jeudi, février 2, 2023
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Qui sont les cinq fonctionnaires iraniens recherchés par Interpol ?

Le CGR et la Force Qods sous les projecteurs internationaux

Par Reza Shafa*

"L’Assemblée générale d’Interpol a confirmé par vote, mercredi, les mandats d’arrêt frappant cinq responsables iraniens accusés d’implication dans un attentat meurtrier contre une institution juive à Buenos Aires en 1994", a annoncé l’Agence France-Presse le 7 novembre. 

"La résolution a été adoptée par 78 voix pour, 14 voix contre, et 26 abstentions, au troisième jour des assises de la plus importante organisation policière au monde, qui se tiennent à Marrakech, dans le sud du Maroc" ajoute la dépeche.

Qui sont donc ces cinq Iraniens et que font-ils actuellement ?

Dans l’ordre hiérarchique passé et actuel au sein du régime des mollahs, ils s’agit du général Mohsen Reza’i, ancien commandant en chef du CGR, d’Ali Fallahian ancien ministre du Renseignement, du général Ahmad Vahidi ancien commandant de la Force Qods, de Mohsen Rabani, ancien attaché culturel de l’ambassade d’Iran à Buenos Aires en 1994 et d’Ahmadreza Asghari, troisième secrétaire d’ambassade au moment de l’attentat.

Le général Ahmad Vahidi

Depuis la fondation du Corps des gardiens de la révolution (le CGR), il a été un proche confident de Mohsen Reza’i, l’ancien commandant en chef du CGR. Vahidi et Reza’i ont débuté en organisant l’Unité de Mouvement de Libération (UML) du CGR sur ordre de Khomeiny en personne au début de 1981. Peu après, Vahidi a été nommé à la tête du service de renseignement de la garnison Ballal nouvellement établie du CGR.

Il faut noter qu’à l’époque de Khomeiny, le CGR avait trois bases pour ses opérations spéciales à l’étranger. Elles étaient géographiquement placées dans la zone frontalière des pays qui représentaient de grands intérêts pour les mollahs pour une expansion future. Il s’agissait de la garnison Ramadan dans l’ouest en bordure de l’Irak, de la garnison Ansar à l’est près de l’Afghanistan et de la garnison Ballal pour la Turquie, l’Europe et l’Extrême-Orient. Sur les trois, Ramadan et Ansar sont toujours actives mais Ballal n’existe plus.
 
En 1983, quand Khomeiny a ordonné au CGR de s’impliquer davantage dans les affaires internes du Liban, Vahidi a été chargé avec Hossein Mosleh, son commandant sur le terrain, de former et rendre opérable le Corps du Liban du CGR dans ce pays.

L’opération la plus dévastatrice du corps du Liban nouvellement formé a touché des garnisons de Beyrouth avec les attentats du 23 octobre 1983, pendant la guerre civile libanaise. Deux camions piégés ont frappé des bâtiments séparés à Beyrouth abritant des Américains et des Français de la Force multinationale au Liban, tuant des centaines de militaires, en majorité des Marines. Le chiffre des morts s’est élevé à 241 militaires américains.

Pour son service exceptionnel, Vahidi a été promu en 1991. Il a été chargé par Khamenei d’établir la Force Qods du CGR. Vahidi a occupé le poste de commandant de la Force Qods jusqu’en 1997. Toutes les opérations terroristes effectuées par le VEVAK ou la Force Qods se déroulaient sous son étroite supervision.

Actuellement, Vahidi est vice-ministre de la Défense au gouvernement de Mahmoud Ahmadinejad. Sa tâche principale est de surveiller la recherche et le développement des armes de destruction massive. 

Ali Fallahian, ancien chef du renseignement  

Ali Fallahian, ancien ministre du Renseignement et de la  Sécurité (le VEVAK), est haut conseiller pour la sécurité du guide suprême Ali Khamenei. Après la révolution 1979, il a été juge religieux dans les villes d’Abadan et de Khorramchahr dans le sud-ouest, ainsi que dans la capitale provinciale de Kermanchah (ouest) et dans la province du Khorassan (est). Pendant la guerre de huit ans Iran-Irak, Fallahian était inspecteur général des forces armées. A ce poste, il a traduit en Cour martiale de nombreux officiers de l’armée qui critiquaient le nombre de morts sur les fronts. Après la guerre, il est devenu le premier procureur de la cour spéciale des religieux.

