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Radiez l’OMPI, opposition iranienne, de la liste des terroristes

Par Louis Freeh, Lord Corbett de Castle Vale et Lord Waddington

Publication spéciale de CNN, 12 septembre 2011

Note de l’éditeur : Louis Freeh a occupé le poste de directeur du FBI de 1993 à 2001 ; Lord Corbett de Castle Vale est à la tête du Comité parlementaire britannique pour la liberté en Iran ; et Lord Waddington est un ancien ministre de l’Intérieur et leader de la Chambre des Lords. Freeh a été remboursé pour ses frais de déplacement et a été rémunéré pour ses interventions à des conférences organisées par des groupes voulant que l’Organisation des Moudjahidines du peuple d’Iran soit radiée de la liste des organisations terroristes étrangères du Département d’Etat.

(CNN) – Les dirigeants du Congrès et d’anciens hauts responsables américains pressent la secrétaire d’Etat Hillary Clinton de radier le principal groupe d’opposition iranien, l’Organisation des Moudjahidines du peuple d’Iran, de la liste des organisation terroristes étrangères du Département d’Etat. Alors que doit faire Clinton ?

Considérons le cadre de la situation. Les Moudjahidines du peuple, connus également comme l’OMPI, sont le pire cauchemar des mollahs iraniens. Depuis 1981, ils ont engagé une bataille coûteuse et mortelle pour évincer le régime des ayatollahs, mais c’est une bataille menée pour l’âme de l’Iran dont ils peuvent être immensément fiers.

En 1997, le gouvernement de Clinton a ajouté l’OMPI à la liste noire du Département d’Etat, ce qu’un haut responsable du gouvernement a décrit, d’après The Los Angeles Time, comme un geste de bonne volonté à l’égard de l’Iran – dont on pensait à l’époque qu’il se dirigeait vers une autre forme de gouvernement plus modéré. L’administration Bush a maintenu cette proscription, que beaucoup ont considérée comme un effort pour persuader les Iraniens d’abandonner leur programme d’armes nucléaires. Mais l’Iran ne s’est pas rapproché de la modération et ses ambitions nucléaires se rapprochent de plus en plus de leur but.

On compte parmi les anciens responsables américains exigeant la radiation de l’OMPI : l’ancien ministre de la Sécurité intérieure Tom Ridge, trois anciens chefs d’état-major des armées, deux anciens directeurs de la CIA, l’ancien commandant de l’OTAN Wesley K.Clark, deux anciens ambassadeurs américains aux Nations Unies, l’ancien ministre américain de la Justice Michael Mukasey, un ancien chef de cabinet de la Maison Blanche, un ancien commandant de la Marine, l’ancienne conseillère américaine à la Sécurité nationale France Towsend, maintenant collaboratrice de CNN ; il y a également le conseiller à la sécurité nationale du Président Obama qui a récemment pris sa retraite, James Jones. 93 membres du Congrès soutiennent leur appel. Ceux-ci ont signé une résolution bipartisane exhortant le président à révoquer la désignation. D’éminents chefs démocratiques et républicains comme Howard Dean et Rudy Giuliani les soutiennent également.

En décidant s’il convient de radier ou non l’OMPI, Clinton doit considérer ce qui suit :
Premièrement, la décision de classer une organisation comme un groupe terroriste doit être fondée sur des faits. Jusqu’à maintenant, une dizaine de tribunaux britanniques, français, de l’Union Européenne et des Etats-Unis ont examiné les preuves et décrété que le groupe n’était pas impliqué dans le terrorisme. La commission d’appel des organisations proscrites de Grande-Bretagne et plus tard la Cour d’appel ont observé plus en détails les raisons du Département d’Etat américain pour cataloguer le groupe comme une organisation terroriste.
Elles les ont récusées, les estimant hors de propos et ont trouvé que les sources des allégations et leur exactitude ne pouvaient pas être établies. Les tribunaux ont confirmé que l’OMPI a interrompu ses opérations armées contre l’Iran en 2001 et s’est volontairement désarmée en 2003.

Deuxièmement, la proscription a mis en grand péril la vie des 3 400 membres de l’OMPI réfugiés au camp d’Achraf. En avril, le premier ministre  irakien Nouri al-Maliki, proche allié de l’Iran, a ordonné une attaque armée contre le camp dans laquelle 36 résidents sont morts et 350 autres ont été blessés. Mais lorsqu’une délégation bipartisane du Congrès (américain) a interrogé al-Maliki sur l’incident, il a déclaré que les Etats-Unis n’avaient pas le droit de se plaindre de cette violence puisqu’elle visait un groupe que le Département d’Etat lui-même qualifiait de terroriste. Annuler cette interdiction supprimerait tout prétexte à une autre attaque militaire contre les membres désarmés et sans défense de l’OMPI au camp d’Achraf.

Enfin se pose la plus grande question des relations avec l’Iran. Les partisans d’un rapprochement avec l’Iran prétendent que la radiation de l’OMPI détruirait quasiment toute chance de dialogue futur avec Téhéran. Mais quel serait le point essentiel d’un tel dialogue ? Quelqu’un croit-il sérieusement qu’on pourrait persuader les mollahs d’abandonner leur tentative d’obtenir une arme nucléaire quand l’accomplissement de leurs ambitions est si éminente ? Et quel serait le calendrier des pourparlers, quand ont croit que l’Iran parviendra dans moins d’un an à révéler ses capacités nucléaires ?

Radier l’OMPI enverrait aux millions d’Iraniens qui réclament un changement démocratique un signal comme quoi les Etats-Unis sont de leur côté et réprouvent ce régime. Ce message dirait aux mollahs que les Etats-Unis envisagent sérieusement d’interrompre leurs activités illégales et soutiennent le changement démocratique iranien juste au moment où Téhéran essaye d’utiliser son influence pour garder ses partenaires antidémocrates et antioccidentaux au pouvoir en Syrie et en Irak.

Radier l’OMPI lèverait les restrictions qui pèsent sur le plus grand groupe musulman de la région ayant un programme laïque et une plate-forme électorale démocratique, dont l’interprétation de l’islam menace fortement l’intégrisme des mollahs.

Le Département d’Etat qui a été incapable d’offrir aux tribunaux des arguments juridiques solides pour maintenir la proscription de l’OMPI, a désormais le devoir juridique, moral et politique de radier l’OMPI afin qu’il ne soit pas entravé dans son œuvre  en tant que représentant de ceux qui désirent un changement démocratique en Iran.

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