Agence France Presse – Les discussions sur un projet de résolution sanctionnant l’Iran pour son refus de suspendre l’enrichissement d’uranium reprendront vendredi à l’ONU, alors que Téhéran vient de tester un missile balistique au cours d’importantes manoeuvres militaires.
Les ambassadeurs des cinq membres permanents du Conseil (Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie) et de l’Allemagne auront une réunion informelle vendredi, a indiqué jeudi l’ambassadeur de Grande-Bretagne, Emyr Jones Parry.
Les discussions étaient suspendues depuis une semaine, officiellement en raison de l’absence des ambassadeurs de Chine et de Russie.
Les six puissances tentent de se mettre d’accord sur les termes d’une résolution qui sanctionne Téhéran pour son refus persistant de suspendre ses activités d’enrichissement d’uranium. Un projet a été rédigé par les Européens, en liaison avec les Etats-Unis, et présenté à la Chine et à la Russie la semaine dernière.
Mais selon de nombreux diplomates, les négociations promettent d’être longues et ardues. La Chine et la Russie rechignent à imposer des sanctions trop strictes à l’Iran, pays avec lequel elles entretiennent d’importants liens économiques et commerciaux.
Les discussions se tiendront au moment où l’Iran mène d’importantes manoeuvres militaires dans l’ensemble du pays.
Alors que la France jugeait "préoccupant" le tir par l’Iran de missiles balistiques Shahab-3, d’une portée de 2.000 km, les Etats-Unis en ont minimisé l’importance. "Ils essaient de démontrer qu’ils sont des durs", a ironisé la secrétaire d’Etat américaine, Condoleezza Rice. "Ce genre de rodomontades de l’Iran ne fait que souligner le fait que l’Iran n’est pas actuellement, avec ce régime, une source de stabilité dans la région", a renchéri le porte-parole du département d’Etat, Sean McCormack.
Les Etats-Unis font pression pour l’adoption rapide de sanctions. "Je pense que les Iraniens représentent une menace et c’est pourquoi la communauté internationale doit se montrer résolue en résistant à leurs ambitions", a souligné jeudi Mme Rice. "Sur leur programme nucléaire, ce que nous essayons de faire en ce moment, c’est de les empêcher d’acquérir la technologie qui leur permettrait d’acquérir une arme nucléaire, ce qu’on appelle la technologie d’enrichissement et de retraitement" de l’uranium, a-t-elle expliqué.
Le projet de résolution prévoit un embargo sur tout matériel ou équipement pouvant contribuer aux programmes nucléaires et de missiles balistiques de l’Iran, ainsi que sur toute fourniture d’assistance ou de formation technique ou financière liés à ces programmes. Il prévoit également des sanctions ciblées – interdiction de voyager à l’étranger et gel des avoirs financiers à l’étranger – à l’encontre de toute personne impliquée dans ces programmes.
Ces mesures ne s’appliqueraient toutefois pas aux activités liées à la construction de la centrale nucléaire civile de Bouchehr, à laquelle coopère la Russie.
Le projet invoque l’article 41 du chapitre VII de la Charte de l’ONU, qui permet des sanctions économiques et diplomatiques, mais non militaires, en cas de non respect d’une résolution. La résolution 1696 en juillet avait demandé à l’Iran de cesser ses activités d’enrichissement avant le 31 août, ce qu’il n’a pas fait.

