vendredi, décembre 2, 2022
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Raison d’Etat ou déraison de la « complaisance »

 La revue parlementaire, avril 2009 – Quand Dominique de Villepin découvre à la fin de la séance, la présence de Jean-Claude Maurice dans la réunion avec le ministre iranien des affaires étrangères, Kamal Kharazi à Téhéran, il s’inquiète de sa « crédibilité ». « Mais qu’est-ce que tu fais là ? Tu as tout entendu ? C’est pas croyable ! J’espère que tu vas tout oublier. Il en va de notre crédibilité. » Mais l’ancien directeur de rédaction du JDD a « tout entendu, tout noté ». Il en fait état aujourd’hui dans un livre intitulé : « Si vous le répétez, je démentirai » (Plon) sur ses observations auprès des principaux ténors de la politique française. Confident privilégié, observateur des décisions prises par « Raison d’Etat », Maurice nous livre les secrets dont il a été parfois l’un des rares témoins.

Toutefois la séquence la plus marquante pour nos hommes politiques est la préparation de la fameuse rafle spectaculaire à Auvers-sur-Oise en juin 2003. La plus importante opération policière lancée par le juge Bruguière contre les réfugiés politiques iraniens en France a donc été décidée à Téhéran.

Cette opération a échoué mais le mal a été fait, trois Iraniens confrontés à la menace d’extradition se sont immolés devant le siège de la DST, l’une d’entre eux Sedigheh Modjaveri est décédée. « Ils sont quatre à avoir allumé la mèche, écrit Maurice : Chirac, Sarkozy, Villepin et le juge Bruguière. Raison d’Etat. « La raison d’Etat », dit-on « n’a pas de visage ». Jean-Claude Maurice lui donne « les traits d’une victime, Sedigheh Modjaveri, la jeune iranienne qui s’est immolée en France ».

Dominique de Villepin annonce lors de la rencontre avec son homologue iranien, en avril 2003, que la France prépare l’opération contre les Moudjahidine du peuple. Depuis 2000, les services secrets français et les services les plus terribles du globe connus pour les meurtres en série des intellectuels en Iran et l’assassinat des opposants à l’étranger collaborent pour l’élaboration de l’opération.

En mai 2003 l’ambassadeur de Téhéran est averti des modalités de l’opération : « Tout est prêt depuis que (nos) services ont transmis, à la DST, la liste des opposants qu’ils souhaitent voir encrister… »

Selon l’auteur : « Une volonté de décapiter l’opposition iranienne à la demande expresse de Téhéran » ne fait pas de doute. Six ans après la rafle, le dossier piétine, les avocats de la défense viennent de déposer une demande de non-lieu. La lecture de ce livre est indispensable à ceux qui ont « à choisir le moindre mal, quand une décision peut déboucher sur une bavure ».

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