C’est un des fondateurs du très redouté ministère du Renseignement et de la Sécurité. Avant sa nomination au poste de ministre du Renseignement au gouvernement d’Hachemi Rafsandjani, il occupait le poste influent de vice-procureur général de la révolution; un poste qui l’a directement impliqué dans des milliers d’exécutions.
 
Lors des disparitions et des meurtres en série d’intellectuels iraniens en 1998 sous le premier mandat de Mohammad Khatami, de 1996 à 2001, Fallahian a joué un rôle terrifiant révélé par la suite par certains agents du régime.

Il occupe actuellement un poste à l’Assemblée des Experts du régime (le corps législatif le plus élevé ayant l’autorité de mettre en doute le guide suprême en personne).

Mohsen Rabani, l’attaché culturel des mollahs en Argentine

Mohsen Rabani, membre du clergé iranien, a été nommé attaché culturel à Buenos Aires en 1994. Son prédécesseur Abd Khoda’i, lui aussi un mollah, avait préparé le terrain de l’opération longtemps avant l’arrivée de Rabani à l’ambassade du régime dans ce pays d’Amérique du Sud. Il avait établi des liens étroits avec des groupes musulmans de la région et avait commencé à les soutenir avec de l’argent et d’autres aides logistiques. Abd Khoda’i avait déjà mis des membres de ces groupes en contact avec des commandos terroristes du régime.

La mission d’Abd Khoda’i est venu à terme avant l’opération et il a briefé Rabani au ministère des Affaires étrangères à Téhéran. A son arrivée à Buenos Aires, Rabani a suivi les instructions d’Abd Khoda’i en établissant des liens secrets avec les contacts qu’il avait. Selon ses propres mots, Rabani recherchait « des musulmans dévots » pour cette mission. Comme son plan revêtait une grande importance pour le régime, Khamenei a généreusement alloué un budget indépendant d’officiellement 7 millions de dollars. En plus de budget confirmé, Rabani a reçu des fonds nécessaires pour chaque nouveau projet. 

A la suite de l’attentat, Rabani a été poursuivi par les autorités argentines comme principal suspect et en 1977 il a été interdit d’entrée dans ce pays. À son tour, Interpol a lancé un mandat d’arrêt contre lui.

Durant les années passées dans ce pays, il a élaboré un réseau secret concentré sur les chi’ites de toute l’Amérique latine.
 
Depuis son retour en Iran, il a officiellement reçu le titre de représentant de Khamenei dans les pays d’Amérique latine, ce qui lui a valu un budget de 3 millions de dollars par an pour ses projets terroristes dans cette région. Au fil des ans, il a été capable de recruter quelques ressortissants sud-américains pour les camps d’entraînement du CGR en Iran.

Ahmadreza Asghari, un officier supérieur de la Force Qods a pris la couverture de troisième secrétaire de l’ambassade iranienne en Argentine

Asghari a d’abord été recruté par le CGR en 1979 et a commandé la septième division de cette force jusqu’en 1984.
 
En 1986, il a été transféré au ministère des Affaires étrangères pour sa spécialité dans les opérations terroristes. L’Allemagne a été l’étape suivante où il a travaillé au consulat iranien à Francfort. Il a finalement été expédié en Argentine pour effectuer ses missions.
   
Il a été nommé troisième secrétaire de l’ambassade du régime en Argentine où il a été responsable de l’exécution de l’opération. Asghari est immédiatement retourné en Iran après l’attentat.

Le général Mohsen Reza’i, ancien commandant en chef du CGR

Beaucoup a été dit dans le passé sur Reza’i, en tant qu’un des pères fondateurs du CGR et les services qu’il a rendu au régime en général.
 
Reza’i est actuellement Secrétaire de l’influent Conseil de discernement des intérêts de l’Etat présidé par Hachemi Rafsandjani.

Après l’inscription du CGR et de la Force Qods sur la liste du terrorisme, des informations ont été publiées sur le terrorisme du CGR à l’étranger. Or, sa terrible image en Iran-même reste encore dans l’ombre. Le CGR est responsable de mesures de répression féroces contre les jeunes depuis trente ans; quelque chose qui mérite un examen rapproché.

*Reza Shafa est un expert des réseaux de renseignements du régime iranien, en Iran et à l’étranger. Il a mené des recherches poussées sur le VEVAK, les services secrets du CGR et la force Qods. Il contribue actuellement au site du CNRI.

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