quant aux opérations secrètes de l’Iran et « son attitude de défi envers la communauté internationale toute entière ».
« Nous devons bien faire attention au message à envoyer », a expliqué Rice.
Plus tôt, la Grande-Bretagne, la France et l’Allemagne se sont accordées pour dire que le conflit devait faire l’objet d’une saisine du Conseil de Sécurité demandée par l’Agence Internationale de l’Énergie Atomique. Mais on ne sait toujours pas clairement si la Chine et la Russie vont utiliser leur pouvoir de veto et faire barrage à une action au Conseil de Sécurité, ou s’il y a suffisamment de voix au conseil pour imposer des sanctions.
« Nous ne sommes toujours pas prêts à parler de mesures spécifiques » contre l’Iran, a déclaré Rice.
Elle a dit qu’elle espérait que Téhéran s’apercevrait de l’union qui existe dans le monde et remettrait son programme en cause. Rice a cité en exemple le mécontentement de la Russie envers l’Iran.
Elle a dit qu’elle espérait que Téhéran s’apercevrait de l’union qui existe dans le monde et remettrait son programme en cause. Rice a cité en exemple le mécontentement de la Russie envers l’Iran.
« Il est évident que tout le monde croit qu’un seuil très important a été franchi », a-t-elle ajouté.
L’administration Bush veut au minimum que l’Iran reprenne les négociations avec l’Union Européenne.
Pendant ce temps, Rice a rejeté toute comparaison avec le conflit entre les USA et l’Irak au moment où Saddam Hussein était à sa tête, et qui a été renversé pendant la guerre menée par les États-Unis. « La situation est très, très différente », a-t-elle affirmé.
Le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, a juré de faire avancer son programme nucléaire qui selon lui est destiné à la production d’énergie civile.
« Le régime iranien est vraiment en train de s’isoler de plus en plus », a dit Rice. « Les Iraniens méritent franchement mieux. »

